Olivier Gourmet, gourmand de tournages

Olivier Gourmet dans L’Échange des princesses.

Né à Namur,, en Belgique, en 1963, Olivier Gourmet a fait ses débuts comme acteur au grand écran en 1996 dans La Promesse des frères Dardenne, cinéastes avec lesquels il tournera de nombreux films. Rapidement, le cinéma français le remarque et pour son physique et pour son talent naturel devant la caméra. Infatigable, on l’a vu depuis dans pas loin de 100 films, dont Congorama de Philippe Falardeau. Dès le 7 décembre, il sera à l’affiche de L’Échange des princesses de Marc Dugain, aux côtés de Lambert Wilson. Voici ce que le comédien avait à dire au sujet du film et de son amour des tournages.

Q : Olivier Gourmet, votre polyvalence est étonnante : héros, vilain, film belge ou français, récit d’époque ou contemporain, comédie ou drame, premier ou second rôle. Le nombre de productions auxquelles vous participez, lui, l’est encore plus, on parle de quatre à cinq films bon, mal an. Votre rythme est assez fou?

R : Tout le monde me le dit, mais au final, ce n’est pas tant de jours par année. C’est 150 jours environ de tournage, ça me laisse six mois pour vivre, disons normalement, et vous savez j’aime ça. Dès que je ne tourne pas, ça me manque, c’est presque viscéral. Le jeu me permet de m’amuser et j’y prends plaisir chaque fois que j’entends le mot moteur.

Q : Comment s’est déroulée votre collaboration avec le réalisateur Marc Dugain sur L’Échange des princesses, film qui raconte comment, en 1721, pour consolider leur paix, la France et l’Espagne  se sont échangé des princesses de douze et quatre ans ?

R : Marc m’a proposé le scénario, car il aimait les films dans lesquels j’ai joués. On a discuté du rôle du duc d’Orléans, un vrai manipulateur. Marc a un vrai regard  de cinéaste et il a beaucoup travaillé en amont avec les enfants du film. De mon côté, j’ai lu beaucoup sur ce personnage que je connaissais très peu au départ. Il a une perversité exacerbée et une soif de pouvoir. Dans l’ensemble, je pense que cette histoire d’échange de princesses, peu de gens la connaissaient. Même en France, ça n’a pas laissé de grandes traces, d’où l’importance de faire ce film.

Q : D’enfiler un costume, ça aide un acteur à mieux s’approprier un rôle?

R : Absolument. Chaque chose est importante sur un tournage. Il faut éviter le carnaval et la caricature quand on fait un film d’époque, mais ça donne le ton évidemment. Et ici, le résultat est magnifique. Le costume, c’est l’ossature du personnage. Les costumières nous aident beaucoup à trouver le vêtement juste qui mettra à l’avantage la personnalité du personnage. Les chaussures sont aussi très importantes, ça permet de créer une démarche propre au rôle.

Q : On vous verra aussi début 2019 dans Le Peuple et son roi et dans Edmond, deux autres films où vous portez aussi le costume d’époque. C’est un hasard?

R : Il y a des années comme ça où le hasard nous amène dans des univers similaires. J’ai fait plusieurs films politiques et de procès en même temps récemment et là je me transporte au XVIIIe et au XIXe siècle.

Olivier Gourmet dans Edmond.

Q : On vous verra ensuite, en 2019, dans Ceux qui travaillent puis dans J’accuse réalisé par Roman Polanski portant sur la célèbre affaire Dreyfus.

R : Ceux qui travaillent est un long métrage que j’aime beaucoup et dont je suis très fier. L’affaire Dreyfus, elle, a laissé de grandes cicatrices en France. Il y a toujours une sorte de rancœur liée à ça. Le tournage est lancé, mes scènes sont prévues en février pour ce film choral qui se terminera au printemps. Polanski a beaucoup de temps de tournage, c’est le luxe qu’il se paie. Aujourd’hui, les films se font souvent trop vite.

Q : Quel regard portez-vous sur le cinéma belge aujourd’hui, car vous faites partie de ce renouveau qui a marqué les années 90 (Benoît Poelvoorde, les Dardenne, Jaco Van Dormael, etc.)?

R : Il évolue encore et ouvre la porte à plein de nouveaux visages. Depuis vingt ans, on s’est ouvert à nos artistes de cinéma, à croire en notre talent. Il y a beaucoup de jeunes réalisateurs qui font leur place actuellement car, comme au Québec, on a une singularité créatrice, une volonté de se distinguer, de ne pas viser le consensus. Et ça, les institutions en Belgique qui financent les longs métrages belges l’ont bien compris, fort heureusement.

 

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