Il faut qu’on parle d’Ahmed

La feuille de route des frères Dardenne (Jean-Pierre et Luc) est assez incroyable. En plus 30 ans de carrière, leurs onze longs métrages ont gagné une multitudes de prix internationaux dont deux palmes d’or à Cannes (Rosetta en 1999 et L’Enfant en 2005 ). Jean-Pierre et Luc Dardenne sont non seulement des cinéastes belges mais ils sont aussi scénaristes et producteurs de leurs œuvres.

Avec un fort bel accent belge, ils ont bien voulu discuter de leur plus récent film, Le Jeune Ahmed, un drame bouleversant, Prix de la mise en scène à Cannes en 2019, un long métrage qui relate le destin d’un adolescent prisonnier du dogme de l’islam radical et dont l’entourage fera tout pour l’éloigner du discours haineux d’un imam local.

Le Clap : Je suis votre carrière depuis La Promesse, votre deuxième long métrage, sorti en 1996. J’ai remarqué que vous avez conservé depuis 25 ans un rythme de réalisation très constant, non?

Les frères Dardenne : C’est vrai, nous avons un rythme très régulier. Aux trois ans environ, nous lançons un nouveau long métrage et plusieurs d’entre eux ont de plus été présentés à Cannes. Nous sommes choyés.

Le Clap : Dans votre plus récent film, Le Jeune Ahmed, vous abordez une thématique très délicate, la radicalisation d’un adolescent. Vos œuvres ont toujours une grande portée sociale, celle-là est également politique.

Les réalisateurs Jean-Pierre et Luc Dardenne.

LFD : Le sujet est effectivement très politique. Inévitablement, nous l’avons abordé à notre façon, sans vraiment préméditer toutes les facettes de ce récit malgré ce qu’on peut penser. Nous désirions comprendre comment un gamin peut devenir aussi radical et du même coup, explorer le fanatisme religieux.

Le Clap : Le radicalisme religieux, ça demeure délicat comme sujet…

LFD : Ah non, pas pour nous. Pas en Belgique du moins. Chez vous davantage peut-être. On a un personnage qui voit dans le geste de tuer, un acte qui n’est pas mauvais dans le sens de mal. Il pense faire le bien. Il a comme modèle un martyr. Tuer ou ne pas tuer, au cinéma, c’est très universel. Le fanatisme n’est pas que musulman, il a été chrétien longtemps. Actuellement, c’est associé à l’islam radical, oui. Demain, on verra. Nous, on s’inspire de ce qui se passe présentement dans le monde. Nous avons un ami au Burkina Faso qui nous a raconté toute l’horreur du fanatisme religieux là-bas. En Belgique, c’est différent, mais le problème existe. Et c’est ce qui nous a touchés. Les imams en Belgique ont une réelle emprise sur la jeunesse musulmane. Ils isolent les jeunes, ils leur interdisent de parler aux non-musulmans. Ils polarisent en mettant les bons d’un côté et les mauvais, les non-croyants, de l’autre. C’est un combat entre les purs et les impurs. Dans notre film, la famille d’Ahmed devient impure aux yeux de ce dernier, car elle ne respecte pas les préceptes alimentés par l’imam du quartier.

Le Clap : Votre film fait résonner chez le spectateur un grand sentiment d’impuissance. On le doit à votre façon, très habile, de mettre en scène le scénario, mais aussi à votre jeune acteur, Idir Ben Addi, réellement formidable dans le rôle d’Ahmed.

LFD : Oui. Son radicalisme est sombre, mais heureusement, il y a une belle douceur chez lui. C’est ce qu’il dégage. Il nous fallait un jeune acteur qui n’incarnait pas au premier regard toute la violence qui l’habite dans le récit. Il ne fallait pas voir tous les signes de sa radicalisation dès le départ. On a répété plusieurs semaines, cinq ou six, avec Idir. C’était une forme d’entraînement. Il faut que les mécanismes de défense des acteurs se perdent, que le naturel prenne sa place dans leur jeu, dans leurs gestes devant la caméra. Trouver le juste milieu entre la méthode et l’instinct du jeu de comédien.

Le Clap : Depuis la sortie du film à Cannes, puis dans plusieurs pays en Europe, un débat s’est-il enclenché sur la radicalisation des adolescents?

LFD : Oui, tout à fait. Dans les salles de cinémas, quand nous y étions invités, mais aussi dans les écoles et dans les milieux communautaires qui s’occupent des jeunes radicalisés, les discussions furent nombreuses. Chaque fois, les choses se disent. Oui, il y a une confrontation qui en ressort, mais c’est normal. Un jeune assez grand nous a dit : « Pourquoi vous voyez le côté noir des Arabes. Pourquoi ne pas avoir pris un Blanc? » On lui a répondu qu’avec un Blanc, ça aurait donné un autre film justement. Nous assumons nos choix. Et au-delà de ses origines culturelles, nous voulions prendre un garçon tout à fait normal pour qu’on s’identifie à lui, et ce, même s’il est musulman. Et si nous abordons l’islam radical, c’est parce que ces jeunes sont interpellés par ce phénomène dans la société actuelle en Belgique. Sa question était légitime cela dit. Le fanatisme n’est pas que musulman, une fois cela avoué, notre film a le mérite, nous le croyons, de provoquer une discussion constructive sur ce qui se passe actuellement dans le monde.

Le Jeune Ahmed prendra l’affiche en salle au Clap en juillet. Cette entrevue a été réalisée sur invitation, dans le cadre de la 22e édition des Rendez-vous du cinéma d’UniFrance 2020, à Paris.

100 kilos d’estime de soi

100 kilos d’étoiles

Il y a de ces films dont l’intention première est de faire du bien. 100 kilos d’étoiles, premier long métrage de Marie-Sophie Chambon, est de ceux-là. Avec humour et légèreté et aussi beaucoup de finesse, le film aborde l’amitié à l’adolescence et surtout l’acceptation de soi malgré la lourdeur du regard des autres qui peut facilement plomber l’estime de soi. Inévitablement, l’œuvre rappelle Jeune Juliette d’Anne Émond, sorti l’été dernier dans nos salles, film qui explorait un peu les mêmes thématiques.

100 kilos d’étoiles raconte l’histoire de Loïs, jouée par la nouvelle venue Laure Duchêne, une ado surdouée en sciences qui rêve de devenir cosmonaute. Mais sa détermination à réaliser son rêve est gravement minée par un surplus de poids qui l’accable et que son entourage se plaît à lui rappeler. Heureusement pour elle, sa rencontre avec trois autres adolescentes, devant composer également avec des troubles divers, aura pour effet de lui redonner confiance et ensemble, les nouvelles amies partiront sur la route afin de participer à un camp spatial unique en son genre.

La réalisatrice Marie-Sophie Chambon explique la genèse de son road movie familial qui prendra l’affiche au cinéma Le Clap dès le début du mois de juillet.

Marie-Sophie Chambon, réalisatrice.

Le Clap : Marie-Sophie, parlez-moi de l’idée de départ de votre film, du message que vous vouliez transmettre avec ce récit d’une adolescente ambitieuse, mais mal dans sa peau.

Marie-Sophie Chambon : L’idée, c’était de parler de jeunes filles qu’on voit peu au cinéma. Jeune, ma sœur a eu un problème de surpoids et pour elle, et toutes celles qui en souffrent, cette situation prend rapidement la forme d’une véritable prison. D’ailleurs, en voyant mon film, ma sœur a réagi en disant : « Enfin, les choses sont dites ». Ça prouve qu’il y a tant à dire sur ce sujet encore un peu tabou. J’avais donc envie, au départ, de raconter l’histoire de jeunes filles un peu décalées et qui peuvent trouver un sens à leur vie. Peu avant de réaliser le film, alors que je peaufinais le scénario, j’ai réalisé Princesse, un court métrage qui est un peu un prequel (antépisode) de 100 kilos d’étoiles. De faire mon court et d’avoir un bel accueil pour ce dernier, ça a définitivement aidé à financer le long.

Le Clap : Trouver la jeune actrice idéale, ça a été facile?

MSC : Oh que non. Et je savais qu’en trouvant l’ado parfaite, mais inexpérimentée pour le rôle, ça n’allait en rien aider à financer mon film, car les investisseurs aiment les stars. Mais bref, ça a pris un an et demi pour trouver Laure et les trois autres actrices. Ces jeunes filles allaient devoir montrer leurs corps au grand écran et ça, ce n’était vraiment pas évident. On a fait du casting sauvage, on a visité des lycées, on a espionné des profils Facebook et finalement, c’est au Salon du livre de Paris qu’on a trouvé Laure. Quand on lui a offert de passer en audition, elle a cru à une blague. Heureusement, elle a embarqué dans l’aventure et lors de l’audition, on a bien vu qu’elle correspondait parfaitement au personnage de Loïs.

Le Clap : Dans votre film, les adolescentes se rendent à un camp d’astronomie étonnant. Ça existe vraiment en France ce genre de rassemblement?

MSC : Absolument. J’y suis allée deux fois et ça se déroule dans des bases militaires. Ils font des lancements de fusées et les jeunes viennent de partout, de Russie, du Japon et d’ailleurs. Il y a cependant très peu de filles dans ce camp, mais c’est marrant de les voir aller. Ils cousent des parachutes, ils font de la soudure. Ils touchent à tout et sont passionnés par cette compétition.

Le Clap : Votre film n’est pas qu’un récit dramatique, vous y avez ajouté plusieurs pointes humoristiques.

MSC : Oui, car si je voulais parler du rapport à notre corps à l’adolescence et parler des rêves adolescents, comme celui de devenir astronaute, il fallait balancer l’histoire et y intégrer un peu d’humour afin d’éviter que le fil narratif ne devienne trop dramatique. Je suis heureuse du résultat. D’ailleurs, au Festival de Cannes l’an passé, notre film a été projeté dans un cadre jeunesse, dans des salles remplies d’ados. La réaction a été hyper-positive. Ils ont rigolé, ils ont été touchés. Une jeune fille nous a remerciés en disant qu’elle se trouvait moche et que notre histoire lui avait fait un bien énorme. J’ai été très émue de sa réaction. Pour moi, ça justifie pourquoi on fait des films. Mon long métrage a un peu changé son regard sur elle-même.

Le Clap : Votre sujet est assez universel, c’est ce qui explique son succès auprès de nombreux distributeurs dans le monde?

MSC : Oui, je le crois, car il a été acheté notamment en Australie, en Corée du Sud, au Brésil et évidemment au Québec. Tout ça, pour moi, c’est magique.

100 kilos d’étoiles est à l’affiche au Clap. Cette entrevue a été réalisée sur invitation, dans le cadre de la 22e édition des Rendez-vous du cinéma d’UniFrance 2020, à Paris.

Juillet 2020 en 10 titres

Un fils, film réalisé par Mehdi M. Barsaoui.

Ah, le cinéma est enfin de retour en salle après un « confinement obligé sur les différentes plates-formes ». On doit oublier les mois d’avril, mai et juin et se concentrer aujourd’hui sur l’un des plus beaux mois de l’année, juillet. Durant les 31 prochains jours, se succèderont en salle plusieurs films dont les sorties ont été reportées, mais aussi plusieurs nouveautés du côté du cinéma étranger et québécois ainsi que quelques longs métrages américains. Voici les dix films à mettre à votre agenda du mois de juillet pour le grand retour du septième art sur grand écran! 

1- Un fils : Ce film tunisien qui relate le drame qui secoue un couple dont le fils est victime d’un attentat est un réel coup de coeur. Alors que la vie de leur garçon est en danger, le père apprend du même coup qu’il n’est pas le géniteur de l’enfant. Le scénario est fort, le jeu des comédiens très relevé et les questions que suscitent le récit nous touchent fortement. 

2- Nos mères (Nuestras Madres) : Au Guatemala, un jeune anthropologue judiciaire part sur les traces de son père, un chef guérilléro disparu depuis des années. Un drame qui revient sur les profondes blessures d’une population marquée par la guerre civile. 

3- Au nom de la terre : Dans son film, Édouard Bergeon nous raconte l’histoire touchante de son père, un fermier victime de la cruauté du marché agroalimentaire en France. Guillaume Canet joue le rôle principal. 

4-Un divan à Tunis : Comme pour Un Fils, cette jolie comédie dramatique se déroule en Tunisie. Elle se penche sur les aléas de Selma, une psychanalyste jouée par Golshifteh Farahani, qui après avoir travaillé en France retourne dans son pays d’origine pour y exercer son métier. Mais son arrivée sur place ne se fera pas sans heurt. 

5- Unhinged (Enragé) : Si rien ne bouge, ce film sera celui qui marquera le retour en salle du cinéma américain cet été. Le suspense met en vedette Russell Crowe en conducteur de pick-up qui pète les plombs, terrorisant une mère de famille et son jeune fils dans le cadre d’une rage au volant qui va rapidement dégénérer. 

6-Saint Maud (Sainte-Maude) : Dans le milieu du cinéma d’horreur, on parle de ce film comme l’un des plus horrifiant de l’année. L’histoire est celle de Maud, une infirmière très croyante qui se met en tête de sauver l’âme d’une danseuse cloîtrée à domicile et dont elle prend soin. 

7- Target Number One (Suspect numéro un) : Le réalisateur Daniel Roby nous raconte l’histoire vraie et enrageante d’Alain Olivier, condamné pour trafic de drogue en Thaïlande et aussi victime d’un complot impliquant la GRC. Dans le rôle principal, Antoine Olivier Pilon offre une prestation des plus inspirées dans ce thriller québécois haletant tourné en anglais. 

8- Perdrix : Cette comédie joue la carte de l’absurde avec un cadre rustique en toile de fond. Swann Arlaud, Maud Wyler et Fanny Ardant s’en donnent à cœur joie dans cette aventure où un gendarme de campagne voit débarquer dans sa petite bourgade une jeune femme atypique qui aura l’effet d’une tornade.

9- 100 kilos d’étoiles : Comme Jeune Juliette, ce film mêle humour et drame pour mieux parler d’amitié et d’acceptation de soi à l’adolescence, mais ici avec comme héroïne une ado qui, malgré son surplus de poids, veut devenir astronaute. 

10- Le Jeune Ahmed : Les frères Dardenne mise juste avec ce récit bouleversant centré sur la radicalisation islamiste d’un adolescent et les efforts de son entourage pour lui faire entendre raison. 

 

Garde à vue à Roubaix

Arnaud Desplechin réalise des films depuis 1992, délivrant un cinéma qui s’attarde souvent aux relations sociales et familiales complexes. On lui doit notamment Un conte de Noël et Rois et reine. Au fil des ans, ses œuvres ont été adulées par la critique française et internationale. Pour son nouveau long métrage, Roubaix, une lumière, le cinéaste s’est installé dans cette ville du nord de la France où il a passé son enfance, et ce, afin d’y mettre en scène une histoire glauque et véridique survenue en 2002. Un crime qui l’avait profondément marqué et qui avait fait l’objet d’un troublant documentaire. Ce fait divers inusité, à savoir le meurtre d’une vieille dame commis par ses deux jeunes voisines, a germé en Desplechin qui y a vu un scénario idéal pour créer à l’écran un polar intimiste ayant comme toile de fond la vie dans le Roubaix d’aujourd’hui. Son long métrage, au final, est devenu un huis clos saisissant, rappelant le Garde à vue de Claude Miller, mettant à profit tout le talent de ses interprètes principaux : Roschdy Zem (gagnant du César du meilleur acteur) dans le rôle de l’inspecteur Daoud et Sara Forestier et Léa Seydoux dans le rôle des voisines soupçonnées de l’homicide sordide. Rencontre avec Arnaud Desplechin, un auteur en pleine maîtrise de son art.

Le Clap : Vous êtes né à Roubaix, mais c’est après votre départ que ce drame est survenu et qu’il vous a inspiré fortement non?

Arnaud Desplechin, réalisateur.

Arnaud Desplechin : Oui, ce sont mes parents qui m’ont raconté cette histoire. Ils habitent encore là-bas. Ce fait divers a marqué la région d’autant plus que ce sont des femmes qui sont au cœur de tout ça, criminelles et victime. À cette époque, le documentaire se tournait. Un an plus tard, je tombe là-dessus à la télé sur ARTE avec comme résultat que j’ai été complètement obnubilé par ces deux meurtrières. Puis, j’ai pris mon temps. Il le fallait, car cet événement est douloureux pour la famille de la victime. Ça m’a permis de trouver la bonne façon de raconter le tout au cinéma. Aussi, depuis mon départ, Roubaix est devenue une ville très algérienne et il fallait que j’aie la maturité, comme Caucasien, pour illustrer ce changement de la bonne manière à l’écran.

Le Clap : Roschdy Zem joue Daoud, l’inspecteur, de façon remarquable. C’est un acteur formidable et encore trop peu connu, n’est-ce pas?

Léa Seydoux et Roschdy Zem

AD : Oh oui! Il a une présence incroyable, une présence française et un charisme américain. Il dégage une noblesse stupéfiante, une dignité qui transpire à l’écran, un côté princier aussi. Je fais son éloge, car pour moi, c’est le Lino Ventura d’aujourd’hui. Pendant le tournage, j’étais étonné par la précision de son jeu. Avec sa voix, son phrasé, il me rappelait Jean-Louis Trintignant. Sa performance nourrit son personnage. On sent qu’il a un passé et qu’on n’a pas besoin de le creuser pour mieux comprendre sa psychologie. Roschdy, c’est un iceberg.

Le Clap : Du côté des actrices, c’est assurément audacieux de former un couple avec Léa Seydoux et Sara Forestier?

AD : Au premier regard, tout les oppose. Sara, c’est la sauvagerie, Léa, c’est au contraire la douceur. Avec Roschdy, elle forme un tout qui m’a permis de bien mette en scène le récit. Je me suis rappelé le cinéma de Sydney Lumet (Serpico, Un après-midi de chien, Le Verdict) et au tournage, j’ai vu l’influence qu’il avait eu sur moi, ce cinéma mêlant polar et société. C’était génial. J’avais envie de parler de gens démunis, humiliés, sans complaisance ou charité. Je voulais faire de mon film un suspense métaphysique. On sait qui sont les coupables mais l’intérêt, c’est comment ce duo de femmes a procédé? C’est là que ça se joue. La scène de la reconstitution du crime avec Roschdy, Léa et Sara est d’une importance capitale dans mon film.

Le Clap : Vous parlez de Roubaix, une lumière avec énormément d’émotions, votre film vous a marqué?

AD : Oui, tout à fait. C’est drôle à dire, mais j’ai vraiment été bouleversé par mon film, par cette histoire si particulière. Grâce à ce tournage, j’ai aussi pu renouer avec ma ville et la communauté en entier qui l’habite. Tous ceux qui jouaient des petits rôles dans le film et qui venaient de la place ont eu un effet positif sur moi. J’en garde de grands et beaux souvenirs. Maintenant, je dois passer à un prochain projet, me remettre à l’écriture dans les semaines qui viennent et espérer tourner mon prochain film vers la fin de l’année si tout va bien.

Roubaix, une lumière sera à l’affiche au Clap dès le 6 mars 2020.

Cette entrevue a été réalisée sur invitation, dans le cadre de la 22e édition des Rendez-vous du cinéma d’UniFrance 2020, à Paris.

Les 10 films de mars 2020

En mars, on verra pas moins de huit films québécois débarquer sur les écrans, dont Flashwood de Jean-Carl Boucher, Blood Quantum de Jeff Barnaby, Rustic Oracle avec Kevin Parent et It Must Be The Place d’Elia Suleiman. Il y aura aussi les films pop-corn Bloodshot avec Vin Diesel, My Spy avec Dave Bautista et Mulan en version « humaine » qui tenteront d’attirer les foules. Longtemps retardé, on espère aussi que le formidable Mektoub my Love : Canto Uno de Kechiche, annoncé pour Montréal, sera aussi présenté à Québec. Mais bref, voici les dix titres à voir en priorité durant le mois.

Roubaix, une lumière : Arnaud Desplechin accouche d’un drame policier à l’allure conventionnelle, tourné dans sa ville d’origine, mais au final d’une fort grande maîtrise stylistique. Son film est porté par le grand talent de ses interprètes Roschdy Zem, Sara Forestier et Léa Seydoux. Un incontournable qui rappelle par moment Garde à vue de Claude Miller.

Never, Rarely, Sometimes, Always : Deux jeunes cousines, dont l’une victime d’une grossesse non désirée, partent du fin fond de la Pennsylvanie pour se rendre à New York. On dit beaucoup de bien de drame indépendant dans lequel Théodore Pellerin et la chanteuse Sharon Van Etten jouent des seconds rôles.

Sorry We Missed you (Désolé de vous avoir manqué) : Avec beaucoup d’inlligence et d’empathie, Ken Loach nous raconte l’histoire dune famille britannique qui peine à joindre les deux bouts. Pour s’en sortir, le père accepte un job ingrat de livreur. Il s’apercevra rapidement que le Klondike espéré prend plutôt la forme d’un milieu travail aussi cupide que cruel.

Tu te souviendras de moi, réalisé par Éric Tessier.

Tu te souviendras de moi : La pièce de théâtre de François Archambault est ici adaptée pour le grand écran tout en demeurant un drame touchant sur la mémoire. De générations contrastées, les comédiens Rémy Girard et Karelle Tremblay s’y donnent habilement la réplique.

14 jours, 12 nuits : Jean-Philippe Duval dirige Anne Dorval dans cette histoire de deuil qui mènera une mère adoptive à retrouver au Vietnam la mère biologique de celle qu’elles ont toutes deux aimée.

Les Nôtres : Pour son second long métrage, Jeanne Leblanc a décidé d’explorer une relation toxique et secrète entre une jeune adolescente et un homme bien en vue d’une petite ville de banlieue. Émilie Bierre et Paul Doucet offrent de belles performances dans ce récit rempli de tabous.

Onward (En avant) : Deux frères, des elfes, partent à l’aventure en quête de magie. Ce film d’animation signé Pixar pique bien évidemment notre curiosité.

Run this Town (Régner sur la ville) : Une histoire inspirée par l’enquête journalistique autour du défunt Rob Ford et de la vidéo le montrant en train de fumer du crack. Transformé et méconnaissable, Damian Lewis (Homeland) joue l’ex-maire de Toronto.

A Quiet Place Part 2 (Un coin tranquille 2e partie) : Malgré les nombreuses invraisemblances, on avait bien aimé l’originalité et l’efficacité du premier volet de ce récit d’horreur. Silence tout le monde, car voici la suite tant attendue.

Mont Foster : Patrick Hivon et Laurence Lebœuf jouent un couple qui, après un drame atroce, tente de renouer dans leur maison cossue isolée en forêt. Une histoire qui vire petit à petit au suspense tordu.

Mattotti en Sicile

La Fameuse Invasion des ours en Sicile, c’est à la base un conte de Dino Buzzati, écrivain italien bien connu pour Le Désert des tartares. C’est maintenant un dessin animé signé de la main d’un des maîtres du 9e art, Lorenzo Mattotti. L’histoire raconte comment Tonio, le fils du roi des ours, est enlevé par des chasseurs dans les montagnes de Sicile et comment l’empereur décide alors d’envahir la plaine où habitent les hommes afin de sauver son rejeton.

Rencontre avec Lorenzo Mattotti, artiste de grand talent qui a mis des années à peaufiner ce long métrage d’animation aux couleurs lumineuses et aux personnages animaliers attachants.

Le Clap : Votre film est l’adaptation du conte La Fameuse Invasion de la Sicile par les  ours (NDLR : titre légèrement différent de celui du film) de Dino Buzzati datant de 1945. C’est un conte qui a marqué votre enfance italienne?

Lorenzo Mattotti : Oh oui. Ça a été une grande inspiration et pour le texte et pour les illustrations. On connaît peu le talent de dessinateurs de Buzzati qui a, de plus, une façon unique de raconter des histoires. Mon dessin animé est parti de son univers littéraire et graphique.

Le Clap : Dans le dessin animé Peur(s) du noir,œuvre  collective sortie en 2007, vous étiez plusieurs artistes à travailler sur vos différentes parties. Avec cette adaptation, vous étiez seul aux commandes. Le défi était plus grand, plus lourd inévitablement?

Lorenzo Mattotti

LM : Oui vraiment. J’ai passé cinq ans à travailler sur ce film et pour moi c’est très long. Mais c’était important d’arriver à ce résultat, une grande histoire conçue pour les jeunes. À la base, il y avait un bel intérêt de ma part et des producteurs, soit la question de faire en sorte que ce patrimoine italien ne tombe pas dans l’oubli. Et dans la facture visuelle du film, c’était important d’avoir quelque chose d’intemporel. Et même dans le récit aussi. Les jeunes sont ouverts à ça. Il faut leur faire connaître les grands classiques.

Le Clap : Le budget de votre long métrage est de 11 millions d’euros. Dans le domaine de l’animation, c’est peu, non?

LM : Ça peut paraître beaucoup pour un film européen mais oui, pour un dessin animé de ce type, c’est peu. Nos personnages sont en 2D d’ailleurs. C’est évidemment moins cher, mais heureusement, le budget sert à s’entourer d’une belle bande de collaborateurs dont plusieurs avaient travaillé sur La Tortue rouge. On a essayé tous ensemble de faire de ce dessin animé un grand spectacle pour le grand écran. Je suis très fier du résultat, mais ça a été une longue aventure.

Le Clap : Avez-vous envie d’en faire un autre ?

LM : Hum, si l’aventure justement ne durait que deux ans plutôt que cinq ou encore si j’avais 30 ans plutôt que le double, oui. Mais sinon, l’illustration m’attend et j’ai hâte de retourner dans mon atelier et de recommencer à faire de la peinture.

Le Clap : Quelles sont vos principales influences en illustration, en BD ou en dessins animés?

LM : Mes influences sont celles de quelques grands peintres comme Francis Bacon et aussi des dessinateurs de BD sud-américains impressionnistes. Il y a également Disney le visionnaire, Miyazaki, Yellow Submarine et Roland Topor qui ont été importants pour moi.

Le Clap : Le film est une coproduction entre la France et l’Italie. Comment va l’industrie italienne du cinéma actuellement?

LM : J’ai beau vivre en France, je sais que la situation n’est pas rose. Le cinéma italien s’est replié sur lui-même depuis plusieurs années. En gros, le cinéma italien actuel se limite aux comédies populaires qui ne s’exportent pas vraiment. Mais heureusement il y a quand même Garrone, Sorrentino, Moretti et Pietro Marcello qui font des films très intéressants.

La Fameuse Invasion des ours en Sicile sera à l’affiche au Clap dès le 28 février.

Cette entrevue a été réalisée sur invitation, dans le cadre de la 22e édition des Rendez-vous du cinéma d’UniFrance 2020, à Paris.

Noémie Merlant en costume

Porté par des critiques dithyrambiques, Portrait de la jeune fille en feu, réalisé par Céline Sciamma, est l’un des films phares du cinéma français de 2019 avec Les Misérables de Ladj Ly et leccontroversé J’accuse de Roman Polanski. La réalisatrice, déjà adoubée pour avoir signé Naissance des pieuvres, Tomboy et Bande de filles, a choisi Adèle Haenel (son ex-compagne) et Noémie Merlant pour incarner les rôles principaux de son film qui repose entièrement sur leurs épaules.  L’histoire se résume ainsi… En 1770, Marianne, une peintre est chargée de faire le portrait de Louise et de s’assurer de sa fidélité envers son futur époux à qui elle est destinée. Entre elles, la méfiance de la rencontre initiale fera place à une passion inavouable.

Rencontre avec l’une des deux actrices principales, Noémie Merlant, 32 ans, présente dans presque tous les plans du film et dont la carrière a vraiment décollé en 2019.

Le Clap : En 2019, on vous a vue notamment dans Les Drapeaux de papier puis il y a eu l’effervescence cannoise avec Le Portrait de la jeune fille en feu. Ça a vraiment été une grosse année pour vous, non?

Noémie Merlant : Vraiment, mais on s’en compte seulement après coup. C’est magique tout ça et mon année a été remplie de films dont je suis très fière.

Le Clap : Le film de Céline Sciamma, bien qu’ayant un univers bien singulier, n’en reste pas moins un film d’époque, un long métrage de costume. En enfiler un, ça aide à mieux cerner le personnage, à mieux l’habiter?

Noémie Merlant

NM : Oui, nécessairement. Mon personnage, celui de la peintre Marianne, a un côté un peu masculin, donc le costume, volontairement, devait être lourd, avec de grandes poches pour bien se distinguer des robes très féminines. Et il y a aussi tout l’aspect qui concerne la gestuelle du peintre qu’il fallait intégrer. Les regards, les respirations et les silences. Tout était dans le scénario tout comme ces non-dits qui sont très importants dans l’amour.

Le Clap : Ça a été facile de développer une complicité avec Adèle Haenel?

NM : On s’est apprivoisées, certes, car on n’avait jamais joué ensemble auparavant. En fait, nous sommes assez différentes dans nos énergies, mais toutes deux, nous prenons notre travail très au sérieux. Alors, on a beaucoup observé l’autre. La réalisatrice nous a aussi laissé une marge de manœuvre afin d’avoir une réelle liberté dans notre jeu, et ce, afin qu’il ait l’air naturel devant la caméra. Nous avons pu nous approprier les dialogues et personnaliser notre jeu face à tout ce qui était écrit à la virgule près dans le scénario. Cette liberté de pouvoir proposer des choses sur un plateau est très importante pour moi.

Le Clap : Le public qui s’intéresse au cinéma et à la peinture se souvient peut-être d’Artemisia sorti en 1997, un film biographique sur une peintre trop peu connue du XVIIe siècle. Votre film sert aussi à démontrer l’importance des femmes peintres qui ont ouvert la voie à une autre époque.

NM : Absolument, la société patriarcale tend à nous faire oublier ces personnages historiques. Marianne représente l’histoire non racontée des femmes.

Le Clap : Un film en costume, avec les décors, l’éclairage, les accessoires, ça alourdit un tournage?

NM : Ah oui, il y a définitivement plus de contraintes avec l’éclairage et les costumes. Mais bon, en même temps, un film d’époque nous permet de voyager dans le temps et une actrice, pour moi du moins, c’est aussi un plaisir très spécial et une fois dans l’action, on oublie tout ça rapidement.

Le Clap : Le succès en France et à l’étranger vous a  apporté plus de propositions de scénarios inévitablement, alors si vous pouviez tourner avec un réalisateur en 2020, qui serait-i ?

NM : Sans tricher, mais sachant que vous êtes Québécois, spontanément, je dirais Xavier Dolan. Pour moi, ce serait une fort belle rencontre artistique.

On reverra Noémie Merlant au grand écran en 2020 dans le film Jumbo. À suivre.

Cette entrevue a été réalisée sur invitation, dans le cadre de la 22e édition des Rendez-vous du cinéma d’UniFrance 2020, à Paris.

Play : jouer avec le temps qui passe

Anthony Marciano est un jeune réalisateur français qui aime prendre des risques. Nous avons eu l’occasion de voir en 2013 l’une de ses réalisations, Les Gamins avec Alain Chabat et Max Boublil. Ce dernier est encore la tête d’affiche de son tout nouveau film intitulé Play, le film de notre vie, à l’affiche au Clap dès la mi-février. Sa nouvelle comédie dramatique a un concept étonnant, soit de relater la vie presque entière du personnage principal à l’aide d’archives vidéo.  Pour la promo de ce projet inusité, le cinéaste s’est confié sur le défi que représentant la réalisation peu banale de Play mettant à nouveau en vedette son copain de toujours, l’humoriste et acteur français Max Boublil.

Le Clap : Votre film raconte à l’aide d’images d’archives toute la jeunesse et l’arrivée dans le monde des adultes du personnage de Max joué par Max Boublil. Autant dans la façon d’écrire le scénario que dans la réalisation technique, l’ensemble représentait tout un défi, non?

Anthony Marciano, réalisateur.

Anthony Marciano : Un défi incroyable, oui. Il fallait rendre cohérent toutes les scènes que Max filmait. Il fallait justifier l’utilisation de la caméra par Max, de 1993 jusqu’aux années 2010. Il fallait aussi un casting de gens qui vieillissent ensemble et qui ont l’air réellement d’une bande d’amis. C’était difficile de trouver des acteurs qui se ressemblaient d’une époque à l’autre. Il y a eu également un gros travail de direction artistique pour le maquillage, les coiffures, les costumes.

Le Clap : Max Boublil a un beau capital de sympathie en France, je crois.

AM : Oui, de plus en plus. Il est davantage connu comme humoriste, mais son talent d’acteur se fait sentir d’année en année. Max doit quand même toujours prouver qu’il est bon. C’est un acteur sincère et spontané et il était l’homme idéal pour ce rôle. On l’a d’ailleurs écrit ensemble ce film.

Le Clap : L’originalité du long métrage est un atout mais peut aussi décontenancer le public peu habitué à ce genre d’offre.

AM : C’est le pari qu’on s’est donné au départ. Évitez de faire peur aux gens, les amener à être curieux. On a reçu beaucoup de commentaires élogieux de ceux qui sont allés voir le film. La déception pour la sortie française, c’est que médiatiquement, le film était vu à la base comme une sorte d’ovni alors qu’il est très accessible malgré sa forme. Et puis il y a eu les grèves qui n’ont pas aidé non plus. Plusieurs personnes ont même été leurrées par le film, comme si c’était un peu un documentaire, et ça c’était positif bien évidemment.

Le Clap : Play mise quand même beaucoup sur la nostalgie de jeunesse?

Max Boublil dans Play, le film de notre vie.

AM : Oui, c’est vrai. On avait cette nostalgie de notre adolescence et on a eu l’idée de cette caméra immersive, de mettre en scène quelqu’un qui filme sa vie continuellement. L’idée, c’est de revivre chaque moment marquant. Chacun cherche à retrouver des émotions liées à sa jeunesse et ça, ça touche tout le monde. Moi-même, j’ai filmé tellement de choses depuis l’adolescence. En fait, pour l’écriture, on a pris plein d’anecdotes réelles et on mélangeait le tout pour mieux servir l’histoire. C’est mon vécu et celui de Max transposés au grand écran.

Le Clap : Bien que nostalgique, votre film est très actuel dans sa façon d’aborder la génération de l’image.

AM : Play est rassembleur. Aujourd’hui, tout le monde met sa vie en images. Notre film relate les débuts de cette ère. Le principe du film est particulier, la proposition, on y adhère ou non, mais selon moi Play est intergénérationnel. De plus, on l’a vendu dans plusieurs pays dont aux Américains qui eux vont en faire un remake. Je vais d’ailleurs collaborer pour leur faciliter la tâche. Ils refont le scénario pour que culturellement tout coïncide avec leur mode de vie, leurs références culturelles, etc. On est très flatté de leur intérêt et on a hâte de voir le résultat final.

Cette entrevue a été réalisée dans le cadre de la 22e édition des Rendez-vous du cinéma d’UniFrance 2020, à Paris.

Février 2020 en dix films

Mafia Inc. de Podz, avec Marc-André Grondin.

Février, c’est le mois des Oscars et ce sera une période marquée par la sortie de films en tous genres (horreur avec Come to Daddy, comédie avec Downhill, drame biographique avec Le Traître, film d’animation et de superhéros avec Sonic le hérisson et Birds of Prey, etc.). En résumé, voici les dix longs métrages à voir en priorité durant le mois le plus court de l’année.

1- Mafia inc. : Nouvelle réalisation de Podz basé sur un essai portant sur la famille Rizzuto et se penchant sur le milieu de la pègre montréalaise. Marc-André Grondin et Sergio Castellito se donnent la réplique dans un des films québécois les plus attendus de l’année.

2- Le Lion : Il y a trop peu de bonnes comédies, alors on se croise les doigts pour que la réunion à l’écran de Dany Boon et de Philippe Katerine fasse des étincelles dans ce récit d’espionnage sur fond de mythomanie.

Portrait de la jeune fille en feu.

3- Portrait de la jeune fille en feu : Céline Sciamma réunit à l’écran Noémie Merlant et Adèle Haenel dans un drame saphique en costume où une promise devient amoureuse de l’artiste qui doit l’immortaliser sur toile.

4- Wendy : Le réalisateur Benh Zeitlin a connu en 2021 des débuts fracassants avec Beasts of the Southern Wild. Il est de retour huit ans plus tard pour revisiter le mythe de Peter Pan en focalisant son récit sur le personnage de Wendy. Son drame fantaisiste et insulaire pourrait causer la surprise.

5- Prisons sans barreaux : Documentaire troublant portant sur les personnes victimes d’une hypersensibilité environnementale et qui sont grandement affectées par les champs électromagnétiques.

6- Fantasy Island (L’Île fantastique) : Là on risque de s’amuser ferme en revisitant la série télé des années 80 et en la faisant verser littéralement dans le film d’horreur. Un plaisir coupable avoué de février.

7- Les Chatouilles : Ce drame bouleversant met en scène une jeune femme meurtrie par une  enfance marquée par les « chatouilles » que lui faisait subir le meilleur ami de ses parents. Basé sur l’histoire de la coréalisatrice et actrice Andréa Bescond, ce film permet à Pierre Deladonchamps et à Karin Viard d’offrir des performances stupéfiantes.

8-Corpus Christi (La Communion) : Ce film polonais, nommé aux Oscars, raconte comment un jeune homme converti au catholicisme, une fois sorti de prison, se fait passer pour un prêtre auprès de la population d’une petite ville de banlieue. La bande annonce pique fortement notre curiosité.

9- The Invisible Man (L’Homme invisible) : Elizabeth Moss joue le rôle d’une femme qui découvre que son ex-amant suicidé n’est peut-être pas mort. On ne vous divulgâche pas la suite évidemment, mais on est bien curieux de voir ce film fantastique.

10- La FameuseIinvasion des ours en Sicile : Au départ, il y a le conte de Dino Buzzati qui prend vie au grand écran grâce au talent du célèbre auteur de BD Lorenzo Mattotti, aux commandes de cette adaptation en dessin animé qui prendra cinq ans à réaliser et qui, au final, devient un film  aux images et aux couleurs magiques et au rendu intemporel.

Joyeuse commande!

Fabrice Bracq, mandaté pour faire la promotion de sa comédie intitulée Joyeuse retraite!  l’avoue dès le départ, son film en est un de commande. Voilà, c’est dit. Sa comédie, à l’affiche au Clap dès le 31 janvier prochain, met en vedette Michèle Laroque et Thierry Lhermitte et raconte comment des grands-parents, entamant une retraite bien méritée, peinent à se soustraire à leur progéniture qui voit en eux de parfaits babysitters. Leurs personnages sont coincés dans un engrenage les forçant à aider leurs enfants à se sortir d’un quotidien surchargé d’activités dans cette ère où les parents peinent à sortir la tête de l’eau.

Cela dit, il faut aussi préciser que le jeune cinéaste était le seul de son équipe à se présenter aux rendez-vous avec les médias, Lhermitte étant occupé ailleurs et Laroque prétextant un malaise au lendemain de la mise en ligne d’une photo Instagram où elle posait fièrement avec l’équipe 2020 des Enfoirés dont fait partie un certain Patrick Bruel.

Revenons à Joyeuse retraite! et à ce qu’avait à dire Fabrice Bracq sur sa comédie de situation.

Le Clap : Vous avez réalisé plusieurs courts métrages avant de vous embarquer dans l’aventure de Joyeuse retraite!, étaient-ils dans le même registre, à savoir des comédies destinées au grand public?

Fabrice Bracq, réalisateur.

Fabrice Bracq : Il faut d’abord dire que Joyeuse retraite! est un film de commande. Au départ, je devais travailler uniquement sur le scénario, mais les producteurs ont été mal pris et m’ont proposé la réalisation. Cela dit, j’ai fait des films en tous genres et j’ai voulu mettre un peu de mon univers dans ce premier long métrage.

Le Clap : Le sujet du film, c’est facile d’y voir un phénomène très actuel, car les babyboomers  partent tous à la retraite en ce moment. C’est ce qui vous a attiré au départ pour la réalisation de cette « commande »?

FB : Oui, c’est très facile de s’identifier aux personnages. Moi, je me voyais dans les enfants des personnages de Thierry et Michèle avec tout ce que ça implique.

Le Clap : Thierry Lhermitte et Michèle Laroque forment définitivement un couple naturel à l’écran, n’est-ce pas?

FB : Vous avez absolument raison. Ils ont déjà été au même générique de quelques films, mais sans jamais jouer ensemble. Je voulais un couple chic et élégant joué par des acteurs qui connaissent par cœur les rouages de la comédie. Michèle était déjà rattachée au projet à la base et puis Thierry est arrivé. J’avais en tête un couple à la Cary Grant et Audrey Hepburn.

Le Clap : Ils ont tellement d’expérience dans le genre, est-ce que ça vous a intimidé?

Thierry Lhermitte et Michèle Laroque.

FB : J’avais l’air du petit nouveau, du petit rigolo, mais rapidement, ils ont bien vu qu’on avait le même désir de faire de ce film une réussite. Nous avons tous travaillé ensemble, en amont, pour établir le type d’humour qui devait teinter le film. Et au tournage, ils ont été merveilleux, car à chaque scène, je leur demandais d’improviser légèrement, juste pour mettre une touche inusitée et personnelle à la comédie.

Le Clap : Quel était le plus grand défi lors du tournage, car une comédie, c’est une mécanique bien précise?

FB : De tourner avec un chien, carrément. On a pris le meilleur dresseur de France et pourtant le chien était ingérable. Ce n’était pas celui qu’on voulait au départ, même en apparence. Il ne savait pas sauter en plus. Ça a été compliqué pour chaque scène où il apparaissait.

Cette entrevue a été réalisée dans le cadre de la 22e édition des Rendez-vous du cinéma d’UniFrance 2020, à Paris.