Sur des airs de Kinshasa

Le réalisateur de Québec David Nadeau Bernatchez lance en salle, ce mois-ci, un premier long métrage documentaire intitulé Rumba Rules, nouvelles généalogies. Tourné à Kinshasa, en plein coeur de la République démocratique du Congo (anciennement appelée le Zaïre et à ne pas confondre avec la République du Congo aussi appelée Congo-Brazzaville), le film, coréalisé avec Sammy Bajoli, nous transporte dans l’univers musical de la rumba et de ses chanteurs, musiciens et danseurs congolais dont Brigade Sarbati. Avec fierté, le cinéaste voit actuellement son documentaire faire le tour du monde dans les différents festivals et dépeint la genèse de cette production dépaysante.

Le Clap : David, votre fascination pour le continent africain et plus particulièrement pour la République démocratique du Congo, ça ne date pas d’hier?

David N. Bernatchez : Effectivement. Ça fait depuis 2004 que je me rends là-bas et que j’y travaille sur différents projets. À l’époque, j’y étais allé pour les études en accompagnant mon directeur de maîtrise. Finalement, j’y suis resté plusieurs mois. Cette expérience m’a totalement chambardé autant d’un point de vue culturel que musical. Ça m’a transformé et j’ai poussé la plongée jusqu’au doctorat sur la musique congolaise urbaine, dont la rumba, son parcours de l’Afrique jusqu’aux Antilles à travers les esclaves jusqu’à son retour en Afrique dans les années 50. C’était fascinant de voir comment les Congolais l’ont fait évoluer et l’ont transmise au fil des récentes générations.

David N. Bernatchez, réalisateur.

Le Clap : Au coeur du film, à travers de multiples personnages ancrés dans le milieu musical de Kinshasa, il y a Brigade Sarbati, un chanteur populaire qui y dirige un orchestre de musiciens et de danseuses. Avec lui et ses chansons, on part à la découverte de la scène locale. C’est le but premier du film?

DNB : Oui, il y avait la volonté de plonger dans cette scène musicale et de transmettre son énergie, ses règles internes qui servent de base au tissu social de Kinshasa. À travers elle, c’est tout le pays qui se raconte. Ici, on a surtout connu le chanteur Papa Wemba mais à Kinshasa, il y a tout un univers musical méconnu des Occidentaux. La rumba congolaise, c’est une institution incroyable. Les ensembles, c’est plus de 30 personnes à la fois sur scène et à la télé. Avec l’orchestre de Brigade, on découvre que La rumba actuelle, c’est une énergie mais aussi une manière de raconter la ville et ses ancrages. Comme elle est narrative, elle est chargée de noms de lieux, de personnages, d’émotions. Le titre du film d’ailleurs réfère à cette façon de se raconter à travers la musique, à la transmission des récits en chansons. C’est un phénomène qui rappelle celui des griots d’Afrique de l’Ouest chargés de transmettre les récits historiques à la population. Notre documentaire, c’est du cinéma direct, c’est partir à la rencontre de gens aux noms évocateurs comme Brigade, Pitchou Travolta, Panneau Solaire, Soleil Patron et Xena La Guerrière. Des pseudonymes liés à leur énergie, leur personnalité et l’imaginaire. Moi-même durant mon séjour là-bas, on m’a rebaptisé « Huitième merveille véritable couleur d’origine ». Les danses locales aussi ont des noms très imagées comme celle du mécanicien, du dindon ou du peigne.

Le Clap : Le film est coproduit avec la République démocratique du Congo et la Belgique, et il est coréalisé avec Sammy Bajoli. Le tournage a-t-il été ardu?

DNB : Ça a été une longue aventure. Notre budget n’était pas énorme et on avait en tout un peu moins de 30 jours de tournage qui se sont déroulés en 2015, 2016 et 2019. J’ai eu comme coréalisateur Sammy Baloji, mais à l’origine du projet nous étions trois avec Kiripi Katembo-Siku. L’apport de Kiripi était considérable mais il est subitement décédé peu après le début du tournage en 2015. On a repris le tournage sans moyens en 2016, on a tenu le projet à bout de bras pendant deux ans (merci à la coproductrice Rosa Spaliviero!) pour le terminer en 2020 mais la pandémie a retardé sa sortie.

Le Clap : Et maintenant, le film voyage beaucoup!

DNB : Disons qu’avec la pandémie c’était pas évident, mais qu’il commence enfin à circuler plus. On espère que le voyage sera long! Après Amsterdam (IDFA) fin 2020, il a été à Helsinki, Denton au Texas, Paris, Bruxelles, et il sera bientôt en Suède, à Leuven, Anvers, Ouagadougou et au Portugal. Le grand écran, dans les festivals et les salles de cinéma, c’est pour moi un lieu fondamental pour créer et réfléchir nos récits et nos images. Ce n’est pas un documentaire aussi facile d’accès que certains d’autres, mais j’ai cette conviction qu’il porte quelque chose de fort et d’important. J’aime à penser que ce film peut à la fois toucher les mélomanes congolais et ceux d’un peu partout dans le monde. Aussi à Kinshasa, avec un ami qui a beaucoup aidé à la production du film, on aussi ce projet de faire circuler Rumba Rules (et d’autres films) avec une salle ambulante. Pour vivre, il faut que le cinéma soit vu! Rumba Rules sort en salle au Québec et pour moi c’est vraiment incroyable. J’espère que les gens vont se déplacer et se donner la chance de vivre ça!

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10 films pour septembre 2021

Maria Chapdelaine réalisé par Sébastien Pilote.

En septembre, on aura droit à un avant-goût des films de l’automne, saison des oeuvres oscarisables, avec en prime la sortie de quelques films québécois et étrangers. Nous verrons donc débarquer sur les écrans deux films québécois autour de l’immigration, soit la comédie La Face cachée du baklava de Maryanne Zéhil et le drame Le Meilleur pays du monde de Ky Nam Le Duc. Aussi au menu, la comédie française Le Sens de la famille avec Franck Dubosc et Alexandra Lamy et trois romances filmiques : I’m your Man, After : la chute, Blue Bayou. Mais surtout, voici les dix films qui retiennent mon attention ce mois-ci.

1- Maria Chapdelaine : Pour la quatrième fois, le livre de Louis Hémon est transposé au grand écran, ici par Sébastien Pilote qui a porté une grande attention aux décors naturels du Lac-Saint-Jean et qui a pris soin d’engager pour le rôle principal une jeune actrice (Sara Montpetit) afin de se rapprocher de l’esprit du roman d’origine. Un film d’époque dont on attend la sortie depuis près d’un an.

2- Copshop (Descente au poste) : Le film d’action du mois. Un peu dans le même esprit que Assault on Precinct 13, ce drame sous tension met en scène la prise de force d’un petit poste de police. Une policière, un escroc et un tueur à gages vont s’y affronter. Le patibulaire Gerard Butler est au générique.

3- Délicieux : Cette comédie dramatique nous raconte le parcours véridique et singulier d’un cuisinier qui ouvrit le tout premier restaurant de l’histoire de la gastronomie française. Isabelle Carré donne ici la réplique à l’immense et talentueux Grégory Gadebois dans le rôle principal.

4- Malignant (Malfaisant) : L’un des nouveaux maîtres de l’horreur, James Wan (The Conjuring, Insidious), met en images les cauchemars violents d’une jeune femme qui voit s’incarner sous ses yeux un univers maléfique qu’elle pensait au départ fabulatoire. Cris de peur dans le noir au menu.

Malignant de James Wan.

5- The Eyes of Tammy Faye (Dans les yeux de Tammy Faye) : Inspiré par le documentaire éponyme sorti voilà vingt ans, ce drame biographique s’intéresse au point de vue de la conjointe du célèbre télévangéliste américain (et fraudeur devant l’Éternel) Jim Bakker. Jessica Chastain et Andrew Garfield interprètent le controversé tandem.

6- Sin La Habana : Cette coproduction entre le Québec et Cuba relate le rêve d’un couple de cubains, l’un danseur, l’autre avocate, de fuir leur pays vers l’Amérique du Nord. Dans ce but, le danseur séduira une montréalaise d’origine iranienne et tentera ensuite de faire venir au Canada son amoureuse. De l’exotisme, de la danse et plusieurs clashs culturels sont au menu de ce drame fort bien interprété.

7- The Card Counter : Le réalisateur Paul Schrader dirige Oscar Isaac, Tye Sheridan et Willem Dafoe dans ce récit où un ancien militaire, accro au poker, doit faire équipe avec un jeune homme pour exercer une vengeance envers leur ennemi commun. Les critiques parlent déjà de ce film comme possiblement l’un des meilleurs de l’automne.

Oscar Isaac dans The Card Counter.

8- Shang-Chi and the Legend of the Ten Rings (Shang-Chi et la légende des dix anneaux) : Cette nouveauté Marvel est l’adaptation de la bande dessinée mieux connue sous le titre Maître du kung-fu. Le héros, un champion d’arts martiaux, doit affronter une organisation secrète reliée à son passé. Combats et effets spéciaux sont évidemment au menu du film.

9- Rumba Rules, nouvelles généalogies : Ce documentaire musical, cosigné par David N. Bernatchez et Sammy Baloji, est la curiosité du mois. Les réalisateurs nous plongent au cœur de la scène de la rumba congolaise de Kinshasa avec l’orchestre de Brigade Sarbati. Bref, c’est l’occasion idéale pour découvrir des artistes qui rythment la capitale de la République démocratique du Congo en faisant évoluer une surprenante tradition musicale.

10- Cry Macho (Le Chemin de la rédemption) : Maintenant âgé de 91 ans, Clint Eastwood ne lâche pas la patate et réalise un nouveau long métrage dans lequel il tient le rôle d’un ancien champion de rodéo qui doit ramener un adolescent auprès de son père qui se révèle aussi son ancien patron. Clash générationnel au programme.

Droit au filet!

Le film 5ème set se penche sur le retour inattendu en finale de tournoi d’un joueur de tennis de 37 ans, en fin de carrière. Ce long métrage français réalisé par Quentin Reynaud met en scène le personnage de Thomas, professionnel de la raquette qui, jadis, était considéré comme l’un des meilleurs espoirs de son pays. Lors d’un tournoi qu’il croit être son dernier, contre toute attente, Thomas se met à gagner ses matchs face à des adversaires bien mieux classés. Le cinéaste nous donne quelques détails entourant la réalisation de son film qui va bien au-delà du simple drame sportif.

Le Clap : Votre film nous présente des scènes de tennis épatantes visuellement et de plus très réalistes pour qui a déjà suivi le tennis à la télé. Mais avant d’aborder la façon dont vous avez tourné le tout, parlez-moi de votre distribution formée d’Alex Lutz, Kristin Scott Thomas et Ana Girardot dans les trois rôles principaux.

Quentin Reynaud : Alex qui joue Thomas, je l’ai choisi pour son âge et surtout pour son côté mélancolique à l’écran, car il a un petit quelque chose de Buster Keaton. Bien sûr, je savais qu’il avait le talent et la rigueur pour tenir ce rôle. Quand à Kristin Scott Thomas, elle interprète Judith la mère de Thomas. Elle avait la froideur anglo-saxonne qui convenait parfaitement et Dieu sait que peu importe le rôle qu’on lui offre, Kristin démontre toujours son immense talent. Enfin il y a Ana Girardot qui joue Ève, la femme de Thomas. Et Ana, pour moi, c’est une véritable découverte. Avant que ma caméra ne se pose sur elle, je n’avais jamais vraiment mesuré toute la finesse de son jeu. Elle mérite assurément de plus grands rôles au cinéma. Dans toutes ses scènes, elle était d’une grande justesse.

Quentin Reynaud, réalisateur.

Le Clap : Si le récit est centré sur le parcours de Thomas en tournoi, vos deux personnages féminins, Judith et Ève, ont une importance capitale dans le déroulement du film qui nous aide à bien saisir les travers de Thomas dans son parcours de joueur, de fils, de père, de mari.

QR : Tout à fait. Dès le début, c’était très important de mettre en évidence le rapport que Thomas entretient avec sa mère et avec sa famille comme père plutôt absent. Un joueur de tennis professionnel, comme Djokovic en ce moment, ce sont des soleils, tout le monde vit autour d’eux, mais le personnage de Thomas n’est pas une étoile, il est un joueur moyen, et sa cellule familiale peut remettre en question ses sacrifices. Thomas justifie difficilement tout ça avec sa famille et surtout avec sa mère. Là-dessus, je me suis inspiré de la relation entre Andy Murray et sa mère Judy qui l’a entraîné. Judith, est le mentor de Thomas. C’est l’enjeu du film ce rapport mère/fils. Il y a un déplacement qui s’opère petit à petit de l’antipathie qu’on a pour la mère qui va se diriger vers Thomas et qui participe à mieux saisir son parcours intérieur. À la maison, Thomas, c’est un bon père, mais il est dur avec son épouse qui pourtant le soutient et l’envie un peu à la fois, car c’est une ancienne joueuse qui a tout mis de côté pour sa vie familiale. C’est assez réaliste de la vie amoureuse dans le milieu sportif. Je voulais qu’on plonge dans une sorte de safari pour mieux voir comment ces animaux vivent entre eux.

Alex Lutz dans le rôle de Thomas.

Le Clap : Parlons des images! Le film repose sur de nombreuses scènes de joutes endiablées. On se doute que toute la mise en scène a dû faire l’objet d’une longue préparation d’un point de vue visuel et technique.

QR : Ça a été un gros travail préparatoire. On n’avait pas énormément d’argent pour tourner, alors on a beaucoup travaillé en amont. J’ai fait tout storyboarder les scènes et chacun des plans. On a fait la mise en images de la finale, de tous les coups échangés mais il fallait aussi, de façon plus intime, qu’on découvre ce qui se passe dans la tête de Thomas. Afin d’être proche du joueur dans un moment pareil, nous avons fait de nombreux plans rapprochés. Puis, pour l’action, à l’intérieur du terrain, tout était calculé. Il fallait repérer, cadrer et concevoir les plans comme si c’était en direct avec les doublures et réaliser le tout en seulement deux jours de tournage. Pour la finale, on a calqué tous les coups du match entre Andre Agassi et Marcos Baghdatis joué en 2006 au US Open. On a repris à l’identique plusieurs des séquences de ce match marquant de l’histoire du tournoi de New York, le dernier tournoi en carrière d’Agassi. Mes acteurs ont rejoué sept fois le match en entier. Le soir, je montais les images et le lendemain on reprenait le tournage pour terminer chacune des scènes. C’était millimétré et entièrement chorégraphié comme exercice. Le cadrage était aussi très important avec la foule. C’était un travail énorme de fabrication!

Le Clap : Vous estimez-vous satisfait du résultat au grand écran qui, pour le simple spectateur, est vraiment bluffant de réalisme?

QR : Assez oui. Techniquement, je voulais être irréprochable. J’ai été pointilleux du début à la fin et ça en valait la peine. J’ai fait vérifier l’ensemble des scènes de jeu par des professionnels. Alex avait une doublure pour frapper les balles, mais pour les plans rapprochés. Il faut souligner à quel point il a travaillé fort. Il fallait qu’il se rapproche le plus possible de la gestuelle d’un professionnel du tennis. Alors, par des petits gestes, en marchant, en attrapant les balles, en s’essuyant le visage, il a su capter le naturel d’un tennisman d’élite. Il a vraiment réussi à s’approprier le langage corporel et la posture du joueur de tennis.

Le Clap : En terminant, quels sont les films de sport que vous trouvez inspirants?

QR : Il y en a évidemment plusieurs. Pour moi, les drames sportifs reflètent parfaitement l’image que je me fais de la vie en général. C’est une vision de l’échec et de la réussite qu’ils nous montrent. L’acceptation de la défaite pour progresser, c’est ce qu’ils nous transmettent. Le film qui me touche le plus, vous ne serez pas surpris de mon choix, c’est Raging Bull de Scorsese, car il dépasse le simple film de sport. C’est un véritable drame social assorti d’une vraie mise en scène. Sinon, plus en lien direct avec mon film, j’irais pour le cinématographiquement puissant The Wrestler de Darren Aronofsky avec Mickey Rourke.

Cette entrevue a été réalisée sur invitation, dans le cadre de la 22e édition des Rendez-vous du cinéma d’UniFrance 2020, à Paris.

Les 10 films d’août 2021

Gros gros mois d’août en perspective. On verra arriver en salles Suicide Squad 2, la comédie québécoise Maria avec Mariana Mazza et le film d’animation tiré de la série télé pour enfants La Pat’ Patrouille. Aussi, le surprenant documentaire sur des prêtres ouvriers de Pointe-Saint-Charles, Les Fils, les films d’horreur Candyman et Don’t Breathe 2, le drame fantastique Reminiscence avec Hugh Jackman, l’histoire véridique d’un étalon de course intitulée Dream Horse avec Toni Collette et peut-être Flag Day de et avec Sean Penn. Ouf! Hormis tous ces titres, voici mes dix choix personnels en ce mois des lions.

1- OSS 117 : Bons baisers d’Afrique : Jean Dujardin enfile pour une troisième fois le costard de l’agent secret Hubert Bonisseur de La Bath dans une version réalisée cette fois-ci par l’humoriste Nicolas Bedos. Pierre Niney donnera la réplique à Dujardin en tant que OSS 1001 dans cette comédie aussi absurde qu’exotique. N.B. le titre en France est Alerte rouge en Afrique noire.

2- Free Guy (L’Homme libre) : Employé dans une banque, Guy, joué par Ryan Reynolds, découvre qu’il est en réalité un personnage de jeu vidéo. Cette comédie fantastique et estivale semble tout à fait prometteuse.

3- Respect : Avant son décès, la chanteuse Aretha Franklin a elle-même choisi Jennifer Hudson pour l’incarner dans ce drame musical biographique relatant son parcours incroyable à titre de reine de la soul music et du rhythm & blues.

4- Pleasure (Jessica) : Ce film nous propose d’entrer dans les coulisses du milieu de la porno par l’entremise d’une jeune Suédoise qui veut y faire carrière. Depuis sa présentation à Sundance, on ne dit que du bien de ce drame où, dans le rôle principal, la jeune actrice Sofia Kappel serait renversante.

5- Demonic : Neill Blomkamp, réalisateur du formidable District 9, récidive dans l’horreur surnaturel avec ce film présenté en grande première à la dernière Berlinale. La bande-annonce est à glacer le sang.

6- Live Story, chronique d’un couple : Film québécois qui pourrait devenir la surprise de l’été. Le drame se penche sur le père d’un jeune garçon, récemment séparé, qui vit sa crise de la quarantaine en tombant follement amoureux d’une femme qu’il avait perdu de vue, et ce, à travers les dédales de sa dépendance aux réseaux sociaux. Sébastien Ricard et Marilyn Bastien y sont en vedette.

7- Annette : Le nouveau et fort attendu long métrage de Léos Carax (Les Amants du Pont-Neuf) a récemment ouvert le Festival de Cannes. Marion Cotillard et Adam Driver sont les vedettes de ce drame mis en musique par le groupe Sparks.

8-Le Club Vinland : Le film a été retiré des salles trop rapidement à cause de la pandémie. Voilà qu’il reprend heureusement l’affiche. Assurément l’un des meilleurs films québécois de l’année.

9- Nine Days : Peu de choses transpirent de ce drame d’Edson Oda avec Bill Skarsgard (It) sinon que cette fable filmique tourne autour d’un homme dont la mission est d’assurer la gestion du processus de sélection des âmes appelées à s’incarner dans le corps des hommes sur Terre. On est très curieux.

10- Cinquième set : Les fans de tennis doivent voir ce drame sportif où un joueur trentenaire de bas du classement atteint de façon inattendue la finale d’un grand tournoi. Alex Lutz incarne à merveille cet athlète orgueilleux pris dans une relation toxique avec sa génitrice (jouée par Kristin Scott Thomas), inspirée par celle d’Andy Murray avec sa mère.

« Imperfectionnez-moi! »

Voilà un an, Le Guide de la famille parfaite devait prendre l’affiche. Pandémie oblige, c’est douze mois plus tard que le film réalisé par Ricardo Trogi et coscénarisé par Louis Morissette, François Avard et Jean-François Léger arrive enfin dans les salles québécoises et bientôt à l’international, résultat d’une entente de distribution mondiale avec Netflix.

Le long métrage, qui fait alterner les scènes dramatiques et comiques, explore l’anxiété de performance dans la société d’aujourd’hui en se faufilant dans le quotidien d’une famille recomposée. Louis Morissette joue le père d’une adolescente (Émilie Bierre) dont il exige autant la perfection artistique et sportive que scolaire. Ce papa poule a également un jeune garçon, Mathis (Xavier Lebel), qu’il a eu avec Marie-Soleil (Catherine Chabot), une femme qui désire plaire à tous avec un souci obsessionnel de perfection.

Originaire de Québec, Catherine Chabot a été vue au cinéma dans la comédie Menteur et à la télé dans la série Léo. Participant à la promo entourant la sortie du long métrage, elle a bien voulu nous dépeindre son personnage et les ambitions de ce film qui se penche sur un phénomène social fort actuel, l’anxiété de performance.

Catherine Chabot

Le Clap : Bonjour Catherine! Vous jouez Marie-Soleil…

Catherine Chabot : Bonjour Pierre. Avant, il faut que je vous dise, je viens de Québec et une chance qu’il y avait Le Clap. Ça a tellement été un lieu important pour moi, Le Clap m’a permis de voir des films d’un peu partout dans le monde.

Le Clap : (Rire) Bien. Voilà, c’est dit. Catherine, votre personnage dans le film en a beaucoup sur les épaules. Elle veut être parfaite comme mère, comme belle-mère et comme épouse. Même si l’histoire tourne à la base sur la relation difficile entre le père et sa fille, la description de l’anxiété de performance colle tout à fait à ce que vit votre personnage tout au long du film, non?

CC : Absolument. Quand j’ai eu le rôle, Louis et moi avons beaucoup discuté des instamoms. J’en ai suivi sur Instagram de ces mères parfaites, un peu artificielles, qui mettent leurs vies entières sur les réseaux sociaux. Marie-Soleil se met beaucoup de pression pour réussir son couple, être belle, fière de sa famille, réussir l’éducation de son fils, tout est là pour qu’elle craque éventuellement. Son problème d’anxiété se révèle par son désir d’élever son fils parfaitement et son obsession de performer aux yeux de tous dans la vie réelle et sur les réseaux sociaux. Elle a perdu sa boussole intérieure en voulant faire plaisir à tout le monde, en voulant être l’épouse parfaite et la mère idéale. Avec cette histoire, ces personnages, Louis Morissette nous tend un miroir et je crois sincèrement que beaucoup de famille vont se reconnaître là-dedans.

Émilie Bierre

Le Clap : Les deux enfants sont joués par le jeune Xavier Lebel et l’extraordinaire Émilie Bierre. Leurs rôles sont très importants, car c’est sur eux que se projettent les ambitions des parents. Émilie, vue dans Les Beaux Malaises, Une colonie et Les Nôtres, est à nouveau incroyable. Dans le cas de Xavier, il est haïssable pour mourir dans son rôle d’enfant roi totalement désagréable.

CC : Xavier est dans la famille de Louis, donc ça a été très facile durant le tournage de jouer avec lui. On a beaucoup ri lors de ses scènes. Il est brillant et très coquin. Émilie, elle, a une très grande sensibilité. Sur un plateau, elle traîne sa guitare. C’est une artiste à part entière. Son jeu dans chaque scène nous a jetés à terre. Elle a une grande intelligence émotive et dans le film, sa performance est percutante. Elle va faire pleurer tout le monde.

Le Clap : La promotion du Guide de la famille parfaite vous occupe beaucoup présentement mais sinon, à quoi ressemblera votre été?

CC : Je suis tellement heureuse que le film prenne enfin l’affiche après le report d’un an. Mon mariage aussi a été reporté, mais on a fait un bébé entre-temps, une petite fille qui a cinq mois et qui nous tient assez occupés merci cet été. Sinon, mon deuxième bébé, c’est mon prochain film. Dans les prochains jours, je me lance dans le tournage de la comédie Lignes de fuite que j’ai coscénarisée avec Émile Gaudreault et que je coréalise avec Miryam Bouchard.

Le Clap : En conclusion, quand on ira voir au cinéma Le Guide de la famille parfaite, que devra-on en retenir?

CC: Ce que le film nous dit, c’est que rien n’est plus intéressant que quelqu’un d’imparfait. Soyons imparfait et laissons-nous la possibilité de faire des erreurs dans la vie!

Le Guide de la famille parfaite, en salles dès le 14 juillet.

Les dix films à voir en juillet 2021

Louis Morissette et Catherine Chabot dans Le Guide de la famille parfaite.

Juillet sera le mois où le cinéma américain refera son apparition en salle et où notre attention sur les films à venir pour le reste de l’année sera en partie basée sur les échos que nous aurons du Festival de Cannes qui se déroula exceptionnellement du 6 au 17 juillet. Les divertissements familiaux seront nombreux à prendre l’affiche ce mois-ci. Notons Jungle Cruise, Space Jam 2: A New Legacy, Poly, Hotel Transylvania 4: Transformania, et The Boss Baby 2: Family Business. Plusieurs films de genre seront aussi offerts comme Escape Room 2: Tournament of Champions, The Forever Purge 5, Saint-Narcisse de Bruce LaBruce, le long métrage d’animation Josep ainsi que des productions internationales comme Il était une fois dans l’Est (Russie) et Les Z-Héros (Argentine). Voici en bref les dix films à voir ce mois-ci.

Ajout : KAAMELOTT – PREMIER VOLET : Le film sortira le 23 juillet au Québec, le distributeur MK2 | MILE END vient d’en faire l’acquisition dans le but de le sortir en salle ici. Excellente nouvelles pour les fans de la série française.

1- Le Guide de la famille parfaite : Après Le Mirage, Ricardo Trogi et Louis Morissette refont équipe pour nous offrir une comédie dramatique autour des attentes parfois trop élevées des parents envers leurs enfants. Catherine Chabot et Émilie Bierre sont aussi au générique.

2- Beans : Tracey Deer accouche d’un très beau film dont l’action se situe pendant la crise d’Oka en 1990. Beans, c’est une jeune Mohawk qui désire être acceptée des autres adolescents de la réserve. Autour d’elle, sa jeune soeur, un père engagé et une mère enceinte qui veut l’inscrire dans une école privée pendant que la tension monte entre les Autochtones et la SQ.

3- Stillwater : Dans ce film d’action, Matt Damon joue un foreur de pétrole américain qui se retrouve à Marseille pour libérer sa fille accusée à tort de meurtre.

4- The Green Knight (Le Chevalier vert) : Drame fantaisiste dans lequel Dev Patel plonge dans l’univers médiéval et revisité des chevaliers de la Table ronde et du roi Arthur.

The Green Knight avec Dev Patel.

5- Sam : Yan England dirige Antoine Olivier Pilon dans ce suspense sportif relatant le drame que vit un jeune nageur d’élite. Stéphane Rousseau donne la réplique au jeune et talentueux comédien.

6- Black Widow : Le blockbuster du mois met en vedette Scarlett Johansson à nouveau dans le rôle de l’héroïne de l’univers Marvel, personnage vu à plusieurs reprises chez les Avengers.

7- Snake Eyes: G.I. Joe Origins (Snake Eyes) : Le film d’action et de combats de l’été se déroulant au pays des ninjas. Henry Golding, vu notamment dans Crazy Rich Asians, joue le Snake Eyes en question dans ce troisième long métrage tiré de l’univers des figurines G.I. Joe.

8- Mandibules : La comédie la plus absurde de l’année. Quentin Dupieux nous plonge dans le quotidien de deux ratés sympathiques qui adoptent une mouche géante et s’entêtent à vouloir la domestiquer. Adèle Exarchopoulos, en survivante d’une commotion, est ici admirablement comique.

9- Seize printemps : Suzanne Lindon (fille de Vincent Lindon et de Sandrine Kiberlain) réalise ce film léger comme une brise d’été et centré sur une adolescente (qu’elle incarne avec naturel) qui tombera amoureuse d’un jeune comédien. Avec une touche de poésie, le film rappelle l’esprit de L’Effrontée ou de La Petite Voleuse avec Charlotte Gainsbourg.

10- Old : Adapté d’une formidable BD (Château de sable), ce film fantastique met en vedette Gael García Bernal et nous raconte comment un groupe de plagistes se retrouve piégé au bord de la mer, eux qui l’instant d’une journée se verront vieillir prématurément au gré des heures qui passent. M. Night Shyamalan réalise le tout.

Les films québécois à venir en 2021

Sylvain Marcel et Valérie Lemercier dans Aline.

La pandémie n’a qu’à peine réduit le nombre de tournages au Québec. Les films ont continué de se produire, mais dans des conditions plus difficiles compte tenu des normes sanitaires en vigueur sur les plateaux de tournage. De nombreux titres s’apprêtent à prendre l’affiche dans les 6 prochains mois, des longs métrages récemment tournés ou encore dont les sorties en salle furent reportées à cause des fermetures des cinémas de la province. Voici un survol rapide des films de fiction québécois qui prendront l’affiche d’ici la fin de l’année avec des dates prévisionnelles qui sont évidemment sujettes à changement.

Juillet : Ricardo Trogi nous offrira la comédie dramatique Le Guide de la famille parfaite avec Louis Morissette et Émilie Bierre. Nous pourrons aussi voir le film de genre Saint-Narcisse de Bruce LaBruce, le suspense sportif Sam réalisé par Yan England avec Antoine Olivier Pilon et le fort touchant Beans de Tracey Deer qui revient sur la crise d’Oka de 1990 à travers les yeux d’une adolescente.

Août : Au menu, la comédie La Face cachée du baklava, l’adaptation de la pièce Babysitter réalisée par Monia Chokri, le drame animalier tourné en Mauricie Le Loup et le lion, le drame Live Story avec Sébastien Ricard, la comédie Maria coscénarisée par Mariana Mazza et qui y tient le premier rôle, le film de zombies Brain Freeze avec Roy Dupuis, et le retour en salle du Club Vinland, avec Sébastien Ricard.

Septembre : En salle débarqueront le drame fantastique La Contemplation du mystère, Bootlegger de Caroline Monnet qui se déroule dans une réserve dans le Nord, Le Meilleur Pays du monde réalisé par Ky Nam Le Duc, la nouvelle version très attendue de Maria Chapdelaine concoctée par Sébastien Pilote, Les Oiseaux ivres d’Ivan Grbovic avec Claude Legault qui s’attarde au sort des travailleurs étrangers au Québec et pourraient Tu te souviendras de moi avec Rémy Girard, Il n’y a pas de faux métier d’Olivier Godin, Yankee de Stéphan Beaudoin, Archipel le nouveau film d’animation de Félix Dufour-Lapperrière, les coproductions A Brixton Tale, Memory Box et Best Sellers, sans oublier la comédie française Trois fois rien de Nadège Loiseau avec Antoine Bertrand.

Octobre, novembre et décembre : Au dernier trimestre, nous irons voir le nouveau Luc Picard intitulé Confessions, La Révision avec Patrice Robitaille qui sera aussi au générique de la comédie réalisée par Ken Scott Au revoir le bonheur, L’Arracheuse de temps de Fred Pellerin mis en images par Francis Leclerc, la très attendue coproduction Aline, inspirée de la vie de Céline Dion de et avec Valérie Lemercier et, aussi coproduit, The Power of the Dog réalisé par la grande Jane Campion.

Pour 2022, la liste est aussi longue avec Je suis Arlette de Mariloup Wolfe, l’adaptation du livre de Romain Gary Chien blanc par Anaïs Barbeau-Lavalette, La Bataille de Farador tourné à Québec par Édouard A. Tremblay, Au nord d’Albany de Marianne Farley, Motherhood de Meryam Joobeur, Testament de Denys Arcand, l’adaptation du roman Le Plongeur par Francis Leclerc, l’adaptation de la pièce Lignes de fuite par Miryam Bouchard et Les Jours heureux de Chloé Robichaud. Notons que plus de 80 autres projets de films de fiction québécois ont présentement obtenu du financement (scénarisation/production) des gouvernements fédéral et/ou provincial. Une quarantaine de fictions locales prennent l’affiche au cinéma annuellement au Québec.

Farador, la suite

La Bataille de Farador est un court métrage humoristique de treize minutes, devenu rapidement culte auprès d’une clientèle avide d’oeuvres marginales et un peu nichées sortant du champ gauche. Depuis son lancement, en 2005, ce court a été vu par plus de deux millions de personnes dans le monde grâce à son apparition sur plusieurs plateformes (dont YouTube). Réalisé à l’époque en trois jours dans le cadre du Kino Kabaret de Vitesse Lumière, défunt festival de cinéma de la ville de Québec dédié au cinéma fantastique, Farador a depuis voyagé autour du monde en étant programmé dans plusieurs festivals internationaux. Farador a même raflé plusieurs prix pour son humour, notamment à Juste pour rire en 2005 et au Grand Rire Bleu en 2006, profitant ensuite d’une sortie DVD sur la compilation Tom et ses chums.

Tournage à Sainte-Foy de La Bataille de Farador. Crédit photo Raphaël B. Lévesque

Le réalisateur de Québec, Édouard A. Tremblay, est à l’origine du court métrage et se retrouve aussi aux commandes de la version longue dont le tournage se déroule ce printemps, principalement à Québec. « Principalement » car la production, dotée d’un budget de 2,5 millions de dollars, a comme partenaire financier la Belgique. On prévoit donc envoyer bientôt une partie de l’équipe au plat pays pour y terminer le tournage du film.

La Bataille de Farador met en scène à l’origine quatre amis réunis autour du jeu Donjons et dragons. Le long métrage qui en découle reprend le même univers là où se terminait l’histoire, ou à peu près, voilà plus de quinze ans. Nous retrouverons donc les mêmes personnages dans leur quotidien mais aussi, inévitablement et pour notre plus grand bonheur, dans des scènes tirées de l’imaginaire relié au célèbre jeu de rôles.

Si dans le film, Édouard A. Tremblay se donnait le premier rôle, celui de Tom, ici, il se contente d’être aux commandes comme réalisateur, aidé du directeur photo François Gamache. Des acteurs professionnels, dont Éric K. Boulianne qui joue Charles, le maître de jeu (aussi coscénariste, au même titre que Tremblay et Daniel Boulanger, ex-membres de Phylactère Cola), reprennent les rôles principaux accompagnés notamment par Catherine Brunet (qui interprète Kim, la soeur de Charles). Rappelons que le court métrage faisait au départ partie d’une série de courts films conçus autour des aventures de Tom et de ses amis dans le centre-ville de Québec.

De gauche à droite : Erik K. Boulianne, Edouard A. Tremblay, Catherine Brunet

Bref, l’histoire du long métrage sera maintenant centrée sur Charles qui ne vit que pour mettre en scène le jeu de rôles avec ses colocs Guillaume et Louis. Quand sa soeur revient d’Europe, il sera confronté à sa triste réalité en se demandant ce qu’il veut faire de sa vie? Ce combat intérieur prendra aussi forme dans son imaginaire fantaisiste. D’ailleurs, une scène épique de guerre médiévale a été tournée dans le secteur de Valcartier pour l’occasion et devrait s’avérer, comme pour le court métrage, l’un des moments forts du film.

La boîte de production de Québec Parallaxes est le producteur principal de Farador alors que la Belgique, elle, contribue à plus du tiers du budget du film. L’Ontario pourrait aussi se joindre au montage financier qui, présentement, permet près de 25 jours de tournage. L’argent amassé a notamment permis à l’équipe de tourner plusieurs scènes dans un bungalow de Sainte-Foy, transformé en maison de geek médiéval par la directrice artistique Paskale Jobin, elle qui a tapissé chaque pièce de la demeure aux allures vintage de figurines et d’armes tout droit sorties du Moyen Âge.

Crédit photo : Raphaël B. Lévesque

TVA Films distribuera en salle La Bataille de Farador qui devrait prendre l’affiche vers la fin de l’année 2022. En attendant, vous pouvez découvrir ou revoir avec plaisir le court métrage original.

Un conte qui a du pif

Pinocchio de Matteo Garrone.

Une nouvelle version des Aventures de Pinocchio arrive en salle ce mois-ci. C’est Matteo Garrone, réalisateur italien émérite de Gomorra et Dogman qui s’est attelé à adapter de nouveau le conte écrit par Carlo Collodi en 1881.

La sortie à l’échelle mondiale de son film a été chaotique et s’est échelonnée sur plus d’un an et demi (dans les cinémas italiens puis à la Berlinale en primeur hors compétition). La pandémie a causé bien des soucis à sa distribution, tellement qu’Amazon Prime l’a même offert en ligne au printemps 2020 avant que le long métrage ne retrouve le chemin des salles ces derniers mois. La sortie de cette xième version du conte bâti autour de cette marionnette en bois qui devient un enfant nous permet de revenir rapidement sur les différentes adaptations réalisées au fil des ans comme sur celles à venir.

Après un film muet italien lancé en 1911, c’est Walt Disney qui est le premier à produire, avec succès en 1940, une version grand public du conte en dessins animés. Ce deuxième long métrage des studios Disney, après Blanche-Neige, deviendra un grand classique du cinéma d’animation. Notons par la suite la diffusion télévisuelle de l’inoubliable et baroque version de Luigi Comencini, une minisérie qui fut traduite et mise à l’horaire de la télé québécoise au milieu des années 70. Puis, en 1977, de ce côté-ci de l’Atlantique, c’est l’ONF et John Weldon qui s’y collent en nous offrant Spinnolio, un court métrage parodique autour du personnage de Pinocchio dont le nez, faut-il le rappeler, s’allonge à chaque mensonge.

En 1996, Martin Landau et Geneviève Bujold sont en vedette dans une coproduction bancale, réalisée au coût de 25 millions de dollars par Steve Barron, un film tout simplement intitulé Les Aventures de Pinocchio. Puis en 2002, c’est Roberto Benigni, fort du succès de La Vie est belle, qui décide lui aussi de proposer son point de vue sur l’oeuvre de Collodi. L’acteur et réalisateur y jouera sans conviction le pantin, avec comme résultat un bide monumental, à la fois critique et public. Deux ans plus tard, retour au film d’animation avec la coproduction canadienne Pinocchio 3000 de Daniel Robichaud qui voit le célèbre pantin parachuté dans un univers futuriste sous la forme d’un robot. Sans être la vedette principale, le personnage de Pinocchio fera son apparition dans plusieurs autres longs métrages d’animation, notamment dans les films Shrek.

Puis en 2020, marqué dans son enfance par ce conte intemporel, le cinéaste italien Matteo Garrone nous offre son Pinocchio pour lequel il a engagé Roberto Benigni pour jouer Geppetto. Soulignons que quelques années plus tôt, Garrone s’était fait les dents avec son drame fantaisiste Tale of Tales qui explorait l’univers des fées et des ogres en mettant en scène Vincent Cassel et Salma Hayek dans un univers visuel aussi singulier que coloré.

Enfin, en 2022, deux projets sont aussi sur les rails. De un, Disney entend lancer sa version en prises de vues réelles dans laquelle on retrouvera Tom Hanks en Geppetto et Benjamin Ainsworth (vu dans la série The Haunting of Bly Manor) dans celui de Pinocchio. Robert Zemeckis réalise le tout pour 150 millions. Et de deux, Guillermo Del Toro travaille sur un Pinocchio musical tourné en image par image (stop motion) pour la plateforme Netflix. À suivre!

Pinocchio de Matteo Garrone arrive en salle au Québec dès le 11 juin.

Juin 2021 en 10 films

Souterrain, film réalisé par Sophie Dupuis.

Le mois de la fin des classes sera la période où plusieurs films d’animation grand public prendront place sur les écrans. Soulignons à ce titre les sorties de Vivo, Spirit : l’Indomptable, Luca et Pierre Lapin 2. Ce sera également le mois du lancement du neuvième Fast & Furious et de la comédie musicale très attendue In the Heights. Mais encore, juin accueillera enfin le deuxième long métrage de Sophie Dupuis, Souterrain, dont le lancement a été repoussé à deux reprises. Voilà plusieurs bonnes raisons pour revivre l’expérience en salle! Bref, voici les dix films à surveiller ce mois-ci.

Souterrain : Après le survitaminé Chien de garde, voici le second film de Sophie Dupuis, qui, de son coin de pays (Val-d’Or), nous raconte un drame minier dans lequel joue l’étonnant Joakim Robillard et le toujours brillant Théodore Pellerin. La sortie québécoise à ne pas manquer ce mois-ci.

Fast & Furious 9 (Rapide et dangereux 9) : Bon, que dire de plus sinon qu’on va entendre des moteurs se faire rincer et sentir le caoutchouc cramé durant un bon deux heures, et ce, au grand plaisir de plusieurs irréductibles. Le cinéma, ça sert aussi à ça.

In the Heights (D’où l’on vient) : En plein coeur de l’été, à New York, au sein de la communauté dominicaine. Une romance entre les jeunes Nina et Benny prend forme, le tout enjolivé de chansons et de numéros de danse. Les attentes sont élevées pour ce film d’ados qui promet d’être très rassembleur.

Pinocchio : Matteo Garrone (Dogman) adapte à son tour le classique de Carlo Collodi et en profite pour faire un clin d’oeil à la version de Roberto Benigni en donnant à l’acteur le rôle de Geppetto. Le résultat, bien qu’inégal, suscitera une réelle curiosité et s’avère visuellement magnifique.

Le Mariage de Rosa : Cette comédie romantique en provenance de l’Espagne profite d’une fort belle réputation. Le long métrage se penche sur Rosa, 45 ans, qui, voulant s’émanciper, verra chaque membre de sa famille la conseiller a contrario sur ce qui est le mieux pour elle.

Adieu les cons : La toute dernière comédie d’Albert Dupontel est sortie grande gagnante de la dernière cérémonie des Césars. Virginie Efira y joue Suze, une femme qui, se sachant condamnée par la maladie, tente par tous les moyens de retrouver son fils qu’elle avait donné en adoption à sa naissance.

Luca : La nouvelle production de Disney promet d’être ensoleillée puisque son récit se déroulera sur la côte italienne. Dans ce petit coin de paradis, le jeune Luca se fera un nouvel ami qui, malgré son apparence humaine, s’avère être en réalité un monstre venu d’un monde sous-marin.

Ondine : Cette nouvelle réalisation du cinéaste Christian Petzold s’inspire d’un conte du XIXe siècle pour mieux mettre en scène une romance touchant aussi au fantastique et tablant sur la beauté de l’architecture berlinoise. Un drame teuton en partie aquatique et à la facture très singulière.

The Hitman’s Wife’s Bodyguard (La Femme de mon meilleur ennemi) : Ryan Reynolds et Samuel L. Jackson refont équipe dans cette nouvelle comédie d’action où les anti-héros devront mettre un terme à un complot international. Salma Hayek, Antonio Banderas et Morgan Freeman se joignent au duo pour le meilleur ou pour le pire.

The Conjuring 3: The Devil Made me Do It (La Conjuration 3 : sous l’emprise du diable) : Les enquêteurs de phénomènes paranormaux, Ed et Lorraine Warren, reprennent du service pour notre plus grand bonheur. Ça va crier d’effroi dans la salle!