Décembre 2019 en 10 titres (adieu la Pyramide)

Bombshell avec Charlize Theron, Nicole Kidman et Margot Robbie.

Pendant que les films des Fêtes comme Playmobil: The Movie, Spies in Disguise et Jumanji Next Level prendront l’affiche, voici les 10 films à voir en priorité durant le mois de décembre qui conclut cette fort belle année cinématographique et qui coïncide avec l’ouverture fort attendue du nouveau CLAP de Place Ste-Foy et de ses douze salles à la fine pointe de la technologie. Adieu la Pyramide et merci pour toutes ces belles années !

1- Bombshell (Scandale) : Margot Robbie, Nicole Kidman et Charlize Theron réunies dans un long métrage sur les accusations de harcèlement sexuel qui ont été portées contre le dirigeant de de Fox News en 2016. Un sujet d’actualité et un trio d’actrices formidable, que demander de plus?

2- Cats : Après Les Misérables, Tom Hooper réalise avec Cats une seconde comédie musicale inspirée par l’immense succès sur Broadway de l’originale. Les attentes sont immenses pour ce film aux costumes, aux maquillages et aux effets spéciaux stylisés et qui regroupe au grand écran Taylor Swift, Judi Dench et Jennifer Hudson.

3- Waves : La rumeur fait de plus en plus de cas de ce film doux amer réalisé par Trey Edward Shults qui avait épaté la galerie il y a deux ans avec son drame d’horreur It Comes at Night. Ici, c’est sur les aléas de deux couples dans le sud de la Floride qu’il braque sa caméra. On est très curieux.

4- Richard Jewell (Le Cas Richard Jewell) : Sans crier gare, Clint Eastwood nous lance sa nouvelle réalisation, un drame social, historique et judiciaire racontant les dessous de l’affaire Richard Jewell. Cet homme est passé de héros à suspect lors d’une tentative d’attentat terroriste perpétré pendant les Jeux d’Atlanta en 1996.

5- La Belle Époque : Nicolas Bedos regroupe Daniel Auteuil, Fanny Ardant, Guillaume Canet et Doria Tillier dans un récit fantastique où un homme réussit, grâce à une entreprise spécialisée, à revivre une époque importante de sa vie.  À la direction photo, le Québécois Nicolas Bolduc.

6- Mad Dog & The Butcher, les derniers vilains : Thomas Rinfret signe un documentaire crépusculaire sur la famille Vachon, celle des mythiques lutteurs, Maurice Mad Dog, Paul the Butcher le survivant, mais aussi de Vivian et Luna. À voir!

7- Star Wars: The Rise of Skywalker (Star Wars : l’ascension de Skywalker) : Que dire sur ce nouvel opus sinon qu’il fera exploser bien évidemment le box-office.

8- Les Éblouis : Camille, douze ans, se rebelle contre ses parents lorsque ceux-ci forcent toute la famille à intégrer une secte chrétienne dont le dirigeant exige que l’adolescente abandonne ses cours de cirque. Jean-Pierre Darroussin en gourou de service vaut le coup d’œil.

9-Little Women : L’actrice Geta Gerwig réunit devant la caméra Saoirse Ronan, Meryl Streep, Emma Watson, Laura Dern et Timothée Chalamet pour une nouvelle adaptation pour le grand écran du roman de Louisa May Alcott aussi connu sous le tire des Quatre filles du docteur March.

10- Merci pour tout : La perte du père est au cœur du drame québécois Réservoir qui sortira en décembre et ce thème alimente également cette comédie de Louise Archambault qui vient tout juste de nous offrir Il pleuvait des oiseaux. Sa nouvelle réalisation se déroule aux îles de la Madeleine et met en scène deux sœurs, jouées par Julie Perreault et Magalie Lépine-Blondeau qui, allant répandre les cendres de leur crapule de père, transportent avec elles un magot fort convoité.

 

Sarajevo mon amour!

Sympathie pour le diable, réalisé par Guillaume de Fontenay.

Sympathie pour le diable a fait le tour du monde à l’automne dans différents festivals avant de finalement prendre l’affiche au Québec et en France à la fin du mois de novembre. Le film était annoncé depuis plusieurs années et sa production s’est éternisée pour différentes raisons. À l’approche du lancement du film, son réalisateur, le Québécois Guillaume de Fontenay, nous a parlé avec fébrilité et passion de son premier long métrage de fiction. Au téléphone, avec un timbre de voix rappelant celui de Serge Denoncourt, le cinéaste s’est confié en long et en large sur la conception de ce drame bouleversant qui revient sur le siège sanglant de Sarajevo en 1992.

PB : Quand j’ai lu votre nom associé à la réalisation du film, je croyais que vous étiez Français alors que, bien au contraire, vous naviguez depuis longtemps dans le milieu de la pub au Québec, non?

Guillaume de Fontenay, réalisateur. Crédit photo : Shayne Laverdière.

GDF: Oui, effectivement. Je viens du milieu du théâtre au départ et je me suis promené beaucoup en Europe. Puis, la pub est arrivée dans ma vie. J’étais directeur artistique à la base, puis je suis devenu réalisateur de publicités. J’ai travaillé avec Jean-Marc Vallée et Denis Villeneuve dans ce milieu durant des années. Ça me permettait de vivre de mon métier et d’apprendre à être à un technicien potable, disons.

PB : Paul Marchand, l’auteur du livre qui a inspiré votre film est aujourd’hui décédé. Il a fait beaucoup parler de lui au Québec dans les années 90. Déjà à l’époque, on parlait d’adapter Sympathie pour le diable au grand écran. Pour y parvenir, ça semble avoir pris une éternité.

GDF : Oui!! Ça a été une longue bataille. En 1997, j’ai lu son ouvrage et je voulais en faire un show de théâtre avec Paul justement. Il était à Beyrouth à ce moment-là et revenait de Sarajevo. Il avait connu la guerre civile et il avait vu des choses atroces en exerçant son métier de reporter de guerre. Paul est un personnage au départ antipathique et pourtant, rapidement, on pouvait déceler chez lui sa fragilité, sa grande sensibilité. C’était un humaniste révolté, un homme d’une grande intelligence. En 2005, j’ai finalement présenté le projet de film à la productrice Nicole Robert. Le scénario s’est bouclé tout juste avant son suicide en 2009. Peu avant son décès, Paul m’a dit : « Fais un bon film ». Ensuite, il est entré en psychiatrie et s’est donné la mort. La vie de Paul Marchand en entier est un film de fiction en fait. Cet homme était marqué fortement par ses années à couvrir des conflits armés. Il se brouillait avec tout le monde, il sabotait beaucoup de choses. C’était pour lui une sorte de moyen de défense. Il faut se rappeler que ce grand escogriffe de 6 pieds 4 pouces est parti au front comme journaliste, au Liban, alors qu’il n’avait que 23 ans. Des années plus tard, dans ses reportages, sa révolte face à la communauté internationale qui ne foutait rien pour empêcher la tuerie de Sarajevo était très palpable.

PB : Niels Schneider interprète de façon formidable Paul Marchand dans le film. Il fallait qu’il soit à la fois détestable et charismatique. Pour vous, il était le « parfait Paul »?

GDF : Absolument. Dès les auditions, Niels s’est imposé. Il a un talent incroyable. L’un de ses frères est mort dans un violent accident de voiture donc il y a cette fêlure chez lui, cette fragilité et aussi en même temps un côté poseur et grande gueule comme Paul Marchand.

PB: Votre film résume bien toute la folie de la guerre de Sarajevo sans chercher à trouver des coupables.

GDF : Tout à fait. C’est une ville qui a été bombardée de façon intensive durant des mois. 330 obus par jour étaient envoyés sur les édifices. 12 000 morts, 50 000 blessés, c’est ça le bilan morbide pour cette ville olympique autrefois magnifique. C’est une cité de la grandeur de Québec. Les Serbes bombardaient les Bosniaques et les Croates, mais aussi les Serbes qui vivaient sur place. C’est totalement fou!

PB : On le tourne comment ce long métrage afin, qu’à l’écran, il soit le plus crédible et réaliste possible?

GDF : Premièrement, on a tout tourné à Sarajevo. Des dizaines d’édifices sont toujours démolis. On a fait un petit peu de postproduction pour le Holiday Inn et c’est presque tout. Le reste, c’est Sarajevo aujourd’hui, inchangée, une ville meurtrie avec les cicatrices du carnage encore bien visibles. On a abandonné cette cité, on a abandonné la Bosnie. Sur place, malgré quelques suspicions, on a été accueilli avec joie. On a gagné la confiance des locaux en faisant un film sensible à leur réalité. J’étais le seul Québécois sur place. Il y avait quelques Français, mais sinon l’équipe était bosniaque. Et le travail de reproduction pour les décors et les accessoires a été incroyable.

PB : Dans la scène du bar, les gens dansent au son d’Enola Gay du groupe OMD, chanson qu’on entendait aussi dans Valse avec Bachir, un film qui a beaucoup d’affinités avec le vôtre. C’est un hasard?

GDF : Non, le lien est clair, Valse avec Bachir m’a marqué, c’est un film très profond qui parlait de la guerre du Liban, du choc post-traumatique et des problèmes de mémoire. Le mien est lié aux souvenirs de Paul Marchand, à sa façon de voir les choses et de croiser son point de vue avec ceux des autres journalistes qui étaient eux aussi à ses côtés à Sarajevo à l’époque. C’est assez similaire avec le film d’animation d’Ari Folman.

PB : Vous avez filmé en format 4/3 plutôt qu’en 16/9, le format habituel du cinéma. Pourquoi?

GDF : C’est parce que je ne voulais pas embellir la guerre, je voulais faire un long métrage immersif pour le spectateur, qu’on accompagne le personnage de Paul sur le terrain. De plus, le 4/3 permettait de respecter le format journalistique de l’époque à la télé.

PB : Quelle est selon vous la plus belle qualité de Sympathie pour le diable?

GDF : C’est mon premier long métrage, mais je crois qu’en ayant œuvré en pub durant des années, on peut voir que j’ai appris à travailler de façon très rigoureuse. En toute humilité, je pense avoir imposé un souci de réalisme qui transpire à l’écran. Le travail de reproduction me satisfait beaucoup. Le film est à la fois radical et très humain. Ça aussi, ça me rend très fier. Parler de ce conflit qui date, c’est aussi parler de ce qui se passe aujourd’hui en Syrie ou encore au Mexique où les meurtres liés au trafic de drogue sont légion. Parce qu’on nage en pleine désinformation médiatique, Sympathie pour le diable est une œuvre essentielle et très actuelle selon, un film qui raisonne sur ce qui se passe dans le monde d’aujourd’hui.

Les titres qui devraient se démarquer aux Oscars

Once Upon a Time in Hollywood de Quentin Tarantino

Dans environ deux mois, nous connaîtrons les nommés dans les différentes catégories aux Oscars 2020. La cérémonie, je le rappelle, aura lieu le 9 février. D’ici là, on connaîtra les gagnants des différents galas américains consacrés au cinéma dont les Golden Globes qui verra sa soirée de remises de prix se tenir le 5 janvier prochain. Amusons-nous à prédire les films qui, lors des Oscars, se feront la lutte dans la catégorie suprême de « Meilleur film de l’année 2019 ». Dix films au total peuvent être sélectionnés dans cette catégorie. Voici mes prédictions, et non mes choix personnels :

Once Upon a Time in Hollywood : Difficile d’ignorer le plus récent Tarantino sauf si la manie du cinéaste de jouer avec l’Histoire en vient à rebuter les membres de l’Académie.

Ad Astra : James Gray a bonne réputation, Brad Pitt aussi, et les films philosophico-spatio-familiaux suscitent l’admiration d’une certaine frange de cinéphiles américains.

Charlize Theron, Nicole Kidman et Margot Robbie dans Bombshell.

Joker : Le film de Todd Phillips y sera, c’est sûr. Sa mise en scène troublante à la Taxi Driver pourrait cependant lui nuire pour l’obtention de l’ultime statuette.

Bombshell : Une thématique des plus actuelles (#metoo) et un trio d’actrices de haut calibre (Kidman, Robbie, Theron) devraient permettre à ce long métrage de se glisser dans le peloton de finalistes.

The Irishman : Même si elle émane de Netflix, la plus récente réalisation de Scorsese réunissant De Niro et Pacino sera assurément des finalistes.

Little Women : Hollywood adore ce genre de production tirée d’un classique de la littérature et qui dégouline de bons sentiments. Tout ça, autour d’une distribution foisonnant d’actrices de renom (Saoirse Ronan, Emma Watson, Meryl Streep).

Rocket man

Rocket Man : Ce drame, c’est la vie incroyable d’Elton John, ses chansons qu’on fredonne avec joie, son histoire touchante illustrée dans une mise en scène colorée. Bref, tout est là pour faire de ce biopic un favori de la compétition.

Marriage Story: Une autre production Netflix. Adam Driver et Scarlett Johansson jouent un couple au bord du divorce. Les critiques américains soulignent qu’il s’agit du meilleur film de Noah Baumbach. À surveiller!

– Parasite : La clameur internationale souligne unanimement depuis Cannes le brio de ce film sud-coréen à la fois drôle, étrange et brillant. Cela l’amènera-t-il jusqu’aux Oscars dans la plus prestigieuse des catégories? C’est un pari risqué.

1917: Sam Mendes sait comment faire du grand cinéma. Son drame historique portant sur la fin de la Première Guerre mondiale devrait l’amener en finale.

Enfin, voici en rafales les autres titres qui pourraient s’immiscer parmi les dix finalistes : Cats, La Vérité, Just Mercy, ClemencyA Hidden LifeDouleur et gloire, Jojo Rabbit, Ford v Ferrari, Dark Waters, Waves, Harriett, A Beautiful Day in the Neighborhood, Uncle Gems, Richard Jewell, The Last Black Man in San Francisco.

Dix films à voir en novembre 2019

Doctor Sleep avec Ewan McGregor.

Novembre sera un mois essoufflant. On sera écartelé entre une pléthore de titres qui inonderont les grands écrans lors de la période la plus fertile en cinéma de l’année. Des productions québécoises comme Jouliks (Mariloup Wolfe) et Une manière de vivre (Micheline Lanctôt) tenteront de se faire une place parmi des blockbusters tels que Midway, Charlie’s Angels et Frozen 2. On surveillera aussi les sorties de « films à performance » comme A Beautiful Day in the Neighborhood avec Tom Hanks, The Good Liar avec Helen Mirren et Ian Mckellen et Frankie avec Isabelle Huppert, ainsi que du plus récent film de Claude Lelouch, Les Plus Belles Années d’une vie venant clore la trilogie d’Un homme et une femme. Et tout ça, c’est sans compter les 10 titres suivants, qui selon moi, sont à mettre en priorité dans votre agenda du mois des morts ! N.B. Les films Parasite, Douleur et gloire et Jojo Rabbit, prenant tous finalement l’affiche à Québec en novembre, ont été répertoriés dans les films à voir en octobre.

1- Doctor Sleep (Docteur Sleep) : Difficile de passer à côté de l’adaptation du livre de Stephen King qui est la suite de The Shining, Étrangement, dans la bande annonce on semble faire beaucoup référence au film de Stanley Kubrick qu’avait à l’époque renié King. Mais bref, Ewan McGregor joue la version adulte de Danny Torrance, un homme troublé par ses pouvoirs et son passé.

2- Motherless Brooklyn (Les Ombres de Brooklyn) : La rumeur veut qu’Edward Norton livre une performance remarquable dans ce drame policier. Il y interprète un détective atteint du syndrome de Gilles de la Tourette chargé de résoudre le meurtre de son ami et mentor dans le New York des années 50.

3- Ford v Ferrari (Ford contre Ferrari) : Christian Bale en pilote de course téméraire et Matt Damon en ingénieur audacieux font la paire dans ce drame sportif historique se déroulant en 1966 lors des 24 Heures du Mans. Du divertissement pur jus.

Benoît Gouin et Nahéma Ricci dans Antigone.

4- Antigone : C’est le film qui représentera le Canada aux Oscars dans la catégorie du Meilleur film de langue étrangère. C’est aussi un drame mis en scène avec ingéniosité par Sophie Deraspe autour du mythe d’Antigone, mais recadré dans le Montréal actuel autour d’une famille d’immigrants algériens prise dans la tourmente. Dans le rôle principal, Nahéma Ricci perce littéralement l’écran. À voir!

5- Terminator – Dark Fate (Terminator – Sombre destin) : On vit d’espoir avec ce sixième opus de la série de films. On nous ramène Linda Hamilton pour l’occasion, Arnold Schwarzenegger y est toujours, alors qu’aux commandes du film, on retrouve Tim Miller, réalisateur du premier Deadpool.

6- Le Daim : Jean Dujardin tient la vedette dans la nouvelle comédie mise en scène par Quentin Dupieux. L’acteur y joue un homme obsédé par sa veste en daim, terré dans un petit village, prétendant tourner un film. Jusqu’où ira son délire? Ce court thriller absurde (1 h 15 min seulement) réjouira les fans du cinéaste ou encore de Bertrand Blier.

7- Monos : La curiosité du mois, une sorte de Sa Majesté des mouches tournée dans la jungle colombienne. La photographie est épatante, les images luxuriantes, et l’univers des adolescents-soldats profondément cruel. Franchement, un film exotique totalement maîtrisé.

8- Alice et le maire : Les rumeurs sont élogieuses concernant cette nouvelle comédie douce-amère, mettant en vedette Fabrice Luchini dans le rôle d’un maire démotivé qui profitera des conseils d’une jeune philosophe jouée par la toujours excellente Anaïs Demoustier.

9- Dark Waters : Ce drame judiciaire, historique, journalistique et environnementaliste est réalisé par le brillant Todd Haynes (Carol). Mark Ruffalo y joue l’avocat qui découvre un scandale relié à la pollution de l’eau en Virginie.

10- Les Barbares de La Malbaie : Réalisé par Vincent Biron (Prank), cette comédie dramatique se déroulant dans Charlevoix s’intéresse à un joueur de hockey (joué par Phillipe-Audrey Larrue-St-Jacques) qui n’a jamais pu atteindre la LNH et à son jeune cousin qui devient son agent. On a définitivement envie que ce soit bon!

Oscars au féminin

Dans la catégorie Meilleure actrice dans un rôle principal en vue de la prochaine cérémonie des Oscars prévue le 9 février prochain, quels sont les noms qui circulent actuellement et qui devraient se retrouver finalistes selon les rumeurs et les prévisions?

Renée Zellweger : Si le film Judy n’est pas mémorable, tous saluent la performance de l’actrice dans ce long métrage biographique se penchant sur le chant du cygne de l’actrice et chanteuse Judy Garland.

Scarlett Johansson : Dans Marriage Story, une production Netflix, la comédienne se surpasse selon les experts alors qu’elle forme avec Adam Driver un couple au bord du divorce.

Saoirse Ronan : L’actrice irlando-américaine est la tête d’affiche de la nouvelle version de Little Women dans laquelle on retrouve également Meryl Streep et Emma Watson. Sa performance serait irréprochable dans cette réalisation signée Greta Gerwig.

Saoirse Ronan dans Little Women.

Charlize Theron, Nicole Kidman, Margot Robbie : Les rumeurs sont plus que positives et font l’éloge du trio d’actrices dominant la distribution du drame Bombshell portant sur les coulisses du réseau Fox News. Réussiront-elles à toutes se démarquer aux yeux de l’Académie pour être finalistes?

Juliette Binoche : La Vérité, le tout dernier film du Japonais Hirokazu Kore-eda, devrait prendre l’affiche aux États-Unis à Noël et on s’est beaucoup attardé sur la finesse de jeu de Juliette Binoche dans ce drame où elle donne la réplique à Catherine Deneuve.

Parmi les autres noms qui circulent, notons Felicity Jones pour son rôle dans The Aeronauts, Helen Mirren dans The Good Liar, Emily Beecham dans Little JoeJodie Turner-Smith pour Queen & Slim, Cynthia Erivo dans le drame biographique Harriet et Alfre Woodward pour sa performance dans le drame judiciaire Clemency. À suivre le 13 janvier lors de l’annonce des nommées, d’ici là, voici la bande annonce de Bombshell.

Antigone, un candidat de choix aux Oscars

Antigone, réalisé par Sophie Deraspe.

Antigone, le film de Sophie Deraspe qui prendra l’affiche en novembre, est le candidat du Canada pour l’Oscar du Meilleur film international (Meilleur film en langue étrangère). Au total, 93 films de 93 nations différentes ont été soumis dans cette catégorie cette année. Un record! La liste complète vient d’être dévoilée par l’Académie.

Quand on regarde les nommés, pays par pays, Antigone fait belle figure. Évidemment, plusieurs titres méconnus pourraient surprendre et être finalistes. Mais si nous regardons de près les films qui peuvent faire compétition au candidat canadien, la liste est courte. Il y a Douleur et gloire d’Almodóvar pour l’Espagne, Le Traître de Marco Bellocchio pour l’Italie, Papicha pour l’Algérie, le très beau Monos pour la Colombie, Les Misérables pour la France, Parasite pour la Corée du Sud et deux coproductions canadiennes, Gaza, documentaire représentant l’Irlande et It Must Be Heaven, tourné à Montréal et nommé pour la Palestine.

En décembre, neuf titres seront sélectionnés sur les 93 pour la finale et les cinq longs métrages finalistes seront eux annoncés le 13 janvier prochain. La soirée des Oscars aura quant à elle lieu le 9 février 2020. Pour voir la liste des 93 titres : https://bit.ly/2VnudLP 

Octobre 2019 en dix titres

Joaquin Phoenix dans Joker.

À vue de nez, octobre 2019 est un mois appétissant, regorgeant de nombreux titres associés au cinéma de genre. Dans le calendrier de sorties, des productions québécoises côtoient des films étrangers primés à Cannes et Venise, des œuvres de science-fiction, d’horreur et même des comédies fantaisistes. Voici les dix longs métrages à voir en priorité ce mois-ci.

1- Joker : Déjà, les rumeurs vont bon train concernant la nomination assurée aux Oscars de Joaquin Phoenix comme meilleur acteur. La bande-annonce fait saliver, la proposition semble audacieuse et tourne le dos au schéma habituel des films de superhéros. Ce film consacré aux origines de l’ennemi ultime de Batman, réalisé par Todd Phillips, est définitivement l’un des plus attendus de 2019.

2- Matthias et Maxime : Huitième long métrage réalisé par Xavier Dolan, écrit par Xavier, avec Xavier dans le rôle de Maxime. Le film contient les morceaux de bravoure ou les tics habituels de mise en scène du cinéaste, c’est selon, avec comme personnages secondaires des mères au maquillage et aux costumes outranciers et surtout, et fort heureusement, Camille Felton, formidable en jeune étudiante au phrasé franglais surréaliste.

3- Kuessipan : Myriam Verreault transpose avec beaucoup de talent au grand écran le roman de Naomi Fontaine dépeignant les destinées de deux adolescentes autochtones issues d’une réserve près de Sept-Îles. L’une veut poursuivre ses études, l’autre devient mère au foyer. Un fort beau film teinté d’espoir et éloigné de tout misérabilisme.

4- Jojo Rabbit : L’histoire a de quoi séduire. Dans l’Allemagne de la Seconde Guerre, un jeune garçon a comme ami imaginaire Adolf Hitler. Lorsque sa mère héberge une jeune Juive qui craint pour sa vie, les choses se gâtent. On nage en pleine comédie surréaliste avec ce film du Néo-Zélandais Taika Waititi jouant Hitler de façon loufoque et décomplexée aux côtés de Scarlett Johansson.

5- Les Fleurs oubliées : André Forcier est de retour en nous ramenant le frère Marie-Victorin dans un Montréal dystopique dont la flore et la faune sont plus que jamais menacées. Yves Jacques et Roy Dupuis s’amusent à incarner le célèbre botaniste et un apiculteur idéaliste.

6- Parasite : À la fois comédie, drame social et suspense flirtant avec l’horreur, ce film atypique de Boog Joon-ho a reçu la Palme d’or lors du tout dernier Festival de Cannes. Il met en scène une famille de Bougon s’immisçant chez une famille bourgeoise. Assurément l’un des longs métrages les plus forts de 2019. À ne pas rater.

7- Zombieland: Double Tap (Zombieland : le doublé) : Le premier avait connu un beau succès, mélangeant horreur et comédie. Revoilà cette équipe dépareillée réunie, toujours formée de Jesse Eisenberg, Emma Stone, Woody Harrelson et Abigail Breslin chassant le zombie à qui mieux mieux.

6- Gemini Man (L’Homme gémeau) : Will Smith en formule deux pour un. Dans ce drame de science-fiction réalisé par Ang Lee, l’acteur joue un chasseur de prime pris en chasse par son clone, plus jeune et plus fougueux. Un film d’action qui permet aussi de réfléchir sur l’avenir de l’Homme.

Willem Dafoe et Robert Pattinson dans The Lighthouse.

9- The Lighthouse (Le Phare) :  Robert Eggers avait fait une forte impression avec The Witch. Il est de retour avec un film d’épouvante et d’ambiance glauque mettant en vedette Willem Dafoe et Robert Pattinson dans les rôles de gardiens de phare hantés par leur imaginaire. Tourné en noir et blanc, ce drame cauchemardesque semble très prometteur.

10- Douleur et gloire : Pedro Almodóvar permet à Antonio Banderas d’incarner un peu son alter ego en endossant le habits d’un réalisateur diminué par la maladie et tentant de renouer avec son passé. D’une grande beauté, le film brille par sa façon subtile de tracer le bilan de vie d’un artiste qui sent son existence lui échapper rapidement.

N.B. Plusieurs des titres nommés verront possiblement leurs sorties en octobre réservées exclusivement au marché montréalais avant de sortir début novembre dans les salles de Québec.

Juliette Binoche et son avatar

En entrevue, Safy Nebbou ne tarit pas d’éloges au sujet de Juliette Binoche. Il en a fait l’héroïne de son 6e long métrage intitulé Celle que vous croyez, à l’affiche le 27 septembre. Dans cette adaptation d’un roman de Camille Laurens, le rôle la comédienne excelle une fois de plus dans le rôle de Claire. Elle joue avec naturel cette femme dans la jeune cinquantaine, blessée par un récent divorce et qui, engagée dans une relation avec un homme plus jeune qu’elle, se crée un faux compte sur Facebook pour mieux épier son amoureux. De cette façon, elle prend contact avec le meilleur ami de son amant. Mais au fil des discussions virtuelles, ils s’éprennent l’un de l’autre. Le problème, c’est que l’avatar de Claire, prénommé Clara, a l’image d’une belle jeune femme de 24 ans. Le jeu de dupes de Claire/Clara deviendra peu à peu fort périlleux.

Safy Nebbou, réalisateur.

Le réalisateur Safy Nebbou, auteur notamment de L’Empreinte et de L’Autre Dumas, avoue s’être inspiré du célèbre roman épistolaire Les Liaisons dangereuses pour mettre en scène son drame qui, il faut l’avouer, est très d’actualité. Tellement, qu’il a lui-même été victime, au moment de l’écriture de son film, d’un leurre du même acabit sur un réseau social. Son expérience l’a évidemment nourri pour bâtir un récit touchant, marqué par le jeu sensible d’une Juliette Binoche au sommet de son art. « Mon film, c’est Les Liaisons dangereuses 2.0 si je puis dire, un film teinté aussi par l’univers littéraire de Marguerite Duras et de sa vision des relations amoureuses. Mon récit est bâti un peu comme des poupées russes, c’est ce qui m’a inspiré pour enchaîner les scènes qui mèneront inévitablement vers un dénouement inattendu », d’ajouter le cinéaste français.

En Juliette Binoche, Nebbou a trouvé celle qui pouvait incarner avec, paradoxalement, autant de force que de fragilité cette femme mature qui rêve de pouvoir séduire comme lorsqu’elle

Juliette Binoche (Claire), François Civil (Alex Chelly)

avait vingt ans. Son personnage sera grisé par un coup de foudre virtuel inattendu et Claire/Clara devra faire des choix cruels qui donnent une portée narrative forte et inattendue à Celle que vous croyez.

Quand on demande au réalisateur quels sont les thèmes qui reviennent dans chacune de ses œuvres et qui forment petit à petit une filmographie des plus intéressantes marquée souvent par de lourds secrets, il cite la quête d’identité et le parcours initiatique, et ce, sans pourtant vouloir être casé dans un genre cinématographique en particulier. Safy Nebbou s’attèle présentement à sa prochaine réalisation, l’adaptation du roman jeunesse L’Œil du loup de Daniel Pennac qu’il prévoit tourner en 2020 dans cinq pays différents, dont le Canada, puisqu’il foulera les terres de l’Alberta lorsque le tout se mettra en branle. La partie financement se bouclera bientôt, mais l’actrice Marie Desplechin planche déjà en sa compagnie sur le scénario. C’est à suivre!

D’ici là, Celle que vous croyez prend enfin l’affiche au Québec après une sortie en France en février dernier. Le film a attiré l’œil de nombreux distributeurs à travers le monde puisqu’il est vendu dans plus de 40 pays.

Un clown en route pour les Oscars

Joaquin Phoenix dans The Joker.

L’automne, c’est le moment où de nombreux films sont présentés en primeur dans différents festivals comme la Mostra de Venise, le TIFF, celui de Telluride, le FCVQ, le FNC, etc. Les grands et petits studios vont mettre en vitrine dans ces événements leurs productions, et ce, afin de créer un engouement, un buzz comme on dit dans le milieu, et de mousser la sortie subséquente en salle, mais aussi une possible nomination aux Oscars.

Au moment où ce blogue s’écrit et à la lecture des commentaires généraux de journalistes couvrant les festivals, il est déjà assez facile d’entrevoir  les différents candidats à l’Oscar du meilleur acteur pour l’année 2019. Voici, en résumé, les principaux noms qui se démarquent et qui circulent présentement pour une éventuelle nomination.

Joaquin Phoenix : The Joker vient de gagner le Lion d’or à la Mostra et au cœur du film, on retrouve Joaquin Phoenix dans le rôle principal de l’ennemi juré de Batman. La performance de Phoenix a été saluée par l’ensemble des scribes réunis à Venise. Dans la bande-annonce, le comédien apparaît amaigri, porté par une grâce maléfique dans chacune des scènes de cet antépisode relatant les origines du célèbre supervilain. On peut déjà le dire, Joaquin Phoenix est déjà le favori aux yeux de bien des spécialistes. Sortie prévue à la mi-octobre.

Brad Pitt : Et deux fois plutôt qu’une car l’acteur, formidable de coolitude dans Once Upon a Time… in Hollywood de Tarantino, serait en plus sublime dans Ad Astra, film de science-fiction de James Gray qui sortira fin septembre.

Antonio Banderas : Grandiose dans le rôle d’un cinéaste dont la santé vacille dans Douleur et gloire de Pedro Almodóvar, l’acteur espagnol pourrait-t-il surprendre en s’élevant au-dessus de la partisanerie de l’Académie. Le film sera à l’affiche à la fin du mois d’octobre.

Edward Norton : Interpréter un personnage ayant un handicap quelconque joue souvent en faveur d’un comédien. Pensons à Dustin Hoffman, Daniel Day-Lewis, Eddie Redmayne, tous oscarisés dans cette situation. Dans Motherless Brooklyn, Norton joue un homme atteint de la maladie de Gilles de la Tourette. On a bien hâte de voir ce drame policier début novembre.

Edward Norton dans Motherless Brooklyn.

Michael B. Jordan : Dans Just Mercy, Jordan interprète un avocat à la défense d’un condamné à mort injustement incriminé. La rumeur s’accroît autour de sa performance dans ce drame judiciaire et social bouleversant qui sortira début janvier 2020.

Tom Hanks dans A Beautiful Day in the Neighborhood, Matt Damon et Christian Bale dans Ford v Ferrari, Eddie Redmayne dans The Aeronauts, Adam Driver dans Marriage Story, un film Netflix de Noah Baumbach et Taron Egerton dans Rocket Man sont aussi à surveiller, et ce, sans compter le triumvirat formé de Joe Pesci, Al Pacino, Robert De Niro dans The Irishman de Martin Scorsese dont on attend les premiers échos. Reste à voir si quelques candidats insoupçonnés (underdogs) s’ajouteront d’ici la fin de l’année.

À venir, coup d’œil sur les films et actrices à surveiller pour les Oscars.

Dix films à voir en septembre 2019

It Chapter 2

La rentrée cinéma de l’automne se fera sous le signe de la diversité avec des titres fort attendus, et ce, dans tous les genres cinématographiques. Voici les dix titres qui devraient se distinguer ce mois-ci.

1- It Chapter 2 (Ça : chapitre 2) : L’action se déroule 27 ans après les événements du premier chapitre et les enfants, devenus adultes, seront de nouveau hantés par l’entité maléfique surnommée Pennywise. En bonus, un caméo de Xavier Dolan dans cette suite très attendue, adaptée du classique de l’horreur signé Stephen King.

2- Soleils noirs : Ce documentaire du Québécois Julien Elie nous plonge dans l’enfer des guerres entre les cartels de drogue au Mexique en faisant témoigner ceux qui sont les victimes collatérales de cette guérilla sanglante qui fait des milliers de morts chaque année et qui entraîne aussi d’inquiétantes disparitions de milliers de Latino-Américaines.

3- The Goldfinch (Le Chardonneret) : Un garçon ayant survécu à un attentat à la bombe dans un musée, explosion qui l’a rendu orphelin, est pris en charge par une famille bourgeoise de New York. Nicole Kidman est au générique de cette adaptation du roman à succès de Donna Tartt réalisée par John Crowley.

4- Il pleuvait des oiseaux : Cette adaptation du roman de Jocelyne Saucier est signée Louise Archambault et a été tournée en partie au nord de Québec. Le film offre à Andrée Lachapelle l’un de ses plus beaux rôles en carrière. C’est surtout pour sa belle complicité au grand écran avec Gilbert Sicotte que ce long métrage vaut le détour.

5- Downton Abbey : Difficile de passer à côté de ce film faisant suite à la mémorable série télévisée britannique qui nous amènera à la fin des années 20, après les événements relatés dans les six saisons, avec un récit toujours centré sur une lignée d’aristocrates et de ses employés dans l’Angleterre de l’entre-deux-guerres.

6-Vivre à 100 milles à l’heure : Louis Bélanger nous raconte quelques-uns de ses souvenirs d’enfance à travers l’amitié d’une bande d’adolescents de Québec qui font les 400 coups dans les années 70 et 80.

7- Celle que vous croyez : Juliette Binoche est bouleversante dans le rôle d’une divorcée qui se forge un avatar sur Facebook et se fait prendre au jeu de la séduction avec le meilleur copain de son petit ami. Un jeu de duperie sentimentale dangereux où l’actrice d’expérience démontre tout son talent.

8- Rambo: Last Blood (Rambo : la dernière mission) : Dans ce dernier chapitre (vraiment?) des aventures de John Rambo, Sylvester Stallone nous amène au Mexique pour un affrontement tonitruant entre son héros et un puissant cartel de drogue. Un film qui sent le pop-corn.

9- Crystal Swan (Le Cygne de cristal) : Ce film russe s’intéresse au destin d’une DJ, Velya, aux allures d’une Madonna des années 80, qui rêve de faire carrière aux États-Unis. Hélas, un mensonge sur sa demande de visa va l’amener à passer plusieurs jours dans une petite ville industrielle encore enracinée dans l’ère soviétique.

10- Ad Astra (Vers les étoiles) : On est très curieux de voir cette nouvelle réalisation de James Gray, qui n’avait jamais touché jusqu’ici au film de science-fiction. Brad Pitt navigue dans l’espace dans une histoire relatant la quête spatiale d’un ingénieur autiste qui veut retrouver son père disparu il y a vingt ans lors d’un voyage vers Neptune.