Une colonie, la nôtre

Une colonie réalisé par Geneviève Dulude-Decelles. Crédit photo Lena Mill-Reuillard & Etienne Roussy

Après plusieurs courts métrages et un documentaire, Bienvenue à F.L. qui se déroulait dans une école secondaire, Geneviève Dulude-De Celles nous raconte avec Une colonie l’histoire de Mylia (jouée par l’excellente Émilie Bierre), une jeune fille de douze ans qui fait son entrée à la polyvalente de sa région. Taciturne, elle anticipe avec une certaine anxiété la rentrée scolaire et sa rencontre avec des jeunes qu’elle ne connaît pas. Ce drame intimiste et touchant, arrive au Cinéma Le Clap le 1er février. Voici ce que sa réalisatrice avait à dire au sujet de son fort beau premier long métrage de fiction.

Pierre Blais : Votre documentaire portait sur la vie des jeunes au secondaire, Une colonie aussi. Il y a un lien évident à faire?

Geneviève Dulude-De Celles : Oui, car j’ai écrit Une colonie en parallèle du tournage de Bienvenue à F.L., donc j’avais en tête cet univers et mes propres expériences vécues à cette époque de ma vie. Tous les jeunes que j’ai rencontrés et mes réflexions sont venus nourrir mon écriture. Je voulais vraiment me rapprocher de quelque chose qui, à l’écran, allait être le plus authentique possible.

PB : L’adolescence des jeunes d’aujourd’hui est-elle similaire à la vôtre?

Émilie Pierre et Geneviève Dulude-Decelles réalisatrice. Crédit photo Julie Caron

GDD : Il y a beaucoup de similitudes entre ce que vivent mes jeunes personnages et ce que j’ai vécu. Même les gens plus vieux que moi se reconnaissent dans la dynamique sociale d’une grande école et dans les cours qu’on y donne. J’ai 32 ans, je suis loin de ce temps-là, et pourtant je sais qu’il y a beaucoup de choses qui sont intemporels. Dans la facture visuelle du film, je voulais justement qu’Une colonie ait une allure intemporelle, sans mette les téléphones cellulaires à l’avant-plan.

PB : La particularité de votre film, c’est aussi qu’on est loin des écoles du centre de Montréal, on est au cœur d’une région rurale.

GDD : Tout à fait, ça se déroule à Pierreville, près de Nicolet et pas tellement loin de Sorel-Tracy, l’endroit où j’ai grandi. C’est un coin où l’on retrouve la communauté des Abénaquis et j’ai donc voulu aussi y faire référence. Les jeunes des villages du coin voyagent en autobus scolaire, font de longs trajets pour se rendre à la polyvalente. Je n’aime pas qu’on idéalise la vie à la campagne, comme si c’était toujours bucolique. Chaque région a ses particularités et je voulais qu’on ressente les grands rangs bordés de maïs, que l’on voit ces villages où les jeunes se retrouvent devant le dépanneur. J’ai fait beaucoup de casting sauvage pour trouver mes jeunes acteurs afin de favoriser le sentiment que mes personnages viennent du coin. Je désirais, de cette façon, aller chercher la couleur locale, l’accent, le style vestimentaire des ados du coin.

Irlande Côté, Émilie Pierre, Jacob Whiteduck-Lavoie. Crédit photo Julie Caron

PB : Comment avez-vous trouvé le titre, quelle signification lui donnez-vous?

GDD : J’y trouve un double sens. Oui, c’est l’histoire d’une jeune fille qui tente de trouver ses repères, mais c’est aussi un reflet de société et de notre ouverture envers l’autre. J’aimais que le titre réfère à un clan, à un groupe et à une colonie de vacances mais aussi à la colonisation et à notre rapport aux Premières Nations.

PB : Le film sort en salle le 1er février. À quoi ressembleront les prochaines semaines pour vous et votre équipe?

GDD : On est très heureux de partir le 7 février pour Berlin, car mon film sera présenté dans la section Generation Kplus du festival, une section consacrée aux longs métrages sur la jeunesse. L’an passé, Les Faux Tatouages de Pascal Plante avait été présenté dans la même section. Ensuite, ce qu’on veut, c’est que le film soit vu par le plus de gens possible, des jeunes surtout. On peut, et je le crois sincèrement, se retrouver facilement dans le parcours de mon héroïne. On tente actuellement d’accompagner le plus possible la diffusion du film un peu partout, car il sera lancé dans des villes comme Joliette, Sorel, Drummondville et Sherbrooke et pas uniquement à Montréal et Québec. On veut aller à la rencontre du public en espérant qu’il soit au rendez-vous.

L’équipe du film sera au Cinéma Le Clap de Sainte-Foy, le dimanche 3 février, pour discuter avec les spectateurs lors la séance prévue à 14 h 10.

Février 2019 en dix titres

Capharnaum de Nadine Libaki.

En ce mois le plus court de l’année et celui de la tenue des Oscars, on sera aussi curieux de voir du Québec Mon ami Walid, Troisième Noces du Belge David Lambert (en coproduction) et Les Routes en février de Katherine Jerkovic ainsi que de France, Edmond, une comédie sur la création de Cyrano au théâtre. Mais bref, voici les dix films principaux dont il faudra surveiller la sortie :

1- Capharnaüm : La Libanaise Nadine Labaki (Caramel) nous offre une nouvelle réalisation troublante sur un enfant qui, ayant rejeté ses parents, doit se débrouiller seul dans les rues de Beyrouth, s’occupant ensuite de subvenir aux besoins d’un bébé en l’absence de sa mère. Ovationné à Cannes où il a reçu en 2018 le Prix du jury, Capharnaüm risque de provoquer un flot de larmes comme Lion l’an passé.

2- Pupille : Ce film signé Jeanne Herry (fille de Miou-Miou et de Julien Clerc) relate toutes les étapes menant à l’adoption d’un jeune enfant en faisant le portrait de tous ceux qui sont impliqués dans le processus : mère biologique, mère adoptive, intervenants des services sociaux, etc. Sandrine Kiberlain, Gilles Lellouche et Élodie Bouchez sont au générique.

3- Avec un sourire, la révolution! : Ce documentaire d’Alexandre Chartrand, qui fait suite au Peuple interdit, met en lumière les efforts des Catalans pour valider leur droit à un référendum sur l’indépendance de leur nation, et ce, face à un gouvernement espagnol intransigeant.

4- Répertoire des villes disparues : On ne sait jamais trop à quoi s’attendre d’un film de Denis Coté. Ici, pour le mieux, il plante sa caméra en milieu rural pour nous raconter une histoire de deuil douloureux qui se transforme en étrange récit de fantômes. Une proposition audacieuse à ne pas rater.

5- 5 Films d’ animation : Difficile d’en choisir un seul car de Miraï, ma petite soeur, en passant par  Astérix : le secret de la potion magique, Alita : Battle Angel, Lego Movie 2 et How To Train Your Dragon 3, les films d’animation destinés à toute la famille seront nombreux ce mois-ci à envahir les écrans. Ça sent la semaine de relâche.

6- Doubles vies : Vincent Macaigne joue un auteur d’autofiction, Juliette Binoche une actrice célèbre et Guillaume Canet un éditeur réfractaire au numérique. Dans cette comédie d’Olivier Assayas, les personnages livrent des dialogues savoureux par l’entremise de scènes drôles et malaisantes. Bref, Tchekhov rencontre Woody Allen dans un univers qui rappelle aussi celui du Déclin de l’empire américain.

7- La Saveur des ramen : Jeune chef réputé au Japon, Masato décide d’aller à Singapour, là où ses parents se sont connus, afin d’en apprendre plus sur ses origines et sur la cuisine locale. Un film aux images gastronomiques qui font saliver à souhait.

8-Fighting With My Family (Lutte en famille): Cette comédie sur une famille de lutteurs met rn vedette Dwayne Johnson. L’intérêt vient de son réalisateur, le Britannique Stephen Merchant, longtemps compère télévisuel de Ricky Gervais misant sur l’humour malaisant.

9- Miss Balle (Miss Bala) : Ce remake d’un polar mexicain fort efficace, sorti en 2011, met en lumière le monde interlope de Tijuana à travers le destin de Gloria qui, une fois sur place, recherche sa meilleure amie récemment disparue. Catherine Hardwicke est aux commandes du long métrage.

10- Une colonie : Ce drame québécois touchant mise sur des acteurs adolescents au grand naturel devant l’écran. Réalisé par Geneviève Dulude-De Celles, Une colonie raconte l’arrivée au secondaire de Mylia dans une polyvalente située en plein cœur d’une région rurale. Un coming of age movie beau et sensible, une vraie belle surprise en ce début d’année.

Plonger dans La Grande Noirceur

La Grande Noirceur, film réalisé par Maxime Giroux.

La Grande Noirceur, c’est le titre du quatrième long métrage de Maxime Giroux. Un film qui prend l’affiche le 25 janvier et qui fait suite au beau succès obtenu avec son précédent, Félix et Meira, drame doux et amer portant sur une romance compliquée entre un Québécois pure laine et une Juive hassidique. Malgré le succès critique de ce dernier, film qui avait fait le tour du monde dans les différents festivals de cinéma, le réalisateur s’est vu refuser par la SODEC le financement de son prochain long métrage. En compagnie de Simon Lavoie et d’Alexandre Laferrière, Maxime s’est alors lancé dans l’écriture d’un nouveau projet qu’il allait réaliser dans l’urgence, portant le titre de La Grande Noirceur. 

Voici ce que le cinéaste avait à nous dire au sujet de sa nouvelle production au propos sombre et aux images lumineuses d’une Amérique en perte de repères.

Le Clap : Votre film, qui met à nouveau en vedette Martin Dubreuil dans le rôle principal (aux côtés de Romain Duris et Reda Kateb), est le résultat direct du refus de la SODEC de financer un autre projet de film, non?

Maxime Giroux, cinéaste.

Maxime Giroux : Tout à fait. Je ne suis ni le premier ni le dernier à essuyer un refus de la SODEC mais oui, ça m’a poussé à faire La Grande Noirceur avec une énergie nouvelle, un très petit budget et une petite équipe pour m’appuyer. On désirait le tourner rapidement, car après les trois refus de financement de l’institution, je ne voulais pas retourner dans un processus de deux, trois, voire quatre ans pour lancer un autre projet de film. Félix et Meira  a gagné plein de prix. J’avais envie qu’on me fasse confiance, mais ce n’est pas arrivé, alors tant pis. Comme cinéaste, j’aime tourner et j’ai eu la chance d’avoir l’appui de Téléfilm Canada. Tout s’est emboîté très rapidement par la suite pour concrétiser le tournage.

Le Clap : En centrant l’histoire sur le personnage de Philippe, un déserteur qui fuit la conscription en participant à un concours d’imitateurs de Charlie Chaplin dans le fin fond des États-Unis que vouliez-vous dire?

Martin Dubreuil dans La Grande Noirceur.

MG : Je voulais établir un parallèle avec l’ère Trump. On voulait faire un film déstabilisant, ancré dans l’actualité malgré le contexte historique du récit. Ça commence avec un discours de Charlie Chaplin pour The Great Dictator et l’intolérance qu’il dénonçait jadis, bien on est encore dedans aujourd’hui, comme si presque rien n’avait changé. On pense à fermer les frontières, c’est un constat d’échec à l’échelle mondiale. L’humain semble avoir besoin du pouvoir et de la violence qui s’incarnent dans mon film par les personnages étranges que Philippe croise sur sa route. Notre scénario est le résultat d’une pensée critique face à l’ère dans laquelle l’Amérique et le monde occidental semblent plongés actuellement.

Le Clap : Votre film est assez glauque dans son ensemble et ça peut déstabiliser plus d’un, non?

La Grande Noirceur de Maxime Giroux, avec Martin Dubreuil.

MG : Effectivement et je l’assume. Il est fataliste et pas très porteur d’espoir. Le seul qui rêve, c’est le vendeur qui mise que sur le capitalisme, c’est dire. Le Québec a longtemps échappé à un système porté vers le capitalisme sauvage qui lui provient du modèle anglo-saxon. Et là, ça nous rattrape littéralement. On joue cette game. Le Québéc inc., pour moi, c’est une dérive et ça nous fait perdre notre identité profonde. L’imitation de Chaplin, c’est notre perte d’identité culturelle, le tout filmé dans des décors naturels de la Californie et du Nevada. On n’a rien changé. Ce qu’on voit dans le film, c’est l’Amérique d’hier, mais qui est encore là aujourd’hui. On a filmé une ville décrépie qui a déjà été la plus riche au monde lors de la ruée vers l’or.

Le Clap : Quelles sont vos attentes avec La Grande Noirceur?

MG : Je suis conscient que mon film peut faire un peu chier le public et qu’il n’est pas très vendeur dans son ton. Mais j’avais envie de brasser les spectateurs. Le cinéma, indépendant du moins, c’est le dernier endroit où on peut se permettre d’être encore audacieux. Ceux qui voient mon film l’aiment ou le détestent. Il a le mérite de ne laisser personne indifférent et j’en suis très content. C’est important de faire des œuvres avec une signature forte et éviter de toujours réconforter le spectateur.

Le prochain long métrage de Maxime Giroux est en demande de financement, une fois de plus, et racontera l’histoire du scandale financier de Norbourg et de Vincent Lacroix. Le film sera à vocation plus commerciale, à plus gros budget, et mettra en vedette Alexandre Landry et Vincent-Guillaume Otis.

Janvier 2019 en dix films

Border réalisé par Ali Abbasi

Janvier, premier mois de l’année, mois qui nous donne du temps pour les films qu’on n’a pas eu le temps de voir avec la multitude de titres ayant pris l’affiche durant le temps des Fêtes. Mais plusieurs nouveautés pas piquées des vers seront aussi lancées durant ce mois. Alors, voici les dix titres à surveiller en priorité pour janvier 2019.

– Border : Cette coproduction entre le Danemark et la Suède est l’une des plus belles et des plus étranges réalisations des derniers mois. Ali Abbasi a concocté un film touchant et angoissant, alliant les belles qualités du thriller et du drame fantastique. On est encore sous le choc.

La Grande Noirceur : Martin Dubreuil joue un imitateur de Charlie Chaplin fuyant la conscription et qui rencontre au fin fond des États-Unis deux Français (joués par Romain Duris et Reda Kateb) peu catholiques. Ce film de Maxime Giroux à l’atmosphère étrange est un exercice de style aussi beau qu’audacieux.

If Beale Street Coud Talk (Si Beale Street pouvait parler) : Après Moonlight, Barry Jenkins accouche d’un film revendicateur, humaniste et romantique à la fois, tiré de l’œuvre de James Baldwin. À voir!

Glass (Verre) : M. Night Shyamalan mélange ici les anti-héros de deux de ses films, Unbreakable et Split. Ainsi, Samuel L. Jackson, Bruce Willis et James McAvoy vont s’affronter dans ce film fantastique que plusieurs attendent avec impatience.

Malek : Guy Édoin lance son quatrième long métrage, adaptant le roman Le Cafard de Rawi Hage portant sur le malaise d’un Libanais qui, après un hiver à Montréal, tente de sortir de sa dépression avec l’aide d’une amoureuse et d’une psychologue. On est curieux de voir le résultat de ce film qui se fait attendre depuis un an.

Destroyer : Ce mois-ci, Nicole Kidman jouera dans Upsideremake d’Intouchables et aussi dans Destroyer, un thriller où sa performance serait incroyable. Transformée physiquement, elle y incarne une agente spéciale qui doit faire face au gang californien qu’elle avait infiltré des années plus tôt.

Des histoires inventées : Signé Jean-Marc E. Roy, ce documentaire, comme on en voit rarement, rend hommage à son sujet avec une immense inventivité. Et le sujet ici, c’est le réalisateur André Forcier, l’homme à la filmographie la plus singulière du cinéma québécois.

Stan & Ollie : Une biographie sur le duo le plus drôle de l’histoire du cinéma, il était temps. Steve Coogan et John C. Reilly incarnent Laurel et Hardy. Et on a hâte de voir le résultat sur grand écran.

On the Basis of Sex (Une femme d’exception) : Long métrage biographique qui raconte le combat de l’avocate Ruth Bader Ginsburg contre la discrimination faite aux femmes. Felicity Jones et Armie Hammer se donnent la réplique dans cette réalisation de Mimi Leder (Girlfight).

Cold War (La Guerre froide) : Pawel Pawlikoski, le réalisateur polonais derrière Ida, est de retour avec un autre long métrage tourné en noir et blanc. Son film raconte la sombre histoire d’amour entre un musicien et sa muse dans les années 50, deux Polonais qui tentent de fuir le communisme pendant une tournée.

2018 en dix titres

Comme à chaque fin d’année, il est amusant de faire le palmarès de nos coups de cœur. 2018 n’a pas été une année meilleure ni moins bonne que les autres. Elle a été parsemée de productions diversifiées, d’origines diverses et de films québécois étonnants en ce qui me concerne. Je vous rappelle qu’environ 400 nouveaux longs métrages se retrouvent dans nos salles de cinéma bon an, mal an. Dans le désordre, voici donc les 10 titres qui m’ont le plus marqué au cours des 12 derniers mois.

1- Phantom Thread : Paul Thomas Anderson a réalisé plusieurs très bons films. Celui-ci est définitivement mon préféré de sa déjà fort belle filmographie. Chaque scène de Phantom Thread démontre tout le doigté du cinéaste. Son talent est palpable dans chaque plan, dans chaque geste des personnages. Dans le rôle principal du tailleur, Daniel Day-Lewis termine sa carrière sur une très, très haute note!

2- À tous ceux qui ne me lisent pas : Yan Giroux réalise un premier long métrage touchant, qui réussit à parler de poésie avec beaucoup d’adresse. Martin Dubreuil y trouve le rôle de sa vie. Un film qui nous habite longtemps.

Chien de garde réalisé par Sophie Dupuis.

3- Chien de garde : Personne ne s’attendait à ce que Sophie Dupuis, avec ce premier long métrage, accouche d’un film intense comme celui-ci. Théodore Pellerin et Maude Guérin sont stupéfiants dans ce drame que l’on peut considérer comme le moment fort du cinéma québécois de 2018.

4- The Disaster Artist : Définitivement la comédie la plus drôle de 2018. Œuvre très référencée puisque pastichant (à peine) le tournage du cultissime navet The Room, ce film de James Franco est un petit bijou dans le genre.

5- Border : Sorti uniquement à Montréal en novembre, prévu au Clap en janvier, cette coproduction entre le Danemark et la Suède est l’une des plus belles et des plus étranges réalisations des derniers mois. Ali Abbasi a concocté un film touchant, épeurant, qui allie les belles qualités du thriller et du drame fantastique. On est encore sous le choc.

6- Le Redoutable : La relation douce et toxique entre Anne Wiazemsky et Jean-Luc Godard mise en scène dans un film aux couleurs de la Nouvelle Vague. Drôle et beau ! Réalisation : Michel Hazanavicius.

7- Qu’importe la gravité : Ce documentaire québécois est passé rapidement à Québec, mais c’est assurément mon coup de cœur dans cette catégorie en 2018. Deux Québécois dans la soixantaine entretiennent une relation particulière et entendent réaliser ensemble le rêve de l’un d’eux, soit de voler. Réalisation : Matthieu Brouillard.

8- Vice : Ce biopic sur Dick Cheney est jouissif. La réalisation est inventive à souhait et les acteurs, transformés, s’en donnent à cœur joie. Christian Bale, Amy Adams, Steve Carell et Sam Rockwell sont tout simplement formidables. Réalisation : Adam McKay.

9- BlacKkKlansman : Le grand retour de Spike Lee. Un film d’actualité, prenant, revendicateur et aussi fort divertissant. John David Washington et Adam Driver se complètent à merveille dans les deux premiers rôles d’enquêteurs infiltrateurs du Ku Klux Klan.

10- First Reformed : Paul Schrader a réalisé une œuvre puissante sur la foi, la culpabilité et le sentiment que l’humanité touche à sa fin. Ethan Hawke est remarquable dans le rôle d’un prêtre hanté par son passé, dépassé par les événements et qui tente de garder la foi.

First Reformed de Paul Schrader avec Ethan Hawke.

Dans mon top 20, ces titres auraient trouvé leur place : L’Atelier, First Man, Suspiria, Une femme fantastique, L’Insulte, A Quiet Place, Isle of Dogs, You Were Never Really Here, The Rider et Mandy.

Cinq films à rattraper : Sorry to Bother you, A Star is Born, Three Identical Etrangers, Green Book, If Beale Street Could Talk (qui sortira à Québec début janvier).

Michel Ocelot anime le Paris d’antan

Michel Ocelot est un nom trop peu connu des amateurs de films pour enfants malgré son expérience et son expertise dans le domaine. Pourtant, quel parent le moindrement curieux n’a pas emmené un enfant voir l’un de ses trois longs métrages mettant en scène le personnage de Kirikou ou encore n’est pas tombé sur la diffusion de ses œuvres à la télé durant la période des Fêtes? Le réalisateur français, aujourd’hui âgé de 75 ans, était de passage au Québec récemment pour faire la promotion de son nouveau long métrage d’animation, Dilili à Paris (en salle dès le 21 décembre). Voici ce qu’il avait à dire sur cette histoire d’une jeune immigrante à Paris au début du XXe siècle qui mènera, aux côtés d’Orel son compagnon se déplaçant en triporteur, une enquête sur des fillettes qui ont disparu mystérieusement.

Q : D’où vient le prénom de votre jeune héroïne, Dilili, aussi singulier et exotique que Kirikou?

Michel Ocelot, réalisateur

R: Je cherchais un prénom avec des syllabes qui auraient une belle consonance. C’est un exercice très difficile d’en trouver un qui n’existe pas encore. Il fallait de plus qu’on puisse l’associer à la culture kanake de la Nouvelle-Calédonie puisque ce sont les origines de Dilili.

Q : Votre film met en scène des personnages animés évoluant dans des décors qui sont en réalité des photos de Paris. Le tout donne un côté réaliste et nostalgique à votre film. Était-ce un défi technique plus grand?

R : On me pose souvent la question et j’étonne tout le monde en disant qu’au contraire, l’intégration des photos que j’ai moi-même prises de Paris a facilité la production. Ça allégeait la confection au final. L’idée derrière tout ça, c’était aussi de bien balancer cet univers sombre d’enlèvements avec un décor plus lumineux, plus inspirant. Je voulais faire un beau film qui parle de choses graves, car je crois toujours en l’humanité.

Q : Vous semblez prendre un malin plaisir à intégrer au récit de nombreuses figures populaires de l’époque (Marie Curie, Colette, Toulouse-Lautrec, Camille Claudel, Erik Satie). Qu’est-ce qui vous charmait dans cette idée?

R : Quand on explore cette période, on se rend compte qu’il y avait des génies à tous les coins de rue. Tout était à inventer, c’était une époque très florissante en arts, en littérature, en peinture, en sciences. Les célébrités qui se retrouvent dans mon film, je les aime. C’était très motivant de faire leurs portraits. Et ce qui est pratique, ils sont tous morts, donc personne n’a refusé d’apparaître dans mon film (rire).

Q : C’est seulement votre cinquième long métrage alors que Claude Chabrol, lui, par exemple, en réalisait cinq par année et…

R : Je vous interromps car là, vous retournez le fer dans la plaie, je vous promets que le prochain, je vais le faire très vite (rire).

Q : Le cinéma d’animation en Europe nous apparaît original, brillant et très vivant avec vos films, mais aussi avec des productions comme La Tortue rouge et Ma vie de Courgette. Est-ce quand même encore difficile de faire aboutir de tels films en 2018?

R : Il ne faut pas trop pavoiser, car le financement est toujours difficile à trouver. Le public est volage et dressé à aller voir les films américains. Mais c’est vrai, il y a de très beaux longs métrages d’animation européens qui ont été réalisés ces dernières années. Mais l’idée, c’est d’en faire le plus possible pour acquérir une expertise et toujours de meilleurs pour gagner le public.

 

 

 

Olivier Gourmet, gourmand de tournages

Olivier Gourmet dans L’Échange des princesses.

Né à Namur,, en Belgique, en 1963, Olivier Gourmet a fait ses débuts comme acteur au grand écran en 1996 dans La Promesse des frères Dardenne, cinéastes avec lesquels il tournera de nombreux films. Rapidement, le cinéma français le remarque et pour son physique et pour son talent naturel devant la caméra. Infatigable, on l’a vu depuis dans pas loin de 100 films, dont Congorama de Philippe Falardeau. Dès le 7 décembre, il sera à l’affiche de L’Échange des princesses de Marc Dugain, aux côtés de Lambert Wilson. Voici ce que le comédien avait à dire au sujet du film et de son amour des tournages.

Q : Olivier Gourmet, votre polyvalence est étonnante : héros, vilain, film belge ou français, récit d’époque ou contemporain, comédie ou drame, premier ou second rôle. Le nombre de productions auxquelles vous participez, lui, l’est encore plus, on parle de quatre à cinq films bon, mal an. Votre rythme est assez fou?

R : Tout le monde me le dit, mais au final, ce n’est pas tant de jours par année. C’est 150 jours environ de tournage, ça me laisse six mois pour vivre, disons normalement, et vous savez j’aime ça. Dès que je ne tourne pas, ça me manque, c’est presque viscéral. Le jeu me permet de m’amuser et j’y prends plaisir chaque fois que j’entends le mot moteur.

Q : Comment s’est déroulée votre collaboration avec le réalisateur Marc Dugain sur L’Échange des princesses, film qui raconte comment, en 1721, pour consolider leur paix, la France et l’Espagne  se sont échangé des princesses de douze et quatre ans ?

R : Marc m’a proposé le scénario, car il aimait les films dans lesquels j’ai joués. On a discuté du rôle du duc d’Orléans, un vrai manipulateur. Marc a un vrai regard  de cinéaste et il a beaucoup travaillé en amont avec les enfants du film. De mon côté, j’ai lu beaucoup sur ce personnage que je connaissais très peu au départ. Il a une perversité exacerbée et une soif de pouvoir. Dans l’ensemble, je pense que cette histoire d’échange de princesses, peu de gens la connaissaient. Même en France, ça n’a pas laissé de grandes traces, d’où l’importance de faire ce film.

Q : D’enfiler un costume, ça aide un acteur à mieux s’approprier un rôle?

R : Absolument. Chaque chose est importante sur un tournage. Il faut éviter le carnaval et la caricature quand on fait un film d’époque, mais ça donne le ton évidemment. Et ici, le résultat est magnifique. Le costume, c’est l’ossature du personnage. Les costumières nous aident beaucoup à trouver le vêtement juste qui mettra à l’avantage la personnalité du personnage. Les chaussures sont aussi très importantes, ça permet de créer une démarche propre au rôle.

Q : On vous verra aussi début 2019 dans Le Peuple et son roi et dans Edmond, deux autres films où vous portez aussi le costume d’époque. C’est un hasard?

R : Il y a des années comme ça où le hasard nous amène dans des univers similaires. J’ai fait plusieurs films politiques et de procès en même temps récemment et là je me transporte au XVIIIe et au XIXe siècle.

Olivier Gourmet dans Edmond.

Q : On vous verra ensuite, en 2019, dans Ceux qui travaillent puis dans J’accuse réalisé par Roman Polanski portant sur la célèbre affaire Dreyfus.

R : Ceux qui travaillent est un long métrage que j’aime beaucoup et dont je suis très fier. L’affaire Dreyfus, elle, a laissé de grandes cicatrices en France. Il y a toujours une sorte de rancœur liée à ça. Le tournage est lancé, mes scènes sont prévues en février pour ce film choral qui se terminera au printemps. Polanski a beaucoup de temps de tournage, c’est le luxe qu’il se paie. Aujourd’hui, les films se font souvent trop vite.

Q : Quel regard portez-vous sur le cinéma belge aujourd’hui, car vous faites partie de ce renouveau qui a marqué les années 90 (Benoît Poelvoorde, les Dardenne, Jaco Van Dormael, etc.)?

R : Il évolue encore et ouvre la porte à plein de nouveaux visages. Depuis vingt ans, on s’est ouvert à nos artistes de cinéma, à croire en notre talent. Il y a beaucoup de jeunes réalisateurs qui font leur place actuellement car, comme au Québec, on a une singularité créatrice, une volonté de se distinguer, de ne pas viser le consensus. Et ça, les institutions en Belgique qui financent les longs métrages belges l’ont bien compris, fort heureusement.

 

Décembre 2018 en 10 films

La Course des tuques

Décembre est un mois de mixité puisque entre la horde de films divertissants des Fêtes, les œuvres plus oscarisables s’y insèrent à souhait. Au fil des prochaines semaines, on sera donc curieux de voir le dernier Clint Eastwood intitulé The Mule, Ben is Back avec Julia Roberts, Le Retour de Mary Poppins, la comédie Holmes and Watson et la plus récente Palme d’or cannoise Une affaire de famille. Les effets spéciaux et les films d’animation seront aussi à l’honneur avec Mécaniques fatales, Bumblebee, Aquaman le superhéros à la longue tignasse, Spider-Man et la dernière œuvre de Michel Ocelot, Dilili à Paris. Au-delà de ces titres, voici les dix films que je vous suggère fortement de mettre à votre agenda au mois de décembre.

1- La Course des tuques : L’unique film québécois à prendre l’affiche ce mois-ci en est un d’animation, soit la suite de la refonte fort réussie de La Guerre des tuques de 2015. Du plaisir en famille à prévoir, oh que oui!

2- The Favourite (La Favorite) : Yórgos Lánthimos propose toujours des films étonnants. Celui-ci semble être son plus accessible et son plus drôle. Des actrices de talent (Rachel Weisz, Emma Stone et Olivia Colman) s’envoient des répliques acidulées dans le contexte de l’Angleterre du XVIIIe siècle. On a hâte.

3- En liberté : Depuis sa présentation à Cannes, des critiques affirment qu’il s’agit de la comédie la plus drôle de l’année en France. Chose certaine, cette nouvelle réalisation de Pierre Salvadori est portée par un ton unique, teintée d’absurdité et de tendresse, où le remords côtoie le désir.

4- Welcome to Marwen (Bienvenue à Marwen) : Un illustrateur victime d’amnésie après une agression décide de façon thérapeutique de se lancer dans la confection d’un village miniature peuplé de nombreuses figurines. Un film fantaisiste parfait pour Noël, mis en scène par Robert Zemeckis et avec Steve Carell dans le rôle principal.

5- Plaire, aimer et courir vite : Christophe Honoré, dont on avait adoré Les Chansons d’amour, est de retour avec un drame touchant se déroulant en 1990 autour d’un auteur parisien qui tombe amoureux d’un jeune homme rencontré en région. Pierre Deladonchamps et Vincent Lacoste y sont formidables.

6- Vox Lux : L’histoire d’une vedette de la musique pop échelonnée sur une quinzaine d’année. Natalie Portman et Jude Law sont au générique de ce film aux images intrigantes à souhait.

7- Vice : Dans ce long-métrage, Christian Bale est méconnaissable dans la peau du stratège politique américain Dick Cheney pendant que Sam Rockwell devient George W. Bush. La bande-annonce est irrésistible.

8- Un homme pressé : Fabrice Luchini est de retour au grand écran où il interprète un homme d’affaires dont la santé vacille et qui devra repenser sa façon de vivre et de concevoir la vie.

9- Mary, Queen of Scots (Marie, reine d’Écosse) : Margot Robbie et Saoirse Ronan jouent Élisabeth 1re et Mary Stuart dans ce drame historique épique.

10- At Eternity’s Gate (À la porte de l’éternité) : Willem Dafoe prend les traits de Vincent Van Gogh dans cette fresque réalisée par Julian Schnabel relatant les dernières années de la vie du célèbre peintre hollandais.

À tous ceux qui doivent voir ça!

Après quelques documentaires et courts métrages, Yan Giroux propose son premier long métrage de fiction intitulé À tous ceux qui ne me lisent pas, un film qui se concentre sur la vie de bohème du défunt poète québécois Yves Boisvert. Méconnu du grand public, ce cofondateur du Festival de poésie de Trois-Rivières est décédé en 2012 après avoir publié une cinquantaine d’ouvrages dont Les Chaouins, en collaboration avec son amoureuse Dyane Gagnon. Leur relation amoureuse – et créatrice – sert de base au scénario consigné par le romancier Guillaume Corbeil. Martin Dubreuil joue le poète, Céline Bonnier sa muse. De passage à Québec, le quatuor a donné des détails sur la fabrication de ce film beau et surprenant qui prend l’affiche au Clap le 23 novembre.

Yan Giroux, cinéaste.

Yan Giroux : « Yves a laissé une trace particulière dans ma vie. Je l’ai rencontré adolescent et il a changé mon parcours. Le film est né au moment où Yves était malade. Je voulais faire un documentaire et finalement, en rencontrant Guillaume, on s’est lancé dans l’aventure de fiction. On a voulu transcender les clichés autour du poète maudit avec de l’humour et de la vivacité. Sa vie, c’était aussi un combat contre la souffrance. Martin Dubreuil a un parcours plus rough et un background plus intéressant que bien des acteurs au Québec et ça, ça paraît à l’écran, ça sert le personnage. C’est pourquoi on l’a choisi parmi plus de 30 acteurs vus en audition. Je pense que présentement la poésie a un regain de popularité en milieu urbain. L’ère est propice à un retour de la poésie dans nos vies. Les gens ont envie, je crois, de voir du monde qui se bat pour ce qu’on pourrait appeler l’idée de la beauté. »

Guillaume Corbeil : « C’est librement inspiré de la vie d’Yves Boisvert et c’est davantage transmettre sa pensée, en fait, qu’on voulait reproduire à l’écran. On voulait se questionner sur le rôle du poète, son combat, les questions qu’il pose, qu’il nous renvoie. Le jour même où la SODEC nous a confirmé son appui financier,  j’ai croisé Martin Dubreuil dans la rue avec sa Old Milwaukee à 14 h de l’après-midi. Le déclic a été instantané. Martin correspondait parfaitement au rôle. Ha, ha! Ce film est un pari, car faire un film sur un poète, c’est risqué. La réponse des gens qui le voient jusqu’à présent est formidable. Mais c’est vrai qu’à la base, un tel sujet, c’est moins vendeur alors il faut travailler plus fort pour donner envie aux « moldus » de venir voir ce long métrage. »

Céline Bonnier, Henri Picard et Martin Dubreuil.

Céline Bonnier: « Dyane, c’est la femme qui a accompagné Yves les vingt dernières années de sa vie. Hier, à Sherbrooke, je l’ai rencontrée pour la première fois. Je lui disais que je la voyais comme une femme enracinée, tout le contraire d’Yves en fait. Elle m’a répondu et c’est un drôle de hasard, qu’Yves l’appelait justement « toé, l’enracinée ».  Le film évoque la vie d’un poète québécois d’aujourd’hui, mais il offre surtout un regard sur ce qu’on est en train de construire comme monde. Ça pose un regard sur le monde trop formaté dans lequel on vit et de l’art qui peut nous changer; le tout avec une grande simplicité et des images très poétiques. »

Martin Dubreuil : « Je me suis rapidement reconnu dans ce personnage. Comme lui, j’ai déjà eu un mode de vie nocturne avec tout ce qui vient avec. Je savais, en tournant les scènes, comment on se sent dans le milieu des arts ou des bars, je connaissais ces situations. Je n’ai pas connu personnellement Yves Boisvert et pourtant, on fréquentait le même monde et les mêmes endroits. Le film a plusieurs couches et il faut le voir pour bien comprendre l’esprit, car tenter de le résumer, c’est difficile. Il faut vivre l’expérience. »

Des bios à la tonne!

Viggo Mortensen et Mahershala Ali en vedette dans Green Book.

Le site Web dédié au cinéma Indiewire a récemment mis en ligne un article sur les films biographiques ayant marqué le cinéma. Amadeus, Walk the Line, Malcom X, La Liste de Schindler, My Left Foot, 32 films brefs sur Glenn Gould, Lawrence d’Arabie, Raging Bull, Persepolis, Bonnie and Clyde, Camille Claudel, I’m Not There, les titres biographiques mémorables sont nombreux et prennent toutes sortes de formes, du drame d’aventure grandiose au récit plus intimiste et personnel. La liste n’est pas exhaustive, loin de là, mais elle nous rappelle à quel point ce genre est toujours populaire auprès des cinéphiles.

On a beau recenser sur les écrans des tonnes de films de superhéros, une pléthore de drames historiques et de productions aux effets spéciaux foisonnants, les biographies ont encore la cote dans le paysage cinématographique en 2018. La preuve, voici en résumé les biopics (comme disent les Français) qui prendront l’affiche d’ici la fin de l’année, excluant des œuvres sorties récemment comme First Man et Bohemian Rhapsody.

Green Book : L’histoire du pianiste de jazz Don Shirley et de son chauffeur privé. Mahershala Ali pianote dans le sud des États-Unis dans ce long métrage réalisé par Peter Farrelly.

À tous ceux qui ne me lisent pas : Au Québec aussi on aime les bios, de Louis Cyr à La Bolduc. Ce premier long métrage de Yan Giroux s’attarde à la vie de bohème du défunt poète Yves Boisvert (joué par le formidable Martin Dubreuil). Et le résultat est tout simplement beau!

Willem Dafoe dans le rôle de Van Gogh

– A Private War : Dans ce drame, Rosamund Pike interprète Marie Colvin, la célèbre reporter de guerre au cache-œil qui s’est notamment retrouvée au cœur de la révolution syrienne.

At Eternity’s Gate : Après Tim Roth, Kirk Douglas et Jacques Dutronc, c’est maintenant au tour de Willem Dafoe d’incarner le célèbre peintre Van Gogh.

Mary Queen of Scots : Margot Robbie devient Elizabeth 1re et Saoirse Ronan incarne Mary Stuart dans cette fresque épique.

Un homme pressé : Dans le rôle d’un homme d’affaires insensible, Fabrice Luchini tente de changer radicalement son mode de vie. Le scénario s’inspire des mésaventures du magnat français Christian Streiff.

Vice : Christian Bale se transforme physiquement pour mieux devenir l’homme politique Dick Cheney dans cette satire filmique où Sam Rockwell emprunte quant à lui les traits de George W. Bush.

The Front Runner : L’ancien sénateur démocrate Gary Hart est incarné ici par Hugh Jackman. La carrière de ce politicien avait été éclaboussée par des accusations d’adultère lors des élections présidentielles de 1988.

À ces titres, on aurait pu ajouter The Favourite et L’Échange des princesses qui, sans être purement biographiques, s’intéressent la vie de personnalités royales chacun à leur façon. On se laisse avec la bande-annonce de On the Basis of Sex, film qui raconte les débuts professionnels de la juge Ruth Bader Ginsburg (jouée par Felicity Jones) qui se retrouvera à la Cour suprême des États-Unis.