Michel Ocelot anime le Paris d’antan

Michel Ocelot est un nom trop peu connu des amateurs de films pour enfants malgré son expérience et son expertise dans le domaine. Pourtant, quel parent le moindrement curieux n’a pas emmené un enfant voir l’un de ses trois longs métrages mettant en scène le personnage de Kirikou ou encore n’est pas tombé sur la diffusion de ses œuvres à la télé durant la période des Fêtes? Le réalisateur français, aujourd’hui âgé de 75 ans, était de passage au Québec récemment pour faire la promotion de son nouveau long métrage d’animation, Dilili à Paris (en salle dès le 21 décembre). Voici ce qu’il avait à dire sur cette histoire d’une jeune immigrante à Paris au début du XXe siècle qui mènera, aux côtés d’Orel son compagnon se déplaçant en triporteur, une enquête sur des fillettes qui ont disparu mystérieusement.

Q : D’où vient le prénom de votre jeune héroïne, Dilili, aussi singulier et exotique que Kirikou?

Michel Ocelot, réalisateur

R: Je cherchais un prénom avec des syllabes qui auraient une belle consonance. C’est un exercice très difficile d’en trouver un qui n’existe pas encore. Il fallait de plus qu’on puisse l’associer à la culture kanake de la Nouvelle-Calédonie puisque ce sont les origines de Dilili.

Q : Votre film met en scène des personnages animés évoluant dans des décors qui sont en réalité des photos de Paris. Le tout donne un côté réaliste et nostalgique à votre film. Était-ce un défi technique plus grand?

R : On me pose souvent la question et j’étonne tout le monde en disant qu’au contraire, l’intégration des photos que j’ai moi-même prises de Paris a facilité la production. Ça allégeait la confection au final. L’idée derrière tout ça, c’était aussi de bien balancer cet univers sombre d’enlèvements avec un décor plus lumineux, plus inspirant. Je voulais faire un beau film qui parle de choses graves, car je crois toujours en l’humanité.

Q : Vous semblez prendre un malin plaisir à intégrer au récit de nombreuses figures populaires de l’époque (Marie Curie, Colette, Toulouse-Lautrec, Camille Claudel, Erik Satie). Qu’est-ce qui vous charmait dans cette idée?

R : Quand on explore cette période, on se rend compte qu’il y avait des génies à tous les coins de rue. Tout était à inventer, c’était une époque très florissante en arts, en littérature, en peinture, en sciences. Les célébrités qui se retrouvent dans mon film, je les aime. C’était très motivant de faire leurs portraits. Et ce qui est pratique, ils sont tous morts, donc personne n’a refusé d’apparaître dans mon film (rire).

Q : C’est seulement votre cinquième long métrage alors que Claude Chabrol, lui, par exemple, en réalisait cinq par année et…

R : Je vous interromps car là, vous retournez le fer dans la plaie, je vous promets que le prochain, je vais le faire très vite (rire).

Q : Le cinéma d’animation en Europe nous apparaît original, brillant et très vivant avec vos films, mais aussi avec des productions comme La Tortue rouge et Ma vie de Courgette. Est-ce quand même encore difficile de faire aboutir de tels films en 2018?

R : Il ne faut pas trop pavoiser, car le financement est toujours difficile à trouver. Le public est volage et dressé à aller voir les films américains. Mais c’est vrai, il y a de très beaux longs métrages d’animation européens qui ont été réalisés ces dernières années. Mais l’idée, c’est d’en faire le plus possible pour acquérir une expertise et toujours de meilleurs pour gagner le public.

 

 

 

Olivier Gourmet, gourmand de tournages

Olivier Gourmet dans L’Échange des princesses.

Né à Namur,, en Belgique, en 1963, Olivier Gourmet a fait ses débuts comme acteur au grand écran en 1996 dans La Promesse des frères Dardenne, cinéastes avec lesquels il tournera de nombreux films. Rapidement, le cinéma français le remarque et pour son physique et pour son talent naturel devant la caméra. Infatigable, on l’a vu depuis dans pas loin de 100 films, dont Congorama de Philippe Falardeau. Dès le 7 décembre, il sera à l’affiche de L’Échange des princesses de Marc Dugain, aux côtés de Lambert Wilson. Voici ce que le comédien avait à dire au sujet du film et de son amour des tournages.

Q : Olivier Gourmet, votre polyvalence est étonnante : héros, vilain, film belge ou français, récit d’époque ou contemporain, comédie ou drame, premier ou second rôle. Le nombre de productions auxquelles vous participez, lui, l’est encore plus, on parle de quatre à cinq films bon, mal an. Votre rythme est assez fou?

R : Tout le monde me le dit, mais au final, ce n’est pas tant de jours par année. C’est 150 jours environ de tournage, ça me laisse six mois pour vivre, disons normalement, et vous savez j’aime ça. Dès que je ne tourne pas, ça me manque, c’est presque viscéral. Le jeu me permet de m’amuser et j’y prends plaisir chaque fois que j’entends le mot moteur.

Q : Comment s’est déroulée votre collaboration avec le réalisateur Marc Dugain sur L’Échange des princesses, film qui raconte comment, en 1721, pour consolider leur paix, la France et l’Espagne  se sont échangé des princesses de douze et quatre ans ?

R : Marc m’a proposé le scénario, car il aimait les films dans lesquels j’ai joués. On a discuté du rôle du duc d’Orléans, un vrai manipulateur. Marc a un vrai regard  de cinéaste et il a beaucoup travaillé en amont avec les enfants du film. De mon côté, j’ai lu beaucoup sur ce personnage que je connaissais très peu au départ. Il a une perversité exacerbée et une soif de pouvoir. Dans l’ensemble, je pense que cette histoire d’échange de princesses, peu de gens la connaissaient. Même en France, ça n’a pas laissé de grandes traces, d’où l’importance de faire ce film.

Q : D’enfiler un costume, ça aide un acteur à mieux s’approprier un rôle?

R : Absolument. Chaque chose est importante sur un tournage. Il faut éviter le carnaval et la caricature quand on fait un film d’époque, mais ça donne le ton évidemment. Et ici, le résultat est magnifique. Le costume, c’est l’ossature du personnage. Les costumières nous aident beaucoup à trouver le vêtement juste qui mettra à l’avantage la personnalité du personnage. Les chaussures sont aussi très importantes, ça permet de créer une démarche propre au rôle.

Q : On vous verra aussi début 2019 dans Le Peuple et son roi et dans Edmond, deux autres films où vous portez aussi le costume d’époque. C’est un hasard?

R : Il y a des années comme ça où le hasard nous amène dans des univers similaires. J’ai fait plusieurs films politiques et de procès en même temps récemment et là je me transporte au XVIIIe et au XIXe siècle.

Olivier Gourmet dans Edmond.

Q : On vous verra ensuite, en 2019, dans Ceux qui travaillent puis dans J’accuse réalisé par Roman Polanski portant sur la célèbre affaire Dreyfus.

R : Ceux qui travaillent est un long métrage que j’aime beaucoup et dont je suis très fier. L’affaire Dreyfus, elle, a laissé de grandes cicatrices en France. Il y a toujours une sorte de rancœur liée à ça. Le tournage est lancé, mes scènes sont prévues en février pour ce film choral qui se terminera au printemps. Polanski a beaucoup de temps de tournage, c’est le luxe qu’il se paie. Aujourd’hui, les films se font souvent trop vite.

Q : Quel regard portez-vous sur le cinéma belge aujourd’hui, car vous faites partie de ce renouveau qui a marqué les années 90 (Benoît Poelvoorde, les Dardenne, Jaco Van Dormael, etc.)?

R : Il évolue encore et ouvre la porte à plein de nouveaux visages. Depuis vingt ans, on s’est ouvert à nos artistes de cinéma, à croire en notre talent. Il y a beaucoup de jeunes réalisateurs qui font leur place actuellement car, comme au Québec, on a une singularité créatrice, une volonté de se distinguer, de ne pas viser le consensus. Et ça, les institutions en Belgique qui financent les longs métrages belges l’ont bien compris, fort heureusement.

 

Décembre 2018 en 10 films

La Course des tuques

Décembre est un mois de mixité puisque entre la horde de films divertissants des Fêtes, les œuvres plus oscarisables s’y insèrent à souhait. Au fil des prochaines semaines, on sera donc curieux de voir le dernier Clint Eastwood intitulé The Mule, Ben is Back avec Julia Roberts, Le Retour de Mary Poppins, la comédie Holmes and Watson et la plus récente Palme d’or cannoise Une affaire de famille. Les effets spéciaux et les films d’animation seront aussi à l’honneur avec Mécaniques fatales, Bumblebee, Aquaman le superhéros à la longue tignasse, Spider-Man et la dernière œuvre de Michel Ocelot, Dilili à Paris. Au-delà de ces titres, voici les dix films que je vous suggère fortement de mettre à votre agenda au mois de décembre.

1- La Course des tuques : L’unique film québécois à prendre l’affiche ce mois-ci en est un d’animation, soit la suite de la refonte fort réussie de La Guerre des tuques de 2015. Du plaisir en famille à prévoir, oh que oui!

2- The Favourite (La Favorite) : Yórgos Lánthimos propose toujours des films étonnants. Celui-ci semble être son plus accessible et son plus drôle. Des actrices de talent (Rachel Weisz, Emma Stone et Olivia Colman) s’envoient des répliques acidulées dans le contexte de l’Angleterre du XVIIIe siècle. On a hâte.

3- En liberté : Depuis sa présentation à Cannes, des critiques affirment qu’il s’agit de la comédie la plus drôle de l’année en France. Chose certaine, cette nouvelle réalisation de Pierre Salvadori est portée par un ton unique, teintée d’absurdité et de tendresse, où le remords côtoie le désir.

4- Welcome to Marwen (Bienvenue à Marwen) : Un illustrateur victime d’amnésie après une agression décide de façon thérapeutique de se lancer dans la confection d’un village miniature peuplé de nombreuses figurines. Un film fantaisiste parfait pour Noël, mis en scène par Robert Zemeckis et avec Steve Carell dans le rôle principal.

5- Plaire, aimer et courir vite : Christophe Honoré, dont on avait adoré Les Chansons d’amour, est de retour avec un drame touchant se déroulant en 1990 autour d’un auteur parisien qui tombe amoureux d’un jeune homme rencontré en région. Pierre Deladonchamps et Vincent Lacoste y sont formidables.

6- Vox Lux : L’histoire d’une vedette de la musique pop échelonnée sur une quinzaine d’année. Natalie Portman et Jude Law sont au générique de ce film aux images intrigantes à souhait.

7- Vice : Dans ce long-métrage, Christian Bale est méconnaissable dans la peau du stratège politique américain Dick Cheney pendant que Sam Rockwell devient George W. Bush. La bande-annonce est irrésistible.

8- Un homme pressé : Fabrice Luchini est de retour au grand écran où il interprète un homme d’affaires dont la santé vacille et qui devra repenser sa façon de vivre et de concevoir la vie.

9- Mary, Queen of Scots (Marie, reine d’Écosse) : Margot Robbie et Saoirse Ronan jouent Élisabeth 1re et Mary Stuart dans ce drame historique épique.

10- At Eternity’s Gate (À la porte de l’éternité) : Willem Dafoe prend les traits de Vincent Van Gogh dans cette fresque réalisée par Julian Schnabel relatant les dernières années de la vie du célèbre peintre hollandais.

À tous ceux qui doivent voir ça!

Après quelques documentaires et courts métrages, Yan Giroux propose son premier long métrage de fiction intitulé À tous ceux qui ne me lisent pas, un film qui se concentre sur la vie de bohème du défunt poète québécois Yves Boisvert. Méconnu du grand public, ce cofondateur du Festival de poésie de Trois-Rivières est décédé en 2012 après avoir publié une cinquantaine d’ouvrages dont Les Chaouins, en collaboration avec son amoureuse Dyane Gagnon. Leur relation amoureuse – et créatrice – sert de base au scénario consigné par le romancier Guillaume Corbeil. Martin Dubreuil joue le poète, Céline Bonnier sa muse. De passage à Québec, le quatuor a donné des détails sur la fabrication de ce film beau et surprenant qui prend l’affiche au Clap le 23 novembre.

Yan Giroux, cinéaste.

Yan Giroux : « Yves a laissé une trace particulière dans ma vie. Je l’ai rencontré adolescent et il a changé mon parcours. Le film est né au moment où Yves était malade. Je voulais faire un documentaire et finalement, en rencontrant Guillaume, on s’est lancé dans l’aventure de fiction. On a voulu transcender les clichés autour du poète maudit avec de l’humour et de la vivacité. Sa vie, c’était aussi un combat contre la souffrance. Martin Dubreuil a un parcours plus rough et un background plus intéressant que bien des acteurs au Québec et ça, ça paraît à l’écran, ça sert le personnage. C’est pourquoi on l’a choisi parmi plus de 30 acteurs vus en audition. Je pense que présentement la poésie a un regain de popularité en milieu urbain. L’ère est propice à un retour de la poésie dans nos vies. Les gens ont envie, je crois, de voir du monde qui se bat pour ce qu’on pourrait appeler l’idée de la beauté. »

Guillaume Corbeil : « C’est librement inspiré de la vie d’Yves Boisvert et c’est davantage transmettre sa pensée, en fait, qu’on voulait reproduire à l’écran. On voulait se questionner sur le rôle du poète, son combat, les questions qu’il pose, qu’il nous renvoie. Le jour même où la SODEC nous a confirmé son appui financier,  j’ai croisé Martin Dubreuil dans la rue avec sa Old Milwaukee à 14 h de l’après-midi. Le déclic a été instantané. Martin correspondait parfaitement au rôle. Ha, ha! Ce film est un pari, car faire un film sur un poète, c’est risqué. La réponse des gens qui le voient jusqu’à présent est formidable. Mais c’est vrai qu’à la base, un tel sujet, c’est moins vendeur alors il faut travailler plus fort pour donner envie aux « moldus » de venir voir ce long métrage. »

Céline Bonnier, Henri Picard et Martin Dubreuil.

Céline Bonnier: « Dyane, c’est la femme qui a accompagné Yves les vingt dernières années de sa vie. Hier, à Sherbrooke, je l’ai rencontrée pour la première fois. Je lui disais que je la voyais comme une femme enracinée, tout le contraire d’Yves en fait. Elle m’a répondu et c’est un drôle de hasard, qu’Yves l’appelait justement « toé, l’enracinée ».  Le film évoque la vie d’un poète québécois d’aujourd’hui, mais il offre surtout un regard sur ce qu’on est en train de construire comme monde. Ça pose un regard sur le monde trop formaté dans lequel on vit et de l’art qui peut nous changer; le tout avec une grande simplicité et des images très poétiques. »

Martin Dubreuil : « Je me suis rapidement reconnu dans ce personnage. Comme lui, j’ai déjà eu un mode de vie nocturne avec tout ce qui vient avec. Je savais, en tournant les scènes, comment on se sent dans le milieu des arts ou des bars, je connaissais ces situations. Je n’ai pas connu personnellement Yves Boisvert et pourtant, on fréquentait le même monde et les mêmes endroits. Le film a plusieurs couches et il faut le voir pour bien comprendre l’esprit, car tenter de le résumer, c’est difficile. Il faut vivre l’expérience. »

Des bios à la tonne!

Viggo Mortensen et Mahershala Ali en vedette dans Green Book.

Le site Web dédié au cinéma Indiewire a récemment mis en ligne un article sur les films biographiques ayant marqué le cinéma. Amadeus, Walk the Line, Malcom X, La Liste de Schindler, My Left Foot, 32 films brefs sur Glenn Gould, Lawrence d’Arabie, Raging Bull, Persepolis, Bonnie and Clyde, Camille Claudel, I’m Not There, les titres biographiques mémorables sont nombreux et prennent toutes sortes de formes, du drame d’aventure grandiose au récit plus intimiste et personnel. La liste n’est pas exhaustive, loin de là, mais elle nous rappelle à quel point ce genre est toujours populaire auprès des cinéphiles.

On a beau recenser sur les écrans des tonnes de films de superhéros, une pléthore de drames historiques et de productions aux effets spéciaux foisonnants, les biographies ont encore la cote dans le paysage cinématographique en 2018. La preuve, voici en résumé les biopics (comme disent les Français) qui prendront l’affiche d’ici la fin de l’année, excluant des œuvres sorties récemment comme First Man et Bohemian Rhapsody.

Green Book : L’histoire du pianiste de jazz Don Shirley et de son chauffeur privé. Mahershala Ali pianote dans le sud des États-Unis dans ce long métrage réalisé par Peter Farrelly.

À tous ceux qui ne me lisent pas : Au Québec aussi on aime les bios, de Louis Cyr à La Bolduc. Ce premier long métrage de Yan Giroux s’attarde à la vie de bohème du défunt poète Yves Boisvert (joué par le formidable Martin Dubreuil). Et le résultat est tout simplement beau!

Willem Dafoe dans le rôle de Van Gogh

– A Private War : Dans ce drame, Rosamund Pike interprète Marie Colvin, la célèbre reporter de guerre au cache-œil qui s’est notamment retrouvée au cœur de la révolution syrienne.

At Eternity’s Gate : Après Tim Roth, Kirk Douglas et Jacques Dutronc, c’est maintenant au tour de Willem Dafoe d’incarner le célèbre peintre Van Gogh.

Mary Queen of Scots : Margot Robbie devient Elizabeth 1re et Saoirse Ronan incarne Mary Stuart dans cette fresque épique.

Un homme pressé : Dans le rôle d’un homme d’affaires insensible, Fabrice Luchini tente de changer radicalement son mode de vie. Le scénario s’inspire des mésaventures du magnat français Christian Streiff.

Vice : Christian Bale se transforme physiquement pour mieux devenir l’homme politique Dick Cheney dans cette satire filmique où Sam Rockwell emprunte quant à lui les traits de George W. Bush.

The Front Runner : L’ancien sénateur démocrate Gary Hart est incarné ici par Hugh Jackman. La carrière de ce politicien avait été éclaboussée par des accusations d’adultère lors des élections présidentielles de 1988.

À ces titres, on aurait pu ajouter The Favourite et L’Échange des princesses qui, sans être purement biographiques, s’intéressent la vie de personnalités royales chacun à leur façon. On se laisse avec la bande-annonce de On the Basis of Sex, film qui raconte les débuts professionnels de la juge Ruth Bader Ginsburg (jouée par Felicity Jones) qui se retrouvera à la Cour suprême des États-Unis.

L’équipe de rêve de Gilles Lellouche

Quand on regarde l’affiche de la comédie dramatique Le Grand Bain, film qui sort en salle le vendredi 9 novembre, au Clap, on se demande comment son réalisateur, Gilles Lellouche (mieux connu comme acteur), a pu réunir une telle brochette d’acteurs au cœur de cette aventure aquatique?

Au générique, on retrouve Guillaume Canet, Benoît Poelvoorde, le chanteur Philippe Katerine, Jean-Hugues Anglade, Mathieu Amalric, Marina Foïs, Virginie Efira, Noée Abita, Leïla Bekhti, Félix Moati, Jonathan Zaccaï et Mélanie Doutey. Une vraie dream team pour un cinéaste qui, lors de son passage au Québec, avoue avoir été un peu angoissé peu avant d’entreprendre le tournage de cette comédie dramatique tournant autour d’une équipe masculine de nage synchronisée.

Éditions Le Clap : Réunir autant d’acteurs connus ou renommés au sein d’un même film le condamnait-il inévitablement à un grand succès une fois lancé en salle?

Gilles Lellouche, réalisateur.

Gilles Lellouche : Oui et non. Mon casting est inhabituel surtout. J’ai réussi à regrouper des acteurs connus du grand public, Guillaume Canet et Benoît Poelvoorde notamment, mais aussi d’autres qui viennent d’univers différents comme le cinéma d’auteur pour Mathieu Amalric et Philippe Katerine qui a un genre musical, disons, bien à lui. Que le grand public en général embarque, ça, ça me fascine. C’est assez inédit. On a fait en deux semaines plus de 2 millions et demi d’entrées en France, ce qui est énorme! Je suis réellement surpris et ça me fait vraiment plaisir.

ÉLC : Votre film relate l’aventure d’une équipe masculine de nage synchronisée formée d’hommes au mitan de leur vie dont certains sont au bord de la dépression. C’était important pour vous d’avoir cet angle dramatique?

GL : Je suis sensible à la société dans laquelle je vis. Je regarde ce qui se passe autour de moi. Je suis un privilégié et les gens qui luttent, ceux qui n’ont pas eu ma chance me touchent. J’ai des copains avec qui j’ai étudié qui n’ont pas connu la célébrité au cinéma. Certains ont vu leur rêve s’envoler. C’est dur. Le personnage de musicien joué par Jean-Hugues Anglade vient de cette réflexion.

ÉLC : Poelvoorde et Katerine sont deux phénomènes en soi. De les diriger sur un tournage, est-ce chose facile?

GL: Ça s’est très bien passé même si je dois avouer que dans les deux cas, ils ont des personnalités très juvéniles. Ce sont comme des enfants qui aiment jouer, qui voient leur travail comme une partie de plaisir. Et personne ne s’est ennuyé sur mon tournage, on était une joyeuse bande. En plus, Benoît, dans l’eau, il se débrouillait très bien, car il avait été sauveteur dans sa jeunesse.

ÉLC : Justement, tourner un film de chorégraphies aquatiques avec des acteurs qui ne sont pas des experts nageurs au départ, ça ne vous a pas angoissé?

GL : L’angoisse, je l’ai ressentie deux semaines avant le début du tournage. Là, je voyais que ce serait concret, que tout le monde y serait et qu’il fallait éviter les dégâts. Je devais diriger tout ce beau monde, seul. Heureusement, l’équipe a été formidable. Le pire, j’avais un comédien (Thamilchelvan Balasingham) qui ne savait même pas nager. C’était la cerise sur le gâteau. Lui, il a eu une double ration de piscine. Vous savez, tout le monde s’est entraîné comme des dingues. On s’est lancé un peu naïvement dans cette aventure, avec un grand don de soi. Au final, il fallait être motivé, je l’avoue.

ÉLC : Le film connaît un tel succès depuis son lancement en France, qu’il est facile de penser qu’un producteur va vous inciter à concocter une suite, non?

GL : Ha, ha! Je ne crois pas parce que l’avantage de mon film, c’est que c’est un instantané sur un groupe de personnes. On est amené dans leur vie et après, c’est terminé. Faire un second Grand Bain, je n’en vois pas l’intérêt. Je vais tourner la suite des Petits Mouchoirs de Guillaume Canet et dans ce cas-là, j’avoue que c’est différent parce que c’est la chronique d’une bande d’amis. Le Grand Bain, au contraire, ce sont des personnes qui se rencontrent à cause de la nage et après ils repartent chacun dans leur monde.

ÉLC : Comme acteur, on vous verra bientôt dans Pupille réalisé par Jeanne Herry, un film sur l’adoption. Pourquoi devrions-nous le voir au cinéma?

GL : Quand vous allez voir Pupille, vous comprendrez l’importance de payer des impôts. Ça parait étrange, mais je m’explique… Dans ce film, on assiste à tous les efforts d’une chaîne humaine incroyable pour faire en sorte qu’un bébé abandonné à la naissance trouve un nouveau foyer. Moi, je n’avais jamais pensé qu’il y a des gens, payés par l’État, qui sont dévoués à ce point. C’est un film bouleversant de beauté et d’amour.

Dix incontournables pour novembre 2018

À tous ceux qui ne me lisent pas, film réalisé par Yan Giroux.

Ouf, par où commencer ? En novembre, on aurait pu facilement faire deux top 10 tellement le choix est vaste et le menu cinéma succulent. Les grosses pointures américaines seront au rendez-vous avec The Girls in the Spider’s Web, Casse-Noisette et les quatre royaumes, Bohemian Rhapsody, Les Animaux fantastiques 2 et Creed 2. Côté québécois, Monia Chokri incarnera avec humour la suicidaire Emma Peeters, L’Amour et Limonade promettent d’être bouleversants et Debbie Lynch-White est au générique de Happy Face. La France n’est pas en reste avec deux histoires touchantes : Nos batailles et La Prière. L’Hexagone proposera aussi une réflexion brillante sur l’amour et la fidélité avec Mademoiselle de Joncquières. Xavier Dolan donnera la réplique à Nicole Kidman dans Boy Erased et Melissa McCarthy, selon la rumeur, sera surprenante dans Can you Ever Forgive Me. Et tout ça, sans compter les confirmations toujours attendues pour les sorties à Québec de At Eternity’s Gate sur Van Gogh et If Beale Street Could Talk de Barry Jenkins. À travers cette fournée remarquable, voici les titres que j’ai choisis pour savourer le mois des morts.

À tous ceux qui ne me lisent pas : Cette première réalisation de Yan Giroux est une véritable surprise. Martin Dubreuil et Céline Bonnier y sont formidables, les images sont d’une beauté incroyable, et l’histoire, relatant librement la vie du défunt poète Yves Boisvert, s’avère aussi drôle que touchante.

The House that Jack Built (La Maison que Jack a construite) : Le nouveau Lars von Trier est comme à l’habitude dérangeant. On y suit un tueur en série joué par Matt Dillon qui, à travers des actes d’une rare violence, aime bien associer la philosophie et la culture à ses méfaits. Étrangement, le film ne serait en salle que deux jours à la fin de novembre. Réservez vos sièges!

Les Salopes ou le sucre naturel de la peau : Brigitte Poupart remportera sûrement un prix Iris comme meilleur actrice pour son rôle d’enseignante et de mère de famille infidèle très portée sur la chose, et qui tente d’en savoir plus sur les effets de l’attirance sexuelle sur la peau. Voilà une proposition plus qu’audacieuse signée Renée Beaulieu.

Green Book : Discrètement, ce film est en train de devenir l’un des favoris

Green Book avec Mahershala AliI et Viggo Mortensen

de la prochaine course aux Oscars. Ce drame biographique relate la relation entre un jazzman et son chauffeur lors d’une tournée dans l’Amérique profonde au début des années 60. Mahershala Ali et Viggo Mortensen y seraient incroyables.

The Favourite (La Favorite) : J’adore les oeuvres du Grec Yórgos Lánthimos. Ici, il dirige Emma Stone et Rachel Weisz dans un drame historique qui dépeint un conflit entre des personnalités ambitieuses à la cour d’Angleterre.

Le Poirier sauvage : Que dire sinon qu’un nouveau film signé du Turc Nuri Bilge Ceylan est un incontournable, lui qui sait si bien examiner la nature humaine sous toutes ses coutures et la mettre en images avec grâce, profitant des majestueux paysages de son Anatolie natale.

-Le Grand Bain : Gilles Lellouche a réunit une distribution incroyable pour sa comédie abordant avec tendresse la dépression chez les hommes au mi-temps de leur vie. Guillaume Canet, Benoît Poelvoorde, Mathieu Amalric et le chanteur Philippe Katerine font équipe en nage synchronisée dans ce film qui fait un tabac en France présentement.

Overlord : Cette production de J.J. Abrams dont le récit se déroule peu avant le célèbre jour J met en scène des soldats américains luttant contre une horde de zombies créés en laboratoire par les nazis en sol français. La bande-annonce est du bonbon pour les amateurs du genre.

Widows (Veuves) : On dit beaucoup de bien du nouveau Steve McQueen (Shame, 12 Years a Slave), une fiction vue comme un divertissement enlevant, engagé et féministe. Son générique fait saliver et on est curieux de découvrir ce film de braquage.

Suspiria : Luca Guadagnino nous transporte dans un univers fort éloigné de son œuvre précédente (Call me by your Name) en réalisant une nouvelle version de ce classique de l’horreur italien de Dario Argento. Tilda Swinton et Dakota Johnson sont au cœur de ce récit macabre et glauque, soutenu par la musique de Thom Yorke de Radiohead.

Dupieux fidèle Au poste!

Quentin Dupieux est un cinéaste français au cheminement très particulier, du moins autant que son univers filmique constitué de longs métrages humoristiques inclassables. Son plus récent film Au poste! est bien évidemment une comédie, très loufoque, très théâtrale, et qui rappelle invariablement certaines œuvres marquantes du cinéma français des années 70 et 80. De passage à Montréal à l’occasion du Festival du Nouveau Cinéma, le réalisateur nous a donné des détails par téléphone sur sa plus récente création, en salle à Québec, au Clap, dès le 19 octobre.

Éditions le Clap : Avant de tourner Au poste!, vous vous amusiez toujours à réaliser vos films à l’extérieur du pays, notamment aux États-Unis. Considérez-vous l’aventure de ce nouveau projet comme un retour au bercail?

Quentin Dupieux : Oui, tout à fait et c’était voulu. J’avais fait le tour de mon voyage en Amérique. C’est mon sixième long métrage, mais le tout premier tourné en France.

ÉLC : Au poste! relate une garde à vue dans un poste de police alors qu’un inspecteur, joué par Benoît Poelvoorde, interroge le témoin d’un meurtre. Comment avez-vous géré la présence de l’acteur sur le plateau, lui qui a une personnalité disons très expansive?

Grégoire Ludig, Quentin Dupieux, Benoît Poelvoorde

QD : J’avais entendu de sales histoires sur Benoît par des gens du milieu qui tentaient d’ailleurs de me décourager de l’engager pour le film. On disait de lui qu’il était infernal, très compliqué, etc. En fait, j’ai compris rapidement comment ce garçon fonctionne. Dès qu’il s’ennuie sur un plateau, il fout le bordel. Heureusement, mon rythme de tournage est très rapide. Sur mon plateau, il y a très peu d’attente, car je m’occupe moi-même de la lumière et de l’image, alors ça a réglé le problème. Benoît tournait toute la journée, sans temps mort, et il a ainsi retrouvé le plaisir de jouer.

ÉLC : Votre film évoque les films policiers qui se faisaient en France dans les années 70 et aussi, bien évidemment, Garde à vue de Claude Miller pour l’aspect face à face et huis clos. On pense également pour l’humour absurde à Buffet froid de Bertrand Blier. Ce sont des comparaisons justes?

QD : Tout le monde me cite le film de Blier et c’est normal, j’ai grandi avec Buffet froid alors ça transparaît inévitablement. Mais il y a aussi l’influence du Père Noël est une ordure ou encore du Magnifique avec Belmondo. J’avais envie de faire de bons dialogues à la française comme dans ces films et Le Père Noël… a ce côté théâtral qu’Au poste! a aussi.

ÉLD : Parlons d’argent. Vos productions sont simples et efficaces. Vous faites beaucoup avec peu, non? Rêvez-vous d’un plus grand budget pour vos films?

Quentin Dupieux, réalisateur.

QD : Je suis très à l’aise avec  un budget de 3,5 millions d’euros. Dans cette configuration, je fais exactement ce que je veux, sans pression. Je tourne comme ça me chante et les producteurs sont rassurés, car les enjeux financiers sont minimes. On me donne le final cut, ce contexte me permet d’être libre dans la création. Alors, non, je suis très heureux avec de petits budgets. Un film qui coûte cher et qui ne marche pas, c’est violent pour une carrière.

ÉLD : Poelvoorde accepte de tourner pour vous et Jean Dujardin sera au générique de votre prochaine réalisation, Le Daim. On parle de grosses pointures. Est-ce à dire que votre réputation de cinéaste est en pleine ascension?

QD: Sûrement un peu. Poelvoorde ne connaissait pas mon cinéma cela dit, il a aimé le scénario et embarqué dans mon aventure. Jean, lui, il était partant et connaissait mon univers. J’avoue que tout est génial et que j’ai beaucoup de chance de tourner avec eux.

ÉLC: Finalement, comment considérez Au poste! à travers votre filmographie?

QD: C’est mon premier classique. Je le dis sans prétention. Je pense qu’il sera diffusé chaque année à la télé pour le plaisir des téléspectateurs. Mes autres films sont plus marginaux. Ici, on est dans le plaisir tout simple du cinéma. Mon prochain film, Le Daim avec Jean Dujardin, sera quant à lui plus proche du cinéma amateur et sauvage que j’aime également faire.

Petite bio sommaire : Fils de garagiste parisien, Quentin Dupieux se fait remarquer voilà  vingt ans par un client de son père, Laurent Garnier, DJ et vedette de la french touch de l’époque. Il collabore avec ce dernier et travaille aussi avec Michel Gondry, développant ses talents de vidéaste iconoclaste tout en touchant à la musique électro sous le pseudonyme de Mr. Oizo. Par la suite, il se lance dans le cinéma en réalisant sept longs métrages échelonnés sur une dizaine d’années. Citons entre autres Rubber, une comédie d’horreur mettant en vedette un pneu tueur en série, Wrong Cops mettant en scène le chanteur Marilyn Manson et Réalité avec Alain Chabat.

Ces chanteurs qui jouent!

Charles Aznavour n’est plus. Il aura connu une carrière phénoménale avec sa voix unique et surtout une façon bien à lui d’écrire des textes où tous pouvaient se reconnaître. Aznavour devenait littéralement chacun des personnages de ses chansons comme sait si bien le faire un comédien. Il les faisait prendre vie, devenant tour à tour un homme rêvé, un homme brisé, un homme efféminé. On le regrettera.

Sa carrière, bien sûr, ne se résume pas qu’à ses multiples prestations sur scène et à ses dizaines de succès sur disques car l’Arménien avait aussi connu une très honorable carrière au grand écran et ça, on tend à l’oublier. Il était pourtant d’un naturel confondant dans la plupart de ses rôles. Durant les années 40 et 50, il fait quelques présences dans des films sans être vraiment remarqué. Il faut attendre 1960 et sa performance comme premier rôle dans Tirez sur le pianiste de François Truffaut pour réellement constater son aisance devant la caméra. Il tourne par la suite de deux à trois longs métrages par an, dont plusieurs polars très efficaces et plusieurs productions internationales grand public comme Intervention Delta ou plus pointue comme le chef-d’œuvre de Schlöndorff, Le Tambour. Chabrol et Lelouch lui font également confiance. Les années 80 et 90 seront marquées par de multiples rôles qu’incarnera l’artiste au petit écran. Sinon, on retiendra Ararat d’Atom Egoyan, un film (plutôt bancal) lancé en 2002 qui avait le mérite de faire le point en fiction sur le génocide arménien.

Chabrol, Serrault et Aznavour sur le plateau des Fantômes du chapelier.

En France, les chanteurs comme Aznavour ayant connu de belles carrières au grand écran sont nombreux. Comme si une tradition leur permettait de faire le pont entre ces deux formes d’art, et ce, sans discrimination. Yves Montand, Jacques Dutronc et Patrick Bruel sont parmi ceux qui se sont démarqués au même titre qu’Aznavour. Johnny Hallyday et Jacques Brel ont aussi été vus dans quelques productions. Certains acteurs, eux, ont fait le chemin inverse comme Guy Marchand et Lambert Wilson. Ailleurs, on se souviendra de Frank Sinatra ou de David Bowie. Au Québec, Félix Leclerc (Les Brûlés), Claude Gauthier (Entre la mer et l’eau douce), Donald Lautrec (Gina), Robert Charlebois (Un génie, deux associés, une cloche) nous viennent en tête. Et nous pourrions consacrer un texte en entier au pendant féminin de ce phénomène. Ce sera pour la prochaine fois. D’ici là, les chansons et les films d’Aznavour résonneront pour toujours comme des plaisirs indémodables.

Les dix films d’octobre 2018

A Star Is Born avec Bradley Cooper et Lady Gaga.

Octobre sera définitivement un beau mois de cinéma. Parmi la pléthore de longs métrages à l’agenda, plusieurs suscitent la curiosité dont The Hate U Give qui, selon les rumeurs, pourrait se retrouver aux Oscars.  Les films québécois Wolfe, Oscillations et Pervers ordinaire tenteront aussi d’attirer l’attention des cinéphiles. Mais bref, voici les dix titres à surveiller selon moi durant le mois.

1- A Star Is Born (Une étoile est née) : Quatrième version de cette histoire où musique et romantisme font bon ménage, le tout réalisé cette fois-ci par l’acteur Bradley Cooper qui y dirige une Lady Gaga lumineuse selon les premières critiques. Oscars en vue prise 1!

2- Halloween : Jamie Lee Curtis fait un retour dans l’univers qui nous l’a fait découvrir dans les années 70, celui du tueur maléfique et masqué Michael Myers. Est-ce réellement le film qui pourra relancer une série à bout de souffle depuis longtemps?

3- Beautiful Boy (Un garçon fantastique) : Découvert dans Call me by your Name, Timothée Chalamet incarne ici un jeune homme aux prises avec de graves problèmes de drogue et qui sera soutenu par son père (joué par Steve Carell) dans son désir de réhabilitation. Oscars en vue prise 2!

4- Genèse : Après le fort beau Les Démons, Philippe Lesage lance Genèse, un drame autour des premiers émois amoureux et jeux sexuels à l’adolescence. Théodore Pellerin et Noée Abita sont au cœur de cette histoire de type coming of age. (NDLR la sortie pourrait être repoussée)

5- First Man (Le Premier Homme) : Après La La Land, le cinéaste Damien Chazelle refait équipe avec Ryan Gosling pour nous raconter l’alunissage d’Apollo 11 qui permettra ensuite à Neil Armstrong de faire ses premiers pas sur la Lune, en 1969. Oscars en vue prise 3!

6- Bad Times at the El Royale (Sale Temps à l’hôtel El Royale) : Film qui ressemble à une grosse BD déjantée avec à son générique Chris Hemsworth, Dakota Fanning, Jon Hamm et Jeff Bridges. Une production éclatée et déterminée à nous divertir.

7- Anthropocène : l’époque humaine : Ce documentaire aux images aussi fabuleuses qu’inquiétantes met en scène la splendeur de la nature terrestre et notre mode de vie et de consommation, tous deux dévastateurs pour l’environnement.

8- Au poste! : Prince des comédies absurdes et iconoclastes, Quentin Dupieux met en scène Benoît Poelvoorde dans le rôle d’un commissaire de police en tête à tête avec un homme soupçonné de meurtre. La vérité dans ce récit loufoque ne serait pas celle qu’on pense.

9- Venom : Après avoir incarné Bain dans Batman, l’acteur caméléon Tom Hardy replonge dans le monde des superhéros en enfilant le costume de Venom associé à l’univers de l’homme-araignée. Juste pour le jeu de Hardy, le film mérite assurément le coup d’œil.

10- The Sisters Brothers (Les Frères Sisters) : Voici l’adaptation du roman plébiscité de Patrick deWitt, réalisé par Jacques Audiard, fort d’une distribution de haut calibre constituée de Joaquin Phoenix, John C. Reilly et Jake Gyllenhaal. Un western hors norme qu’on a hâte de découvrir.