Oscars au féminin

Dans la catégorie Meilleure actrice dans un rôle principal en vue de la prochaine cérémonie des Oscars prévue le 9 février prochain, quels sont les noms qui circulent actuellement et qui devraient se retrouver finalistes selon les rumeurs et les prévisions?

Renée Zellweger : Si le film Judy n’est pas mémorable, tous saluent la performance de l’actrice dans ce long métrage biographique se penchant sur le chant du cygne de l’actrice et chanteuse Judy Garland.

Scarlett Johansson : Dans Marriage Story, une production Netflix, la comédienne se surpasse selon les experts alors qu’elle forme avec Adam Driver un couple au bord du divorce.

Saoirse Ronan : L’actrice irlando-américaine est la tête d’affiche de la nouvelle version de Little Women dans laquelle on retrouve également Meryl Streep et Emma Watson. Sa performance serait irréprochable dans cette réalisation signée Greta Gerwig.

Saoirse Ronan dans Little Women.

Charlize Theron, Nicole Kidman, Margot Robbie : Les rumeurs sont plus que positives et font l’éloge du trio d’actrices dominant la distribution du drame Bombshell portant sur les coulisses du réseau Fox News. Réussiront-elles à toutes se démarquer aux yeux de l’Académie pour être finalistes?

Juliette Binoche : La Vérité, le tout dernier film du Japonais Hirokazu Kore-eda, devrait prendre l’affiche aux États-Unis à Noël et on s’est beaucoup attardé sur la finesse de jeu de Juliette Binoche dans ce drame où elle donne la réplique à Catherine Deneuve.

Parmi les autres noms qui circulent, notons Felicity Jones pour son rôle dans The Aeronauts, Helen Mirren dans The Good Liar, Emily Beecham dans Little JoeJodie Turner-Smith pour Queen & Slim, Cynthia Erivo dans le drame biographique Harriet et Alfre Woodward pour sa performance dans le drame judiciaire Clemency. À suivre le 13 janvier lors de l’annonce des nommées, d’ici là, voici la bande annonce de Bombshell.

Antigone, un candidat de choix aux Oscars

Antigone, réalisé par Sophie Deraspe.

Antigone, le film de Sophie Deraspe qui prendra l’affiche en novembre, est le candidat du Canada pour l’Oscar du Meilleur film international (Meilleur film en langue étrangère). Au total, 93 films de 93 nations différentes ont été soumis dans cette catégorie cette année. Un record! La liste complète vient d’être dévoilée par l’Académie.

Quand on regarde les nommés, pays par pays, Antigone fait belle figure. Évidemment, plusieurs titres méconnus pourraient surprendre et être finalistes. Mais si nous regardons de près les films qui peuvent faire compétition au candidat canadien, la liste est courte. Il y a Douleur et gloire d’Almodóvar pour l’Espagne, Le Traître de Marco Bellocchio pour l’Italie, Papicha pour l’Algérie, le très beau Monos pour la Colombie, Les Misérables pour la France, Parasite pour la Corée du Sud et deux coproductions canadiennes, Gaza, documentaire représentant l’Irlande et It Must Be Heaven, tourné à Montréal et nommé pour la Palestine.

En décembre, neuf titres seront sélectionnés sur les 93 pour la finale et les cinq longs métrages finalistes seront eux annoncés le 13 janvier prochain. La soirée des Oscars aura quant à elle lieu le 9 février 2020. Pour voir la liste des 93 titres : https://bit.ly/2VnudLP 

Octobre 2019 en dix titres

Joaquin Phoenix dans Joker.

À vue de nez, octobre 2019 est un mois appétissant, regorgeant de nombreux titres associés au cinéma de genre. Dans le calendrier de sorties, des productions québécoises côtoient des films étrangers primés à Cannes et Venise, des œuvres de science-fiction, d’horreur et même des comédies fantaisistes. Voici les dix longs métrages à voir en priorité ce mois-ci.

1- Joker : Déjà, les rumeurs vont bon train concernant la nomination assurée aux Oscars de Joaquin Phoenix comme meilleur acteur. La bande-annonce fait saliver, la proposition semble audacieuse et tourne le dos au schéma habituel des films de superhéros. Ce film consacré aux origines de l’ennemi ultime de Batman, réalisé par Todd Phillips, est définitivement l’un des plus attendus de 2019.

2- Matthias et Maxime : Huitième long métrage réalisé par Xavier Dolan, écrit par Xavier, avec Xavier dans le rôle de Maxime. Le film contient les morceaux de bravoure ou les tics habituels de mise en scène du cinéaste, c’est selon, avec comme personnages secondaires des mères au maquillage et aux costumes outranciers et surtout, et fort heureusement, Camille Felton, formidable en jeune étudiante au phrasé franglais surréaliste.

3- Kuessipan : Myriam Verreault transpose avec beaucoup de talent au grand écran le roman de Naomi Fontaine dépeignant les destinées de deux adolescentes autochtones issues d’une réserve près de Sept-Îles. L’une veut poursuivre ses études, l’autre devient mère au foyer. Un fort beau film teinté d’espoir et éloigné de tout misérabilisme.

4- Jojo Rabbit : L’histoire a de quoi séduire. Dans l’Allemagne de la Seconde Guerre, un jeune garçon a comme ami imaginaire Adolf Hitler. Lorsque sa mère héberge une jeune Juive qui craint pour sa vie, les choses se gâtent. On nage en pleine comédie surréaliste avec ce film du Néo-Zélandais Taika Waititi jouant Hitler de façon loufoque et décomplexée aux côtés de Scarlett Johansson.

5- Les Fleurs oubliées : André Forcier est de retour en nous ramenant le frère Marie-Victorin dans un Montréal dystopique dont la flore et la faune sont plus que jamais menacées. Yves Jacques et Roy Dupuis s’amusent à incarner le célèbre botaniste et un apiculteur idéaliste.

6- Parasite : À la fois comédie, drame social et suspense flirtant avec l’horreur, ce film atypique de Boog Joon-ho a reçu la Palme d’or lors du tout dernier Festival de Cannes. Il met en scène une famille de Bougon s’immisçant chez une famille bourgeoise. Assurément l’un des longs métrages les plus forts de 2019. À ne pas rater.

7- Zombieland: Double Tap (Zombieland : le doublé) : Le premier avait connu un beau succès, mélangeant horreur et comédie. Revoilà cette équipe dépareillée réunie, toujours formée de Jesse Eisenberg, Emma Stone, Woody Harrelson et Abigail Breslin chassant le zombie à qui mieux mieux.

6- Gemini Man (L’Homme gémeau) : Will Smith en formule deux pour un. Dans ce drame de science-fiction réalisé par Ang Lee, l’acteur joue un chasseur de prime pris en chasse par son clone, plus jeune et plus fougueux. Un film d’action qui permet aussi de réfléchir sur l’avenir de l’Homme.

Willem Dafoe et Robert Pattinson dans The Lighthouse.

9- The Lighthouse (Le Phare) :  Robert Eggers avait fait une forte impression avec The Witch. Il est de retour avec un film d’épouvante et d’ambiance glauque mettant en vedette Willem Dafoe et Robert Pattinson dans les rôles de gardiens de phare hantés par leur imaginaire. Tourné en noir et blanc, ce drame cauchemardesque semble très prometteur.

10- Douleur et gloire : Pedro Almodóvar permet à Antonio Banderas d’incarner un peu son alter ego en endossant le habits d’un réalisateur diminué par la maladie et tentant de renouer avec son passé. D’une grande beauté, le film brille par sa façon subtile de tracer le bilan de vie d’un artiste qui sent son existence lui échapper rapidement.

N.B. Plusieurs des titres nommés verront possiblement leurs sorties en octobre réservées exclusivement au marché montréalais avant de sortir début novembre dans les salles de Québec.

Juliette Binoche et son avatar

En entrevue, Safy Nebbou ne tarit pas d’éloges au sujet de Juliette Binoche. Il en a fait l’héroïne de son 6e long métrage intitulé Celle que vous croyez, à l’affiche le 27 septembre. Dans cette adaptation d’un roman de Camille Laurens, le rôle la comédienne excelle une fois de plus dans le rôle de Claire. Elle joue avec naturel cette femme dans la jeune cinquantaine, blessée par un récent divorce et qui, engagée dans une relation avec un homme plus jeune qu’elle, se crée un faux compte sur Facebook pour mieux épier son amoureux. De cette façon, elle prend contact avec le meilleur ami de son amant. Mais au fil des discussions virtuelles, ils s’éprennent l’un de l’autre. Le problème, c’est que l’avatar de Claire, prénommé Clara, a l’image d’une belle jeune femme de 24 ans. Le jeu de dupes de Claire/Clara deviendra peu à peu fort périlleux.

Safy Nebbou, réalisateur.

Le réalisateur Safy Nebbou, auteur notamment de L’Empreinte et de L’Autre Dumas, avoue s’être inspiré du célèbre roman épistolaire Les Liaisons dangereuses pour mettre en scène son drame qui, il faut l’avouer, est très d’actualité. Tellement, qu’il a lui-même été victime, au moment de l’écriture de son film, d’un leurre du même acabit sur un réseau social. Son expérience l’a évidemment nourri pour bâtir un récit touchant, marqué par le jeu sensible d’une Juliette Binoche au sommet de son art. « Mon film, c’est Les Liaisons dangereuses 2.0 si je puis dire, un film teinté aussi par l’univers littéraire de Marguerite Duras et de sa vision des relations amoureuses. Mon récit est bâti un peu comme des poupées russes, c’est ce qui m’a inspiré pour enchaîner les scènes qui mèneront inévitablement vers un dénouement inattendu », d’ajouter le cinéaste français.

En Juliette Binoche, Nebbou a trouvé celle qui pouvait incarner avec, paradoxalement, autant de force que de fragilité cette femme mature qui rêve de pouvoir séduire comme lorsqu’elle

Juliette Binoche (Claire), François Civil (Alex Chelly)

avait vingt ans. Son personnage sera grisé par un coup de foudre virtuel inattendu et Claire/Clara devra faire des choix cruels qui donnent une portée narrative forte et inattendue à Celle que vous croyez.

Quand on demande au réalisateur quels sont les thèmes qui reviennent dans chacune de ses œuvres et qui forment petit à petit une filmographie des plus intéressantes marquée souvent par de lourds secrets, il cite la quête d’identité et le parcours initiatique, et ce, sans pourtant vouloir être casé dans un genre cinématographique en particulier. Safy Nebbou s’attèle présentement à sa prochaine réalisation, l’adaptation du roman jeunesse L’Œil du loup de Daniel Pennac qu’il prévoit tourner en 2020 dans cinq pays différents, dont le Canada, puisqu’il foulera les terres de l’Alberta lorsque le tout se mettra en branle. La partie financement se bouclera bientôt, mais l’actrice Marie Desplechin planche déjà en sa compagnie sur le scénario. C’est à suivre!

D’ici là, Celle que vous croyez prend enfin l’affiche au Québec après une sortie en France en février dernier. Le film a attiré l’œil de nombreux distributeurs à travers le monde puisqu’il est vendu dans plus de 40 pays.

Un clown en route pour les Oscars

Joaquin Phoenix dans The Joker.

L’automne, c’est le moment où de nombreux films sont présentés en primeur dans différents festivals comme la Mostra de Venise, le TIFF, celui de Telluride, le FCVQ, le FNC, etc. Les grands et petits studios vont mettre en vitrine dans ces événements leurs productions, et ce, afin de créer un engouement, un buzz comme on dit dans le milieu, et de mousser la sortie subséquente en salle, mais aussi une possible nomination aux Oscars.

Au moment où ce blogue s’écrit et à la lecture des commentaires généraux de journalistes couvrant les festivals, il est déjà assez facile d’entrevoir  les différents candidats à l’Oscar du meilleur acteur pour l’année 2019. Voici, en résumé, les principaux noms qui se démarquent et qui circulent présentement pour une éventuelle nomination.

Joaquin Phoenix : The Joker vient de gagner le Lion d’or à la Mostra et au cœur du film, on retrouve Joaquin Phoenix dans le rôle principal de l’ennemi juré de Batman. La performance de Phoenix a été saluée par l’ensemble des scribes réunis à Venise. Dans la bande-annonce, le comédien apparaît amaigri, porté par une grâce maléfique dans chacune des scènes de cet antépisode relatant les origines du célèbre supervilain. On peut déjà le dire, Joaquin Phoenix est déjà le favori aux yeux de bien des spécialistes. Sortie prévue à la mi-octobre.

Brad Pitt : Et deux fois plutôt qu’une car l’acteur, formidable de coolitude dans Once Upon a Time… in Hollywood de Tarantino, serait en plus sublime dans Ad Astra, film de science-fiction de James Gray qui sortira fin septembre.

Antonio Banderas : Grandiose dans le rôle d’un cinéaste dont la santé vacille dans Douleur et gloire de Pedro Almodóvar, l’acteur espagnol pourrait-t-il surprendre en s’élevant au-dessus de la partisanerie de l’Académie. Le film sera à l’affiche à la fin du mois d’octobre.

Edward Norton : Interpréter un personnage ayant un handicap quelconque joue souvent en faveur d’un comédien. Pensons à Dustin Hoffman, Daniel Day-Lewis, Eddie Redmayne, tous oscarisés dans cette situation. Dans Motherless Brooklyn, Norton joue un homme atteint de la maladie de Gilles de la Tourette. On a bien hâte de voir ce drame policier début novembre.

Edward Norton dans Motherless Brooklyn.

Michael B. Jordan : Dans Just Mercy, Jordan interprète un avocat à la défense d’un condamné à mort injustement incriminé. La rumeur s’accroît autour de sa performance dans ce drame judiciaire et social bouleversant qui sortira début janvier 2020.

Tom Hanks dans A Beautiful Day in the Neighborhood, Matt Damon et Christian Bale dans Ford v Ferrari, Eddie Redmayne dans The Aeronauts, Adam Driver dans Marriage Story, un film Netflix de Noah Baumbach et Taron Egerton dans Rocket Man sont aussi à surveiller, et ce, sans compter le triumvirat formé de Joe Pesci, Al Pacino, Robert De Niro dans The Irishman de Martin Scorsese dont on attend les premiers échos. Reste à voir si quelques candidats insoupçonnés (underdogs) s’ajouteront d’ici la fin de l’année.

À venir, coup d’œil sur les films et actrices à surveiller pour les Oscars.

Dix films à voir en septembre 2019

It Chapter 2

La rentrée cinéma de l’automne se fera sous le signe de la diversité avec des titres fort attendus, et ce, dans tous les genres cinématographiques. Voici les dix titres qui devraient se distinguer ce mois-ci.

1- It Chapter 2 (Ça : chapitre 2) : L’action se déroule 27 ans après les événements du premier chapitre et les enfants, devenus adultes, seront de nouveau hantés par l’entité maléfique surnommée Pennywise. En bonus, un caméo de Xavier Dolan dans cette suite très attendue, adaptée du classique de l’horreur signé Stephen King.

2- Soleils noirs : Ce documentaire du Québécois Julien Elie nous plonge dans l’enfer des guerres entre les cartels de drogue au Mexique en faisant témoigner ceux qui sont les victimes collatérales de cette guérilla sanglante qui fait des milliers de morts chaque année et qui entraîne aussi d’inquiétantes disparitions de milliers de Latino-Américaines.

3- The Goldfinch (Le Chardonneret) : Un garçon ayant survécu à un attentat à la bombe dans un musée, explosion qui l’a rendu orphelin, est pris en charge par une famille bourgeoise de New York. Nicole Kidman est au générique de cette adaptation du roman à succès de Donna Tartt réalisée par John Crowley.

4- Il pleuvait des oiseaux : Cette adaptation du roman de Jocelyne Saucier est signée Louise Archambault et a été tournée en partie au nord de Québec. Le film offre à Andrée Lachapelle l’un de ses plus beaux rôles en carrière. C’est surtout pour sa belle complicité au grand écran avec Gilbert Sicotte que ce long métrage vaut le détour.

5- Downton Abbey : Difficile de passer à côté de ce film faisant suite à la mémorable série télévisée britannique qui nous amènera à la fin des années 20, après les événements relatés dans les six saisons, avec un récit toujours centré sur une lignée d’aristocrates et de ses employés dans l’Angleterre de l’entre-deux-guerres.

6-Vivre à 100 milles à l’heure : Louis Bélanger nous raconte quelques-uns de ses souvenirs d’enfance à travers l’amitié d’une bande d’adolescents de Québec qui font les 400 coups dans les années 70 et 80.

7- Celle que vous croyez : Juliette Binoche est bouleversante dans le rôle d’une divorcée qui se forge un avatar sur Facebook et se fait prendre au jeu de la séduction avec le meilleur copain de son petit ami. Un jeu de duperie sentimentale dangereux où l’actrice d’expérience démontre tout son talent.

8- Rambo: Last Blood (Rambo : la dernière mission) : Dans ce dernier chapitre (vraiment?) des aventures de John Rambo, Sylvester Stallone nous amène au Mexique pour un affrontement tonitruant entre son héros et un puissant cartel de drogue. Un film qui sent le pop-corn.

9- Crystal Swan (Le Cygne de cristal) : Ce film russe s’intéresse au destin d’une DJ, Velya, aux allures d’une Madonna des années 80, qui rêve de faire carrière aux États-Unis. Hélas, un mensonge sur sa demande de visa va l’amener à passer plusieurs jours dans une petite ville industrielle encore enracinée dans l’ère soviétique.

10- Ad Astra (Vers les étoiles) : On est très curieux de voir cette nouvelle réalisation de James Gray, qui n’avait jamais touché jusqu’ici au film de science-fiction. Brad Pitt navigue dans l’espace dans une histoire relatant la quête spatiale d’un ingénieur autiste qui veut retrouver son père disparu il y a vingt ans lors d’un voyage vers Neptune.

L’automne 2019 à saveur de fictions québécoises

Les Fleurs oubliées d’André Forcier.

La saison d’automne arrive à grands pas et avec elle, la plus grande part des films de fiction québécois appelés à prendre l’affiche cette année. Voici en résumé les titres qui débarqueront au grand écran de septembre à décembre. N.B. Ce calendrier est sujet à changements.

1- Il pleuvait des oiseaux (septembre) : Louise Archambault a tourné une partie de son film (adapté du roman de Jocelyne Saucier) au nord de Québec. Gilbert Sicotte, Andrée Lachapelle et Rémy Girard s’y donnent la réplique.

2- Vivre à 100 milles à l’heure (septembre) : La nouveauté de Louis Bélanger sera présentée au FCVQ avant de prendre l’affiche ensuite dans nos salles. Bélanger revisite son adolescence, mêlant ses souvenirs d’enfance à la fiction autour d’une bande de jeunes de Québec faisant les 400 coups.

Matthias et Maxime de Xavier Dolan.

3- Matthias et Maxime (octobre) : À la suite d’un baiser pour les besoins d’un tournage, deux amis voient leurs sentiments bousculés. Le plus récent long métrage de Xavier Dolan promet de brasser nos émotions en s’intéressant à l’orientation sexuelle et aux amitiés de jeunesse.

4- Les Fleurs oubliées (octobre) : André Forcier renouvelle sa poésie filmique autour du thème de la lutte contre les OGM. Il va au combat accompagné de Roy Dupuis en apiculteur idéaliste et Yves Jacques en frère Marie-Victorin revenu d’entre les morts.

5- Kuessipan (octobre): Myriam Verreault, qui avait coréalisé À l’ouest de Pluton, adapte le roman de Naomi Fontaine, illustrant en images la vie de deux adolescentes innues inséparables mais qui verront leurs destinées s’éloigner peu à peu. Sans mièvrerie, ce récit sur le passage vers l’âge adulte possède une belle authenticité qui charmera à coup sûr.

6- Apapacho – une caresse pour l’âme (octobre) : Un film sur le deuil, sur la façon bien particulière d’entrevoir la mort et le décès de ses proches chez les Mexicains en mettant en relief la douleur de deux Québécoises qui viennent de perdre leur sœur. Fanny Mallette et Laurence Lebœuf sont les têtes d’affiche.

Les Barbares de la Malbaie de Vincent Biron.

7- Jouliks (novembre) : Mariloup Wolfe nous entraîne dans ce récit  tendre et poétique centré sur la vie de Yanna, une jeune fille de sept ans. Adaptation de la pièce de théâtre de Marie-Christine Lê-Huu.

8- Les Barbares de La Malbaie (novembre) : Comédie dramatique de Vincent Biron, qui met en vedette Philippe-Audrey Larrue St-Jacques et prend la forme d’un road trip allant de La Malbaie jusqu’à Thunder Bay avec en toile de fond le hockey.

9- Antigone (novembre) : Cette relecture moderne du classique de Sophocle, signée Sophie Deraspe, nous raconte l’histoire d’une adolescente qui lutte contre les autorités qui ont incarcéré son frère.

10- Le Vingtième siècle (décembre) : Matthew Rankin nous propose un premier long métrage fort attendu portant sur le premier ministre Mackenzie King qui, dans sa jeunesse à Toronto, voit son coeur balancer entre une infirmière québécoise et une soldate britannique, tout en entretenant une liaison secrète avec… une chaussure.

11- The Song of Names (décembre) : François Girard examine le destin de deux enfants juifs ayant grandi ensemble durant la Seconde Guerre mondiale et qui verront leurs destins liés à jamais. Clive Owen et Tim Roth sont au générique.

12- Wilcox : Tourné rapidement, sans son, avec un budget famélique mais porté par l’imaginaire toujours très fertile de Denis Côté, WILCOX porte sur un homme dont on ne sait rien, qui erre sur les routes du Québec. Guillaume Tremblay joue le loup solitaire.

13-1 4 jours, 14 nuits : Anne Dorval joue une océanographe qui s’envole au Vietnam sur les traces des origines de Clara, sa fille adoptive. Jean-Philippe Duval réalise ce drame exotique sur l’identité.

14- La Rivière sans repos : Marie-Hélène Cousineau s’intéresse à nouveau dans cette fiction à la culture inuite avec ce film dont le scénario est basé sur le roman éponyme de Gabrielle Roy.

15- Blood Quantum : Une réserve autochtone micmaque lutte contre une horde de zombies. Voilà la trame du second long métrage de Jeff Barnaby. Les films de genre, il y en a trop peu. On a drôlement hâte à celui-ci.

Et pour l’hiver 2020, on verra apparaître à l’agenda L.A. Tea Time, C’est ça le paradis, Une manière de vivreLa Déesse des mouches à feu, Mafia inc., Live StoryLes Nôtres, Tu te souviendras de moi, Merci pour tout, On ment toujours à ceux qu’on aiment, L’État sauvage, Sympathie pour le diable, Réservoir, Gut Instinct, Le Rire, Cimes, Slaxx et My Salinger Year. À suivre!

Août 2019 en dix titres

Kit Harington en vedette dans The Death and Life of John F. Donovan de Xavier Dolan.

Août sera un mois qui proposera de nombreuses productions pour enfants, de Dora l’exploratrice à Royal Corgi, en passant par Angry Birds 2. Ce sera aussi un mois qui accueillera le neuvième film, oui le neuvième, de la série des Fast & Furious. Mais attardons-nous sur dix autres titres piquant davantage notre curiosité et qui prendront tous l’affiche avant la rentrée de septembre.

The Death and Life of John F. Donovan (Ma vie avec John F. Donovan) : Plusieurs films québécois seront à l’affiche en août dont Jeune Juliette d’Anne Émond et Le Coupable d’Onur Karaman. Mais celui signé Xavier Dolan, attendu depuis presque un an, est définitivement à mettre en haut de la liste. Malgré une rumeur tiède le concernant, le long métrage mettant en vedette Kit Harington et Natalie Portman a de quoi intriguer.

Blinded by the Light : Fin des années 80, en Angleterre, un adolescent d’origine pakistanaise gagne en confiance en découvrant les chansons de Bruce Springsteen. Un long métrage musical qui paraît aussi amusant que charmant, parfait pour la fin des vacances.

Where’d you Go, Bernadette (Bernadette a disparu) : Dans sa nouvelle comédie dramatique, le cinéaste Richard Linklater (Boyhood) met en scène une adolescente qui tente de comprendre pourquoi sa mère est subitement partie sans laisser de trace. Cate Blanchett joue la disparue.

L’Heure de la sortie : Thriller surprenant et fort efficace autour d’un groupe d’adolescents qui, à l’ombre d’une centrale nucléaire, forme un clan mystérieux. Laurent Lafitte joue leur enseignant dépassé par les événements.

Nos vies formidables : Une jeune femme se retrouve dans un centre de désintoxication en pleine campagne française. Sur place, l’adaptation sera ardue, mais elle trouvera des alliés qui, comme elle, ont tous des démons intérieurs à combattre. Un film dur, mais rempli d’humanisme.

Scary Stories to Tell in the Dark (Histoires effrayantes à raconter dans le noir) : Des histoires à faire frissonner, il y en aura ce mois-ci avec ce film et aussi avec la suite de 47 Meters Down et Ready or Not. Scary Stories to Tell in the Dark est l’adaptation d’une série de romans de peur mettant en scène des enfants qui veulent sauver leur petite ville des forces du mal.

Cuba merci gracias

Cuba merci gracias : Voici un film québécois situé à mi-chemin entre  fiction et documentaire. Durant quelques jours, on suivra deux amies dans la vingtaine, parties en voyage à la découverte de Cuba. Rien de plus, rien de moins, sinon qu’une amitié intime épiée par la caméra et soutenue par le charme et le naturel de ses deux interprètes, Alexa-Jeanne Dubé et Emmanuelle Boileau.

After The Wedding (Après la noce) : Remake du fort beau long métrage de la Danoise Susanne Bier, cette version a comme têtes d’affiche Michelle Williams et Julianne Moore. Avec deux des meilleures actrices américaines du moment, difficile de passer à côté.

Pauvre Georges! : Monia Chokri connaît définitivement une grosse année 2019. Dans cette coproduction Canada-Belgique explorant à la campagne le drame que vit un ado, elle joue aux côtés de l’excellent Grégory Gadebois.

Fabuleuses : Avec intelligence et humour, le milieu superficiel des influenceuses est ici scruté de belle façon par Mélanie Charbonneau qui nous offre son premier long métrage. Noémie O’Farrell, Mounia Zahzam et Juliette Gosselin forment à l’écran un trio énergique et dépareillé.

Les 10 films à voir en juillet 2019

Brad Pitt, Margot Robbie et Leonardo DiCaprio dans Once Upon a Time in Hollywood de Quentin Tarantino.

Il n’y aura pas de surenchère de sorties en juillet, mais les titres inscrits à l’agenda ce mois-ci sont diversifiés et devraient contenter les cinéphiles en tous genres. Voici les dix films qu’il ne faut pas manquer en plein cœur de l’été.

1- Once Upon a Time in… Hollywood (Il était une fois à… Hollywood) : Oh que nous l’attendons avec impatience ce nouvel opus de Tarantino se déroulant à Los Angeles, fin des années 60, alors que l’actrice Sharon Tate s’apprête à devenir la victime du sinistre gourou Charles Manson. Avec Pitt et DiCaprio au générique, et Quentin aux commandes, difficile de se tromper.

2- Menteur : Difficile d’ignorer ce titre dans la liste de juillet au vu de récents commentaires médiatiques concernant la grisaille qui caractériserait la majorité des films québécois. Ici, avec cette comédie signée par le spécialiste du genre au Québec, Émile Gaudreault, on nage dans l’humour absurde, et ce, sans retenue. On a surtout hâte de voir les performances d’Antoine Bertrand et de Geneviève Schmidt qui entourent l’humoriste Louis-José Houde dans le rôle du menteur invétéré.

3- Marianne & Leonard: Words of Love : Ce documentaire nous présente celle qui a donné son nom à une célèbre chanson (So Long Marianne) de Leonard Cohen et qui lui en a inspiré plusieurs autres. Leur relation amoureuse, éphémère, puissante, triste et belle à la fois, est ici mise en lumière par l’entremise de témoignages et de lettres écrites par le poète à l’attention de sa muse durant plusieurs décennies.

4- Duelles : Un polar français très hitchcockien qui relate la relation toxique entre deux voisines dans une banlieue française en plein cœur des années 60. Un Desperate Housewives qui glace le sang. Sombre et divertissant à la fois.

5- Crawl (Terreur dans la tempête) : Oh! Voici le plaisir coupable estival par excellence pour suer d’effroi dans une salle de cinéma même climatisée. À la suite d’un ouragan, une femme coincée dans une maison doit lutter contre des alligators. Le scénario parfait pour laisser son cerveau au vestiaire et se faire une belle frousse. Le Français Alexandre Aja réalise le tout.

6- The Lion King (Le Roi Lion) : Cette nouvelle mouture en animation du célèbre dessin animé de 1994 tentera de rejoindre ceux qui ont été marqués par l’original, mais aussi les plus jeunes qui méconnaissent cet univers exotique et cruel du monde animal africain. La bande-annonce est franchement impressionnante.

7- Spider-Man: Far From Home (Loin des siens) : Tom Holland endosse à nouveau le costume de l’homme-araignée lors d’un voyage scolaire en Europe où il rencontrera Mysterio. Filmé à Prague, à Venise et à Londres, ce nouveau Marvel devrait nous en mettre plein la vue.

8- C’est ça l’amour : Ce joli drame familial met en relief l’amour d’un père pour ses deux filles au moment où il tente de se remettre émotivement du départ de sa femme également mère de sa progéniture. Bouli Lanners, dans le rôle principal, y trouve l’un de ses plus beaux rôles à l’écran.

9- The Art of Self-Defense : Jesse Eisenberg, qu’on aime d’amour, joue le rôle d’un Américain moyen qui se met à suivre des cours de kung-fu dans l’espoir de se débarrasser de l’anxiété maladive qui l’affecte depuis qu’il a été passé à tabac par une bande de motocyclistes. Un drame cynique dit-on sur les névroses de l’Amérique actuelle.

10- Midsommar : Le réalisateur de Hereditary signe ce film sur une bande d’Américains en vacances dans un petit village suédois pour assister à la fête du solstice d’été et qui les amènera à être témoins de rituels païens assez inquiétants. Les images de la bande-annonce donnent froid dans le dos.

Le drôle de parcours de Ken Scott

L’Extraordinaire Voyage du fakir de Ken Scott, avec Dhanush et Bérénice Bejo.

Ken Scott a toujours voulu faire du cinéma, comme réalisateur principalement. Connu au départ dans le milieu de l’humour quand il a fait partie du groupe Les Bizarroïdes, aux côtés notamment de Martin Petit, le cinéaste et scénariste s’est servi de ce tremplin pour mieux apprendre à faire rire le public ce qui allait le mener à scénariser et à réaliser des comédies au grand écran. De passage à Québec pour la promotion de sa plus récente réalisation, L’Extraordinaire Voyage du Fakir, il a bien voulu nous donner des détails sur la conception de son film, mais aussi sur sa situation actuelle, lui qui a l’air à cheval entre le Québec, la France et les États-Unis.

Le Clap : Votre film est une coproduction, mais le Québec n’est pas impliqué dans ce projet?

Ken Scott : Effectivement non. C’est plutôt une coproduction entre la France, l’Inde et l’Italie. Au départ, j’étais le seul Canadien sur mon film, mais j’ai réussi à inviter l’actrice Sarah-Jeanne Labrosse à en faire partie.

LC : C’est l’adaptation d’un roman populaire de Romain Puértolas intitulé L’Extraordinaire Voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikea. Vous n’avez pas voulu conserver le titre dans son intégralité?

KS : Ha! Ha! Non. Le pire, c’est que je souhaitais garder le même titre, car je le trouve drôle. Mais ça ne rentrait pas sur une affiche. Le livre a été un best seller en France et il a été vendu et distribué dans 35 pays dans le monde. Je suis tombé amoureux de cette histoire qui a du cœur, qui est drôle, absurde, fantaisiste. Le récit se penche sur un Indien, fasciné par Ikea et son catalogue et qui partira sur les traces de ses origines paternelles en Europe. Là-bas, son voyage initiatique le fera rencontrer toutes sortes de personnages dont beaucoup d’immigrants.

LC : Justement, le thème de l’immigration est franchement d’actualité présentement. Ça tombe bien avec la sortie de votre film.

KS : Tout à fait. En même temps, ce n’est pas un long métrage pamphlétaire sur le sujet mais, telle une fable, il apporte une réflexion. Le message du film, c’est de considérer l’immigrant simplement comme une autre version de nous-même. On mise sur l’empathie que génère l’histoire qui amène le personnage principal à vivre des situations rocambolesques dans plusieurs pays.

Gérard Jugnot, Dhanush et Ken Scott.

LC : Votre acteur principal, Dhanush, c’est une vedette du cinéma en Inde, non?

KS : Absolument, c’est une star là-bas. Il a beaucoup tourné chez lui. L’intérêt, en travaillant avec lui, c’était de l’opposer à des personnages joués par des acteurs qui venaient d’un peu partout dans le monde. Ici, on va reconnaître les Français Gérard Jugnot et Bénénice Bejo. Les autres sont moins connus. Moi, ça m’a aussi permis de rencontrer des gens de partout qui m’ont appris plein de choses sur leur culture, notamment sur l’Afrique. Ça a rendu le tournage vraiment enrichissant, humainement et artistiquement.

LC : Ça faisait longtemps qu’on n’avait pas eu de vos nouvelles, car vous étiez en Europe pour concocter ce film. Avant ça, vous avez fait un détour par les États-Unis pour y réaliser deux longs métrages. Mais Ken Scott, vous êtes où en fait?

KS : C’est vrai que mon parcours provoque une drôle d’impression. Ça fait neuf ans que je n’ai pas fait de films au Québec, depuis Starbuck, en fait. Ça a passé tellement vite toutes ces années, mais j’habite encore au Québec, je vous le confirme.

LC : Ce qui est aussi particulier dans votre carrière, c’est que vous êtes à l’origine de deux des plus grands succès du cinéma québécois, La Grande Séduction comme scénariste et justement Starbuck comme réalisateur, et en même temps, c’est facile de vous associer à des projets qui ont fait l’objet de remakes, car ça a été le cas pour ces deux titres.

KS : C’est vrai. Et les remakes, ce n’est pas toujours évident. Et pour La Grande Séduction et pour Starbuck, il y a eu trois remakes internationaux. J’ai d’ailleurs réalisé moi-même la version américaine de Starbuck (Delivery Man) et ce n’est pas plus facile comme concept, car il y a beaucoup de pièges. C’est la même histoire, mais la formule change. Et il y a une part d’alchimie dans la réalisation d’un film. Sinon, la recette du succès s’appliquerait avec facilité. Puis, le copier/coller, c’est dangereux, il ne faut pas tomber dans ce piège ou encore à l’inverse faire différent juste pour faire différent. Atteindre le juste milieu est tout un défi. C’est une drôle de sensation faire un remake, c’est comme mettre un costume de bain déjà mouillé. Ha! Ha!

L’Extraordinaire Voyage du fakir sort le 21 juin prochain, partout au Québec, mais aussi dans 160 pays à travers le monde.