Ça marche Pontiac!

Mad Dog Labine est le premier long métrage coréalisé par Jonathan Beaulieu-Cyr et Renaud Lessard. Prenant la forme d’une docufiction qui alterne entre les scènes du quotidien des résidants de la région du Pontiac et une intrigue amusante autour de deux jeunes filles qui ont sous la main un gratteux qui vaut de l’or, le film nous fait connaître une région méconnue de l’ensemble des Québécois, une contrée située entre l’Outaouais et l’Abitibi-Témiscamingue. Les deux cinéastes nous ont parlé de leur film qui, depuis sa sortie, suscite de fort belles réactions par sa spontanéité et sa liberté de ton.

Pierre Blais : Votre film semble sortir un peu de nulle part, non?

Jonathan Beaulieu-Cyr et Renaud Lessard : C’est vrai. En tournant à l’extérieur de Montréal, avec un tout petit budget et de façon un peu confidentielle, ça donne cette impression. C’est grâce au Festival du nouveau cinéma que l’effet s’est fait sentir, que notre film a fait parler de lui. Le public réagissait super bien. On y a même gagné un prix.

PB : Cette région du Pontiac m’apparaît comme très méconnue des Québécois. Est-ce pour cette raison que vous y avez tourné?

Renaud Lessard et Jonathan Beaulieu-Cyr, réalisateurs.

JBC et RL : Jonathan est originaire du Témiscamingue et moi d’Aylmer en Outaouais. On était fasciné par ce coin du Québec et en même temps très ignorants face à cette région. Une fois sur place pour tourner notre film, on a adopté une approche très collaborative avec les gens du coin, surtout les jeunes. L’accueil a été formidable. Les gens se sont mis en état de vulnérabilité et ont collaboré de façon étonnante à notre long métrage. On n’avait pas un gros budget, donc le climat d’entraide a été très apprécié.

PB : Parlez-moi de Pascal Beaulieu, le jeune de la chaloupe. Il est incroyable, c’est un personnage vrai et coloré qui donne le ton à votre film dès le départ.

JBC et RL : Nous l’avons rencontré lors d’un casting à son école secondaire qui regroupe les jeunes d’une vingtaine de villages du coin. Face à nous, il démontrait une grande lucidité, une belle franchise, et le tout avec un langage coloré. Il nous a charmés immédiatement. On ne pouvait pas aller dans la fiction avec lui, car il était plus grand que nature. Sa passion pour la pêche nous amenés à le filmer dans sa chaloupe. Tout ça, ça a été très naturel.

PB : Revenons aux réactions que votre film suscite. Quelles sont-elles?

JBC et RL : On revient de projections dans le Pontiac et c’était très positif. Les gens, en général, accrochent sur différentes choses dans notre film, mais surtout sur le territoire. Il y a comme une culpabilité de ne pas connaître ce coin-là. Le Pontiac a une identité culturelle unique. C’est très positif d’entendre ces commentaires. C’est important pour nous d’accompagner notre film, de créer des discussions, des événements et de pousser les jeunes à se déplacer pour voir notre film. On est conscient que la façon de consommer du cinéma est différente aujourd’hui, alors de créer des projections-événements, ça permet de rallier les jeunes qui sont curieux.

PB : Quels sont vos projets? Se feront-ils  encore à deux?

JBC et RL : On en a plusieurs, seul ou à deux, on se donne cette liberté. Mais déjà, nous avons un autre projet commun disponible. Il est en en ligne, c’est une Web série tournée juste après Mad Dog Labine. Ça s’appelle Cœur d’or. Jonathan scénarise et réalise la série et moi je m’occupe de la production. C’est disponible sur Unis TV.

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