L’équipe de rêve de Gilles Lellouche

Quand on regarde l’affiche de la comédie dramatique Le Grand Bain, film qui sort en salle le vendredi 9 novembre, au Clap, on se demande comment son réalisateur, Gilles Lellouche (mieux connu comme acteur), a pu réunir une telle brochette d’acteurs au cœur de cette aventure aquatique?

Au générique, on retrouve Guillaume Canet, Benoît Poelvoorde, le chanteur Philippe Katerine, Jean-Hugues Anglade, Mathieu Amalric, Marina Foïs, Virginie Efira, Noée Abita, Leïla Bekhti, Félix Moati, Jonathan Zaccaï et Mélanie Doutey. Une vraie dream team pour un cinéaste qui, lors de son passage au Québec, avoue avoir été un peu angoissé peu avant d’entreprendre le tournage de cette comédie dramatique tournant autour d’une équipe masculine de nage synchronisée.

Éditions Le Clap : Réunir autant d’acteurs connus ou renommés au sein d’un même film le condamnait-il inévitablement à un grand succès une fois lancé en salle?

Gilles Lellouche, réalisateur.

Gilles Lellouche : Oui et non. Mon casting est inhabituel surtout. J’ai réussi à regrouper des acteurs connus du grand public, Guillaume Canet et Benoît Poelvoorde notamment, mais aussi d’autres qui viennent d’univers différents comme le cinéma d’auteur pour Mathieu Amalric et Philippe Katerine qui a un genre musical, disons, bien à lui. Que le grand public en général embarque, ça, ça me fascine. C’est assez inédit. On a fait en deux semaines plus de 2 millions et demi d’entrées en France, ce qui est énorme! Je suis réellement surpris et ça me fait vraiment plaisir.

ÉLC : Votre film relate l’aventure d’une équipe masculine de nage synchronisée formée d’hommes au mitan de leur vie dont certains sont au bord de la dépression. C’était important pour vous d’avoir cet angle dramatique?

GL : Je suis sensible à la société dans laquelle je vis. Je regarde ce qui se passe autour de moi. Je suis un privilégié et les gens qui luttent, ceux qui n’ont pas eu ma chance me touchent. J’ai des copains avec qui j’ai étudié qui n’ont pas connu la célébrité au cinéma. Certains ont vu leur rêve s’envoler. C’est dur. Le personnage de musicien joué par Jean-Hugues Anglade vient de cette réflexion.

ÉLC : Poelvoorde et Katerine sont deux phénomènes en soi. De les diriger sur un tournage, est-ce chose facile?

GL: Ça s’est très bien passé même si je dois avouer que dans les deux cas, ils ont des personnalités très juvéniles. Ce sont comme des enfants qui aiment jouer, qui voient leur travail comme une partie de plaisir. Et personne ne s’est ennuyé sur mon tournage, on était une joyeuse bande. En plus, Benoît, dans l’eau, il se débrouillait très bien, car il avait été sauveteur dans sa jeunesse.

ÉLC : Justement, tourner un film de chorégraphies aquatiques avec des acteurs qui ne sont pas des experts nageurs au départ, ça ne vous a pas angoissé?

GL : L’angoisse, je l’ai ressentie deux semaines avant le début du tournage. Là, je voyais que ce serait concret, que tout le monde y serait et qu’il fallait éviter les dégâts. Je devais diriger tout ce beau monde, seul. Heureusement, l’équipe a été formidable. Le pire, j’avais un comédien (Thamilchelvan Balasingham) qui ne savait même pas nager. C’était la cerise sur le gâteau. Lui, il a eu une double ration de piscine. Vous savez, tout le monde s’est entraîné comme des dingues. On s’est lancé un peu naïvement dans cette aventure, avec un grand don de soi. Au final, il fallait être motivé, je l’avoue.

ÉLC : Le film connaît un tel succès depuis son lancement en France, qu’il est facile de penser qu’un producteur va vous inciter à concocter une suite, non?

GL : Ha, ha! Je ne crois pas parce que l’avantage de mon film, c’est que c’est un instantané sur un groupe de personnes. On est amené dans leur vie et après, c’est terminé. Faire un second Grand Bain, je n’en vois pas l’intérêt. Je vais tourner la suite des Petits Mouchoirs de Guillaume Canet et dans ce cas-là, j’avoue que c’est différent parce que c’est la chronique d’une bande d’amis. Le Grand Bain, au contraire, ce sont des personnes qui se rencontrent à cause de la nage et après ils repartent chacun dans leur monde.

ÉLC : Comme acteur, on vous verra bientôt dans Pupille réalisé par Jeanne Herry, un film sur l’adoption. Pourquoi devrions-nous le voir au cinéma?

GL : Quand vous allez voir Pupille, vous comprendrez l’importance de payer des impôts. Ça parait étrange, mais je m’explique… Dans ce film, on assiste à tous les efforts d’une chaîne humaine incroyable pour faire en sorte qu’un bébé abandonné à la naissance trouve un nouveau foyer. Moi, je n’avais jamais pensé qu’il y a des gens, payés par l’État, qui sont dévoués à ce point. C’est un film bouleversant de beauté et d’amour.

Dix incontournables pour novembre 2018

À tous ceux qui ne me lisent pas, film réalisé par Yan Giroux.

Ouf, par où commencer ? En novembre, on aurait pu facilement faire deux top 10 tellement le choix est vaste et le menu cinéma succulent. Les grosses pointures américaines seront au rendez-vous avec The Girls in the Spider’s Web, Casse-Noisette et les quatre royaumes, Bohemian Rhapsody, Les Animaux fantastiques 2 et Creed 2. Côté québécois, Monia Chokri incarnera avec humour la suicidaire Emma Peeters, L’Amour et Limonade promettent d’être bouleversants et Debbie Lynch-White est au générique de Happy Face. La France n’est pas en reste avec deux histoires touchantes : Nos batailles et La Prière. L’Hexagone proposera aussi une réflexion brillante sur l’amour et la fidélité avec Mademoiselle de Joncquières. Xavier Dolan donnera la réplique à Nicole Kidman dans Boy Erased et Melissa McCarthy, selon la rumeur, sera surprenante dans Can you Ever Forgive Me. Et tout ça, sans compter les confirmations toujours attendues pour les sorties à Québec de At Eternity’s Gate sur Van Gogh et If Beale Street Could Talk de Barry Jenkins. À travers cette fournée remarquable, voici les titres que j’ai choisis pour savourer le mois des morts.

À tous ceux qui ne me lisent pas : Cette première réalisation de Yan Giroux est une véritable surprise. Martin Dubreuil et Céline Bonnier y sont formidables, les images sont d’une beauté incroyable, et l’histoire, relatant librement la vie du défunt poète Yves Boisvert, s’avère aussi drôle que touchante.

The House that Jack Built (La Maison que Jack a construite) : Le nouveau Lars von Trier est comme à l’habitude dérangeant. On y suit un tueur en série joué par Matt Dillon qui, à travers des actes d’une rare violence, aime bien associer la philosophie et la culture à ses méfaits. Étrangement, le film ne serait en salle que deux jours à la fin de novembre. Réservez vos sièges!

Les Salopes ou le sucre naturel de la peau : Brigitte Poupart remportera sûrement un prix Iris comme meilleur actrice pour son rôle d’enseignante et de mère de famille infidèle très portée sur la chose, et qui tente d’en savoir plus sur les effets de l’attirance sexuelle sur la peau. Voilà une proposition plus qu’audacieuse signée Renée Beaulieu.

Green Book : Discrètement, ce film est en train de devenir l’un des favoris

Green Book avec Mahershala AliI et Viggo Mortensen

de la prochaine course aux Oscars. Ce drame biographique relate la relation entre un jazzman et son chauffeur lors d’une tournée dans l’Amérique profonde au début des années 60. Mahershala Ali et Viggo Mortensen y seraient incroyables.

The Favourite (La Favorite) : J’adore les oeuvres du Grec Yórgos Lánthimos. Ici, il dirige Emma Stone et Rachel Weisz dans un drame historique qui dépeint un conflit entre des personnalités ambitieuses à la cour d’Angleterre.

Le Poirier sauvage : Que dire sinon qu’un nouveau film signé du Turc Nuri Bilge Ceylan est un incontournable, lui qui sait si bien examiner la nature humaine sous toutes ses coutures et la mettre en images avec grâce, profitant des majestueux paysages de son Anatolie natale.

-Le Grand Bain : Gilles Lellouche a réunit une distribution incroyable pour sa comédie abordant avec tendresse la dépression chez les hommes au mi-temps de leur vie. Guillaume Canet, Benoît Poelvoorde, Mathieu Amalric et le chanteur Philippe Katerine font équipe en nage synchronisée dans ce film qui fait un tabac en France présentement.

Overlord : Cette production de J.J. Abrams dont le récit se déroule peu avant le célèbre jour J met en scène des soldats américains luttant contre une horde de zombies créés en laboratoire par les nazis en sol français. La bande-annonce est du bonbon pour les amateurs du genre.

Widows (Veuves) : On dit beaucoup de bien du nouveau Steve McQueen (Shame, 12 Years a Slave), une fiction vue comme un divertissement enlevant, engagé et féministe. Son générique fait saliver et on est curieux de découvrir ce film de braquage.

Suspiria : Luca Guadagnino nous transporte dans un univers fort éloigné de son œuvre précédente (Call me by your Name) en réalisant une nouvelle version de ce classique de l’horreur italien de Dario Argento. Tilda Swinton et Dakota Johnson sont au cœur de ce récit macabre et glauque, soutenu par la musique de Thom Yorke de Radiohead.

Dupieux fidèle Au poste!

Quentin Dupieux est un cinéaste français au cheminement très particulier, du moins autant que son univers filmique constitué de longs métrages humoristiques inclassables. Son plus récent film Au poste! est bien évidemment une comédie, très loufoque, très théâtrale, et qui rappelle invariablement certaines œuvres marquantes du cinéma français des années 70 et 80. De passage à Montréal à l’occasion du Festival du Nouveau Cinéma, le réalisateur nous a donné des détails par téléphone sur sa plus récente création, en salle à Québec, au Clap, dès le 19 octobre.

Éditions le Clap : Avant de tourner Au poste!, vous vous amusiez toujours à réaliser vos films à l’extérieur du pays, notamment aux États-Unis. Considérez-vous l’aventure de ce nouveau projet comme un retour au bercail?

Quentin Dupieux : Oui, tout à fait et c’était voulu. J’avais fait le tour de mon voyage en Amérique. C’est mon sixième long métrage, mais le tout premier tourné en France.

ÉLC : Au poste! relate une garde à vue dans un poste de police alors qu’un inspecteur, joué par Benoît Poelvoorde, interroge le témoin d’un meurtre. Comment avez-vous géré la présence de l’acteur sur le plateau, lui qui a une personnalité disons très expansive?

Grégoire Ludig, Quentin Dupieux, Benoît Poelvoorde

QD : J’avais entendu de sales histoires sur Benoît par des gens du milieu qui tentaient d’ailleurs de me décourager de l’engager pour le film. On disait de lui qu’il était infernal, très compliqué, etc. En fait, j’ai compris rapidement comment ce garçon fonctionne. Dès qu’il s’ennuie sur un plateau, il fout le bordel. Heureusement, mon rythme de tournage est très rapide. Sur mon plateau, il y a très peu d’attente, car je m’occupe moi-même de la lumière et de l’image, alors ça a réglé le problème. Benoît tournait toute la journée, sans temps mort, et il a ainsi retrouvé le plaisir de jouer.

ÉLC : Votre film évoque les films policiers qui se faisaient en France dans les années 70 et aussi, bien évidemment, Garde à vue de Claude Miller pour l’aspect face à face et huis clos. On pense également pour l’humour absurde à Buffet froid de Bertrand Blier. Ce sont des comparaisons justes?

QD : Tout le monde me cite le film de Blier et c’est normal, j’ai grandi avec Buffet froid alors ça transparaît inévitablement. Mais il y a aussi l’influence du Père Noël est une ordure ou encore du Magnifique avec Belmondo. J’avais envie de faire de bons dialogues à la française comme dans ces films et Le Père Noël… a ce côté théâtral qu’Au poste! a aussi.

ÉLD : Parlons d’argent. Vos productions sont simples et efficaces. Vous faites beaucoup avec peu, non? Rêvez-vous d’un plus grand budget pour vos films?

Quentin Dupieux, réalisateur.

QD : Je suis très à l’aise avec  un budget de 3,5 millions d’euros. Dans cette configuration, je fais exactement ce que je veux, sans pression. Je tourne comme ça me chante et les producteurs sont rassurés, car les enjeux financiers sont minimes. On me donne le final cut, ce contexte me permet d’être libre dans la création. Alors, non, je suis très heureux avec de petits budgets. Un film qui coûte cher et qui ne marche pas, c’est violent pour une carrière.

ÉLD : Poelvoorde accepte de tourner pour vous et Jean Dujardin sera au générique de votre prochaine réalisation, Le Daim. On parle de grosses pointures. Est-ce à dire que votre réputation de cinéaste est en pleine ascension?

QD: Sûrement un peu. Poelvoorde ne connaissait pas mon cinéma cela dit, il a aimé le scénario et embarqué dans mon aventure. Jean, lui, il était partant et connaissait mon univers. J’avoue que tout est génial et que j’ai beaucoup de chance de tourner avec eux.

ÉLC: Finalement, comment considérez Au poste! à travers votre filmographie?

QD: C’est mon premier classique. Je le dis sans prétention. Je pense qu’il sera diffusé chaque année à la télé pour le plaisir des téléspectateurs. Mes autres films sont plus marginaux. Ici, on est dans le plaisir tout simple du cinéma. Mon prochain film, Le Daim avec Jean Dujardin, sera quant à lui plus proche du cinéma amateur et sauvage que j’aime également faire.

Petite bio sommaire : Fils de garagiste parisien, Quentin Dupieux se fait remarquer voilà  vingt ans par un client de son père, Laurent Garnier, DJ et vedette de la french touch de l’époque. Il collabore avec ce dernier et travaille aussi avec Michel Gondry, développant ses talents de vidéaste iconoclaste tout en touchant à la musique électro sous le pseudonyme de Mr. Oizo. Par la suite, il se lance dans le cinéma en réalisant sept longs métrages échelonnés sur une dizaine d’années. Citons entre autres Rubber, une comédie d’horreur mettant en vedette un pneu tueur en série, Wrong Cops mettant en scène le chanteur Marilyn Manson et Réalité avec Alain Chabat.

Ces chanteurs qui jouent!

Charles Aznavour n’est plus. Il aura connu une carrière phénoménale avec sa voix unique et surtout une façon bien à lui d’écrire des textes où tous pouvaient se reconnaître. Aznavour devenait littéralement chacun des personnages de ses chansons comme sait si bien le faire un comédien. Il les faisait prendre vie, devenant tour à tour un homme rêvé, un homme brisé, un homme efféminé. On le regrettera.

Sa carrière, bien sûr, ne se résume pas qu’à ses multiples prestations sur scène et à ses dizaines de succès sur disques car l’Arménien avait aussi connu une très honorable carrière au grand écran et ça, on tend à l’oublier. Il était pourtant d’un naturel confondant dans la plupart de ses rôles. Durant les années 40 et 50, il fait quelques présences dans des films sans être vraiment remarqué. Il faut attendre 1960 et sa performance comme premier rôle dans Tirez sur le pianiste de François Truffaut pour réellement constater son aisance devant la caméra. Il tourne par la suite de deux à trois longs métrages par an, dont plusieurs polars très efficaces et plusieurs productions internationales grand public comme Intervention Delta ou plus pointue comme le chef-d’œuvre de Schlöndorff, Le Tambour. Chabrol et Lelouch lui font également confiance. Les années 80 et 90 seront marquées par de multiples rôles qu’incarnera l’artiste au petit écran. Sinon, on retiendra Ararat d’Atom Egoyan, un film (plutôt bancal) lancé en 2002 qui avait le mérite de faire le point en fiction sur le génocide arménien.

Chabrol, Serrault et Aznavour sur le plateau des Fantômes du chapelier.

En France, les chanteurs comme Aznavour ayant connu de belles carrières au grand écran sont nombreux. Comme si une tradition leur permettait de faire le pont entre ces deux formes d’art, et ce, sans discrimination. Yves Montand, Jacques Dutronc et Patrick Bruel sont parmi ceux qui se sont démarqués au même titre qu’Aznavour. Johnny Hallyday et Jacques Brel ont aussi été vus dans quelques productions. Certains acteurs, eux, ont fait le chemin inverse comme Guy Marchand et Lambert Wilson. Ailleurs, on se souviendra de Frank Sinatra ou de David Bowie. Au Québec, Félix Leclerc (Les Brûlés), Claude Gauthier (Entre la mer et l’eau douce), Donald Lautrec (Gina), Robert Charlebois (Un génie, deux associés, une cloche) nous viennent en tête. Et nous pourrions consacrer un texte en entier au pendant féminin de ce phénomène. Ce sera pour la prochaine fois. D’ici là, les chansons et les films d’Aznavour résonneront pour toujours comme des plaisirs indémodables.

Les dix films d’octobre 2018

A Star Is Born avec Bradley Cooper et Lady Gaga.

Octobre sera définitivement un beau mois de cinéma. Parmi la pléthore de longs métrages à l’agenda, plusieurs suscitent la curiosité dont The Hate U Give qui, selon les rumeurs, pourrait se retrouver aux Oscars.  Les films québécois Wolfe, Oscillations et Pervers ordinaire tenteront aussi d’attirer l’attention des cinéphiles. Mais bref, voici les dix titres à surveiller selon moi durant le mois.

1- A Star Is Born (Une étoile est née) : Quatrième version de cette histoire où musique et romantisme font bon ménage, le tout réalisé cette fois-ci par l’acteur Bradley Cooper qui y dirige une Lady Gaga lumineuse selon les premières critiques. Oscars en vue prise 1!

2- Halloween : Jamie Lee Curtis fait un retour dans l’univers qui nous l’a fait découvrir dans les années 70, celui du tueur maléfique et masqué Michael Myers. Est-ce réellement le film qui pourra relancer une série à bout de souffle depuis longtemps?

3- Beautiful Boy (Un garçon fantastique) : Découvert dans Call me by your Name, Timothée Chalamet incarne ici un jeune homme aux prises avec de graves problèmes de drogue et qui sera soutenu par son père (joué par Steve Carell) dans son désir de réhabilitation. Oscars en vue prise 2!

4- Genèse : Après le fort beau Les Démons, Philippe Lesage lance Genèse, un drame autour des premiers émois amoureux et jeux sexuels à l’adolescence. Théodore Pellerin et Noée Abita sont au cœur de cette histoire de type coming of age. (NDLR la sortie pourrait être repoussée)

5- First Man (Le Premier Homme) : Après La La Land, le cinéaste Damien Chazelle refait équipe avec Ryan Gosling pour nous raconter l’alunissage d’Apollo 11 qui permettra ensuite à Neil Armstrong de faire ses premiers pas sur la Lune, en 1969. Oscars en vue prise 3!

6- Bad Times at the El Royale (Sale Temps à l’hôtel El Royale) : Film qui ressemble à une grosse BD déjantée avec à son générique Chris Hemsworth, Dakota Fanning, Jon Hamm et Jeff Bridges. Une production éclatée et déterminée à nous divertir.

7- Anthropocène : l’époque humaine : Ce documentaire aux images aussi fabuleuses qu’inquiétantes met en scène la splendeur de la nature terrestre et notre mode de vie et de consommation, tous deux dévastateurs pour l’environnement.

8- Au poste! : Prince des comédies absurdes et iconoclastes, Quentin Dupieux met en scène Benoît Poelvoorde dans le rôle d’un commissaire de police en tête à tête avec un homme soupçonné de meurtre. La vérité dans ce récit loufoque ne serait pas celle qu’on pense.

9- Venom : Après avoir incarné Bain dans Batman, l’acteur caméléon Tom Hardy replonge dans le monde des superhéros en enfilant le costume de Venom associé à l’univers de l’homme-araignée. Juste pour le jeu de Hardy, le film mérite assurément le coup d’œil.

10- The Sisters Brothers (Les Frères Sisters) : Voici l’adaptation du roman plébiscité de Patrick deWitt, réalisé par Jacques Audiard, fort d’une distribution de haut calibre constituée de Joaquin Phoenix, John C. Reilly et Jake Gyllenhaal. Un western hors norme qu’on a hâte de découvrir.

Les films québécois à l’agenda

Genèse de Philippe Lesage.

Les médias relaient hebdomadairement les informations au grand public concernant la sortie en salle des longs métrages québécois par l’entremise de nombreuses critiques et entrevues. On nous parle aussi régulièrement des tournages et du financement des films appelés à prendre l’affiche dans les mois qui viennent. Dans ce maelström de productions, on finit quelquefois par s’y perdre. Pour débroussailler le tout, voici en résumé la liste des fictions québécoises qui prendront bientôt l’affiche ou dont le tournage est enclenché ou terminé. Il y en 50 au total, avec les titres les plus prometteurs mis en gras.

Touched (Karl R. Hearne), Pervers ordinaire (Roger Boire), Genèse (Philippe Lesage), Oscillations (Ky Nam Le Duc), Wolfe (Francis Bordereau), Les Salopes ou le sucre naturel de la peau (Renée Beaulieu), Emma Peeters (Nicole Palo)

L’Amour (Marc Bisaillon), À tous ceux qui ne me lisent pas (Yan Giroux), Ville Neuve (Félix Dufour-Laperrière), Une colonie (Geneviève Dulude-De Celles), La Course des tuques (François Brisson, Benoît Godbout), Dérive (David Uloth)

The Death and Live of John F. Donovan (Xavier Dolan), Everything Outside (David Findlay), Troisièmes Noces (David Lambert), Malek (Guy Édoin), Hummingbird Project (Kim Nguyen), La Grande Noirceur (Maxime Giroux)

La Grande Noirceur de Maxime Giroux.

Les Routes en février (Katherine Jerkovic), Tia et Piujuq (Lucy Tulugarjuk), Répertoires des villes disparues (Denis Côté), Cash Nexus (François Delisle), Avant qu’on explose (Rémi St-Michel), Jeune Juliette (Anne Émond)

Rustic Oracle (Sonia Bonspille Boileau), Fabuleuses (Mélanie Charbonneau), Réservoir (Kim St-Pierre), Mafia Inc. (Podz), 14 jours, 14 nuits (Jean-Philippe Duval), Gut Instinct (Daniel Roby), Happy Face (Alexandre Franchi)

Il pleuvait des oiseaux de Louise Archambault.

Antigone (Sophie Deraspe), Les Nôtres (Jeanne Leblanc), Mont Foster (Louis Godbout), Kuessipan (Myriam Verreault), Il pleuvait des oiseaux (Louise Archambault), La Beauté du monde (André Forcier)

Impetus (Jennifer Alleyn), Jouliks (Mariloup Wolfe), Le Rire (Martin Laroche), Blood Quantum (Jeff Barnaby), Matthias et Maxime (Xavier Dolan), Une manière de vivre (Micheline Lanctôt)

Pauvre Georges (Claire Devers), Tu te souviendras de moi (Éric Tessier), Mytho (Émile Gaudreault), Gold (Éric Morin), The 20th Century (Matthew Rankin), La Femme de mon frère (Monia Chokri)

En terminant, voici la bande annonce du film Avant qu’on explose, film qui sortira en salle en mars prochain.

Grosse distribution à faible distribution

À une certaine époque, la distribution de films était fort simple. Les longs métrages sortaient dans les salles de cinéma puis, un an ou deux plus tard, se retrouvaient à la télé. La télé payante est arrivée en force dans les années 80, les cassettes Betamax et VHS également, et là, le cheminement habituel de la distribution a connu des fluctuations importantes. Tellement, qu’après l’invention des téléfilms et Movie of the week diffusés en primeur au petit écran, on a vu arriver dans les années 90 les films distribués directement en VHS ou en DVD sans sortie préalable au grand écran. Bref, le modèle habituel se modifiait peu à peu.

L’ancien mode de distribution, à une époque pas si lointaine, faisait en sorte que les œuvres réalisées par les plus grands réalisateurs ou encore mettant en vedette les grands noms du cinéma mondial trouvaient toujours une place dans nos salles de cinéma. Dans les années 80 et 90, tous les films mettant en scène Gérard Depardieu, Catherine Deneuve, Robert De Niro ou Al Pacino prenaient  inévitablement l’affiche. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas. On peut prendre en exemple les sorties récentes, directement en Vidéo sur demande, de réalisations ayant au générique des acteurs considérés à une époque comme rentables ou « bankables » comme on dit en France. Voici quelques titres aux distributions éloquentes et qui ne sont jamais sortis en salle ici : Queen of the Desert de Werner Herzog avec Nicole Kidman et James Franco, Gotti avec John Travolta,  Acts of Violence avec Bruce Willis, Loving Pablo avec Penélope Cruz et Javier Bardem, True Crimes avec Jim Carrey, Mary Magdalene avec Rooney Mara et Joaquin Phoenix, The Upside avec Bryan Cranston et Nicole Kidman, etc.

Bryan Cranston et Nicole Kidman dans The Upside.

Si on tente une explication, on se dira qu’aujourd’hui les producteurs à l’échelle mondiale ciblent davantage les marchés où leurs films pourraient fonctionner sans être voués à l’échec. Donc, certains longs métrages ne sortiront que dans quatre ou cinq pays seulement. Les plateformes sont aussi plus nombreuses et puissantes dans leur façon de rejoindre leurs abonnés rapidement, le phénomène Netflix ayant eu un effet monstre sur la distribution en général. Il s’agit maintenant de planifier une stratégie qui convienne à un type de film pour un type de marché, le tout destiné à un type de public, et ce, pour une durée bien déterminée. Les choix sont nombreux, les erreurs courantes, et le nombre de films produits, lui, n’a jamais été aussi élevé, haussant du même coup la concurrence dans un marché plus compétitif et vorace que jamais.

Le cinéma, il faut le rappeler, dans son processus de création, est l’art le plus onéreux qui soit bien qu’il laisse encore espérer une grande rentabilité pour les mégaproductions. Ce dossier, qu’on peine à suivre tellement il évolue rapidement, n’en demeure pas moins étonnant, son évolution étant lié aux habitudes de consommation très fragmentées de l’ensemble des amateurs de 7e art.

 

La rentrée de septembre 2018 en dix films

La Disparition des lucioles de Sébastien Pilote

Ah! septembre, mois de la rentrée et qui ouvre le bal pour les sorties les plus importantes de l’année, celles qui donneront le ton aux différents galas célébrant le meilleur du cinéma. C’est aussi, ne l’oublions pas, le mois où se déroule le Festival de cinéma de la ville de Québec. En jetant un œil à l’agenda des quatre prochaines semaines, on peut se préparer à frissonner devant The Nun, on sera plus que perplexe devant la nouvelle mouture de The Predator, curieux de découvrir Burn out, le nouveau film de Michel Jetté, ému par le drame italien La Tendresse et tenté par le film d’animation Small Foot destiné aux plus jeunes. À travers ce calendrier bien garni, voici, selon moi, les dix titres qui prendront l’affiche en septembre qui se démarquent le plus.

 

1- La Disparition des lucioles : Après Le Vendeur et Le Démantèlement, Sébastien Pilote signe un troisième long métrage mettant cette fois-ci en vedette Karelle Tremblay et Pierre-Luc Brillant. Ce drame autour de l’émancipation d’une adolescente habitant en région a de quoi séduire.

2- Gueule d’ange : Marion Cotillard n’a pas le beau rôle dans ce drame où elle joue une mère qui abandonne sa jeune fille de huit ans pour mieux galérer avec son nouvel amant. Les rumeurs sur ce film, et ce, depuis Cannes, sont fort bonnes.

3- House With a Clock in its Walls  (Pendule d’Halloween) : La curiosité américaine du mois mettant en vedette Cate Blanchett, Jack Black et Kyle MacLachlan. Une histoire fantastique incluant un orphelin, un sorcier et une montre magique. Ces bons ingrédients feront-ils un bon film? On l’espère!

4- Place publique : Jean-Pierre Bacri et Agnès Jaoui nous offrent leur nouvelle comédie caustique tournant autour de la célébrité par l’entremise d’un film qui se déroule durant une crémaillère toujours sur le point de dérailler. Les amateurs du tandem seront ravis.

5- Laissez bronzer les cadavres : Le duo formé d’Hélène Cattet et de Bruno Forzani  est de retour avec un autre film de genre où les coups de feu pleuvent, où les dialogues sont ténus et où s’affrontent des personnages aux mines patibulaires sur fond de soleil et de Méditerranée. Le film est l’adaptation du premier polar de Jean-Patrick Manchette et Jean-Pierre Bastid.

6- L’amour à la plage: Les documentaires sur la vie des snowbirds québécois en Floride sont rares. Ce film s’attarde justement à eux et à leur espoir de trouver l’âme sœur là-bas, tout en sachant que les jours et les années de retraite passent trop rapidement.

7- Farenheit 11/09 : Ce nouveau documentaire de Michael Moore (à ne pas confondre avec Fahrenheit 09/11) s’attaque à l’arrivée de Donald Trump à la présidence des États-Unis. Si le cinéaste a souvent été accusé d’utiliser à outrance la mise en scène dans ses films, ici, il faut avouer que le personnage en soi de Potus lui offre un terrain de jeu fort bien garni pour illustrer les dérives d’une Amérique plus polarisée que jamais.

8- Mandy : J’avais déjà mentionné sur ce blogue voilà quelques mois tout le bien que l’on disait sur ce drame vengeur mettant en vedette Nicolas Cage. Épique, violent et transcendant, ce sont des qualificatifs associés à Mandy, film signé par le singulier Panos Cosmatos. On se croise les doigts pour une sortie à Québec.

9- Assassination Nation (Nation destruction) : À Salem, quatre adolescentes deviennent la cible de résidants victimes d’un piratage des réseaux sociaux. Elles sont vues malgré elles comme des « sorcières numériques », témoins du chaos qui s’empare de leur petite localité.

10- Pauline Julien, intime et politique : Ce documentaire de l’ONF relate la vie de cette chanteuse québécoise qui n’a jamais été remplacée. On y trouve sa passion pour les mots, la poésie, la langue, son amour pour Godin, sa hargne pour défendre le fait français dans le Québec des années 60 et 70. Pascale Ferran a monté un film touchant, imprégné d’archives mémorables.

Sashinka et Kristina

Sashinka, un film de Kristina Wagenbauer.

Sans beaucoup de promotion, une petite production prend l’affiche le 24 août et s’avère, selon moi, l’une des plus belles surprises du cinéma québécois en 2018. Il s’agit de Sashinka, un premier long métrage signé par Kristina Wagenbauer.

L’histoire est simple et touchante. Au moment où Sasha, chanteuse et musicienne, se prépare pour un spectacle/vitrine, Elena, sa mère, d’origine russe, débarque chez elle à l’improviste. Cette dernière, avec sa personnalité excentrique, aura tôt fait de créer le chaos dans la vie de Sasha, une jeune musicienne sensible à la moue boudeuse, qui fait invariablement penser à Cœur de pirate. Voici le résumé d’un entretien réalisé récemment avec Kristina Wagenbauer, une jeune réalisatrice franchement talentueuse.

PB : Vous parlez très bien français Kristina, mais avec un accent prononcé. D’où venez-vous?

La réalisatrice, Kristina Wagenbauer, crédit photo Ève Dufaud, Facebook.

Kristina : Je suis d’origine russe, mais dès l’âge de huit ans, j’ai déménagé en Suisse, dans la partie italienne. C’est là que j’ai grandi. En 2010, je suis venue à Montréal pour participer à un cabaret Kino et je suis tombée amoureuse du Québec. Je me suis installée ici et je me suis inscrite à l’INIS. C’est là que j’ai rencontré ma coscénariste sur Sashinka, Marie-Geneviève Simard, avec laquelle j’ai fait précédemment plusieurs courts métrages.

PB : Comment le film a été amorcé?

Kristina : Sashinka s’inspire carrément de ma mère qui était venue me visiter. Elle arrivait de la Suisse et durant quelques semaines, elle a habité chez moi. Je l’ai observée longuement, car elle était aussi charmante qu’envahissante et extravagante. Elle me tapait sur les nerfs en fait. Ha! ha! J’ai fini par canaliser tout ça dans l’élaboration d’un scénario. Avec Marie-Geneviève, on a développé le tout autour de Sasha et Elena, une fille et sa mère en conflit perpétuel.

PB : La relation devient toxique par moments. Ça donne des scènes parfois intenses et quelquefois assez drôles heureusement. Il fallait trouver deux actrices qui se complètent à merveille pour jouer Sasha et sa mère. Comment ont-elles été choisies?

Kristina : Pour Sasha, Carla (Turcotte) est la première comédienne que j’ai vue en audition. Et elle était parfaite et musicienne en plus. Mais il fallait qu’elle soit complice avec celle qui allait jouer sa mère d’origine russe et ça, c’était très difficile à trouver à Montréal. Finalement, des amis français m’ont parlé de Natalia Dontcheva, une comédienne bulgare qui travaille à Paris. Je l’ai rencontrée et autant physiquement que par son accent, elle s’avérait parfaite. En plus, Natalia adorait notre scénario. Elle a saisi rapidement le type de personnalité qu’Elena devait avoir à l’écran et elle a plongé dans ce rôle en y mettant du sien, sans  forcer la caricature. On voulait que cette mère trop exubérante demeure sympathique aux yeux du public.

Kristina Wagenbauer a profité d’un micro-budget de 250 000 $ pour réaliser ce premier long métrage. Le résultat est des plus charmants. Sashinka, avec peu de moyens, deux actrices de talent et une thématique universelle, réussit à émouvoir. Il faut donc profiter de sa sortie en salle pour le voir. Le parcours de sa réalisatrice, lui, sera à suivre de près.

Le samedi 25 août, après la représentation de 19 h10, l’équipe du film sera au Cinéma Le clap pour rencontrer les spectateurs.

Août 2018 en 10 films

Vincent Cassel dans Fleuve noir

Août 2018 présentera une sélection fort séduisante de longs métrages, et ce, avant de laisser place au mois de septembre et aux films de la rentrée. Alors que plusieurs productions québécoises sortiront comme Un printemps d’ailleurs (coproduit avec la Chine) avec Émile Proulx-Cloutier et Summer of 84  du collectif RKSS, les spectateurs pourront aussi se divertir avec quelques films d’animation comme Les As de la jungle et  un film estival de requin meurtrier intitulé The Meg. Mais bref, voici selon moi les dix films à voir en priorité ce mois-ci.

Fleuve noir : Vincent Cassel, Sandrine Kiberlain et Romain Duris se donnent la réplique dans ce polar sombre qui raconte l’enquête d’un inspecteur de police (sorte de Columbo rongé par ses démons joué par un Cassel en grande forme) sur la disparition d’un jeune garçon. Ce film noir est réalisé avec précision par le trop rare Érick Zonca (La Vie rêvée des anges). À voir!

Alpha : Albert Hughes réalise ce long métrage ambitieux se déroulant voilà 20 000 ans, à l’ère paléolithique, et dans lequel un jeune guerrier doit retrouver sa tribu tout en apprivoisant un loup dont il vient de sauver la vie. Un drame familial spectaculaire si on se fie à la bande-annonce.

Nico, 1988 : Chanteuse sur le premier album du Velvet Underground, actrice chez Philippe Garrel, égérie des années 60, Nico est décédée en 1988 après une vie parsemée d’excès de toute sorte. Ce film relate les dernières années d’un parcours chaotique d’une artiste unique, incarnée ici par l’actrice danoise Trine Dyrholm, magistrale dans toutes ses scènes.

Dans la brume : Daniel Roby (Funkytown) s’est installé à Paris pour concevoir cette coproduction France/Québec qui montre les efforts de deux parents qui veulent sauver leur fillette gravement malade alors qu’une brume mortelle envahit Paname. Romain Duris y joue le père héroïque. Un film de genre à petit budget et au scénario accrocheur.

Papillon : Les plus vieux se souviendront de la première adaptation (datant de 1973) du roman d’Henri Charrière avec Steve McQueen et Dustin Hoffman dans les rôles principaux. Le remake de cette aventure carcérale et d’évasion sous les tropiques met en scène Charlie Hunnam (Sons of Anarchy) et Rami Malek (Mr. Robot). On est curieux de voir le résultat.

Gaspard va au mariage : Un zoo au fin fond de la France rurale, une famille dépareillée, une cérémonie en préparation et une invitée surprise, voilà ce qu’on retrouve dans cette comédie dramatique charmante et inusitée portée par deux acteurs au diapason, Félix Moati et Christa Theret, jouant un frère et une sœur unis par des sentiments forts mais à la limite malsains.

BlacKkKklansman (Opération infiltration) : Spike Lee a reçu beaucoup d’éloges à Cannes pour son plus récent long métrage qui relate l’infiltration dans le KKK d’un officier de police noir dans les années 70, en plein cœur d’une Amérique qui par moments digère mal les nouveaux droits civiques acquis par la communauté afro-américaine.

Le Nid : Dan ce drame mystérieux et intimiste, Pierre-Luc Brillant et Isabelle Blais, couple à la vie comme à l’écran, se retrouvent et participent à un jeu étrange. Dans une demeure isolée, l’homme obéit aux ordres de sa conjointe dans le cadre d’une expérience qui prend la forme d’une catharsis émotionnelle.

En guerre : Après La Loi du marché, Stéphane Brizé refait équipe avec Vincent Lindon pour illustrer le dur combat d’un groupe de travailleurs de l’automobile qui défend ses droits face à la prochaine délocalisation de leur usine et la perte inévitable de leurs emplois. Filmé comme un docufiction, le long métrage permet à Lindon, ici en chef syndical, de démontrer une fois de plus son immense talent.

Sashinka : La surprise de l’été du côté du cinéma d’auteur. Kristina Wagenbauer réalise un premier long métrage poignant qui dépeint la relation tourmentée entre une jeune chanteuse et musicienne de Montréal (qui fait penser fortement à Cœur de pirate) et sa mère d’origine russe, excentrique, envahissante et incontrôlable. À voir!!