Un conte qui a du pif

Pinocchio de Matteo Garrone.

Une nouvelle version des Aventures de Pinocchio arrive en salle ce mois-ci. C’est Matteo Garrone, réalisateur italien émérite de Gomorra et Dogman qui s’est attelé à adapter de nouveau le conte écrit par Carlo Collodi en 1881.

La sortie à l’échelle mondiale de son film a été chaotique et s’est échelonnée sur plus d’un an et demi (dans les cinémas italiens puis à la Berlinale en primeur hors compétition). La pandémie a causé bien des soucis à sa distribution, tellement qu’Amazon Prime l’a même offert en ligne au printemps 2020 avant que le long métrage ne retrouve le chemin des salles ces derniers mois. La sortie de cette xième version du conte bâti autour de cette marionnette en bois qui devient un enfant nous permet de revenir rapidement sur les différentes adaptations réalisées au fil des ans comme sur celles à venir.

Après un film muet italien lancé en 1911, c’est Walt Disney qui est le premier à produire, avec succès en 1940, une version grand public du conte en dessins animés. Ce deuxième long métrage des studios Disney, après Blanche-Neige, deviendra un grand classique du cinéma d’animation. Notons par la suite la diffusion télévisuelle de l’inoubliable et baroque version de Luigi Comencini, une minisérie qui fut traduite et mise à l’horaire de la télé québécoise au milieu des années 70. Puis, en 1977, de ce côté-ci de l’Atlantique, c’est l’ONF et John Weldon qui s’y collent en nous offrant Spinnolio, un court métrage parodique autour du personnage de Pinocchio dont le nez, faut-il le rappeler, s’allonge à chaque mensonge.

En 1996, Martin Landau et Geneviève Bujold sont en vedette dans une coproduction bancale, réalisée au coût de 25 millions de dollars par Steve Barron, un film tout simplement intitulé Les Aventures de Pinocchio. Puis en 2002, c’est Roberto Benigni, fort du succès de La Vie est belle, qui décide lui aussi de proposer son point de vue sur l’oeuvre de Collodi. L’acteur et réalisateur y jouera sans conviction le pantin, avec comme résultat un bide monumental, à la fois critique et public. Deux ans plus tard, retour au film d’animation avec la coproduction canadienne Pinocchio 3000 de Daniel Robichaud qui voit le célèbre pantin parachuté dans un univers futuriste sous la forme d’un robot. Sans être la vedette principale, le personnage de Pinocchio fera son apparition dans plusieurs autres longs métrages d’animation, notamment dans les films Shrek.

Puis en 2020, marqué dans son enfance par ce conte intemporel, le cinéaste italien Matteo Garrone nous offre son Pinocchio pour lequel il a engagé Roberto Benigni pour jouer Geppetto. Soulignons que quelques années plus tôt, Garrone s’était fait les dents avec son drame fantaisiste Tale of Tales qui explorait l’univers des fées et des ogres en mettant en scène Vincent Cassel et Salma Hayek dans un univers visuel aussi singulier que coloré.

Enfin, en 2022, deux projets sont aussi sur les rails. De un, Disney entend lancer sa version en prises de vues réelles dans laquelle on retrouvera Tom Hanks en Geppetto et Benjamin Ainsworth (vu dans la série The Haunting of Bly Manor) dans celui de Pinocchio. Robert Zemeckis réalise le tout pour 150 millions. Et de deux, Guillermo Del Toro travaille sur un Pinocchio musical tourné en image par image (stop motion) pour la plateforme Netflix. À suivre!

Pinocchio de Matteo Garrone arrive en salle au Québec dès le 11 juin.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *