Un conte qui a du pif

Pinocchio de Matteo Garrone.

Une nouvelle version des Aventures de Pinocchio arrive en salle ce mois-ci. C’est Matteo Garrone, réalisateur italien émérite de Gomorra et Dogman qui s’est attelé à adapter de nouveau le conte écrit par Carlo Collodi en 1881.

La sortie à l’échelle mondiale de son film a été chaotique et s’est échelonnée sur plus d’un an et demi (dans les cinémas italiens puis à la Berlinale en primeur hors compétition). La pandémie a causé bien des soucis à sa distribution, tellement qu’Amazon Prime l’a même offert en ligne au printemps 2020 avant que le long métrage ne retrouve le chemin des salles ces derniers mois. La sortie de cette xième version du conte bâti autour de cette marionnette en bois qui devient un enfant nous permet de revenir rapidement sur les différentes adaptations réalisées au fil des ans comme sur celles à venir.

Après un film muet italien lancé en 1911, c’est Walt Disney qui est le premier à produire, avec succès en 1940, une version grand public du conte en dessins animés. Ce deuxième long métrage des studios Disney, après Blanche-Neige, deviendra un grand classique du cinéma d’animation. Notons par la suite la diffusion télévisuelle de l’inoubliable et baroque version de Luigi Comencini, une minisérie qui fut traduite et mise à l’horaire de la télé québécoise au milieu des années 70. Puis, en 1977, de ce côté-ci de l’Atlantique, c’est l’ONF et John Weldon qui s’y collent en nous offrant Spinnolio, un court métrage parodique autour du personnage de Pinocchio dont le nez, faut-il le rappeler, s’allonge à chaque mensonge.

En 1996, Martin Landau et Geneviève Bujold sont en vedette dans une coproduction bancale, réalisée au coût de 25 millions de dollars par Steve Barron, un film tout simplement intitulé Les Aventures de Pinocchio. Puis en 2002, c’est Roberto Benigni, fort du succès de La Vie est belle, qui décide lui aussi de proposer son point de vue sur l’oeuvre de Collodi. L’acteur et réalisateur y jouera sans conviction le pantin, avec comme résultat un bide monumental, à la fois critique et public. Deux ans plus tard, retour au film d’animation avec la coproduction canadienne Pinocchio 3000 de Daniel Robichaud qui voit le célèbre pantin parachuté dans un univers futuriste sous la forme d’un robot. Sans être la vedette principale, le personnage de Pinocchio fera son apparition dans plusieurs autres longs métrages d’animation, notamment dans les films Shrek.

Puis en 2020, marqué dans son enfance par ce conte intemporel, le cinéaste italien Matteo Garrone nous offre son Pinocchio pour lequel il a engagé Roberto Benigni pour jouer Geppetto. Soulignons que quelques années plus tôt, Garrone s’était fait les dents avec son drame fantaisiste Tale of Tales qui explorait l’univers des fées et des ogres en mettant en scène Vincent Cassel et Salma Hayek dans un univers visuel aussi singulier que coloré.

Enfin, en 2022, deux projets sont aussi sur les rails. De un, Disney entend lancer sa version en prises de vues réelles dans laquelle on retrouvera Tom Hanks en Geppetto et Benjamin Ainsworth (vu dans la série The Haunting of Bly Manor) dans celui de Pinocchio. Robert Zemeckis réalise le tout pour 150 millions. Et de deux, Guillermo Del Toro travaille sur un Pinocchio musical tourné en image par image (stop motion) pour la plateforme Netflix. À suivre!

Pinocchio de Matteo Garrone arrive en salle au Québec dès le 11 juin.

Juin 2021 en 10 films

Souterrain, film réalisé par Sophie Dupuis.

Le mois de la fin des classes sera la période où plusieurs films d’animation grand public prendront place sur les écrans. Soulignons à ce titre les sorties de Vivo, Spirit : l’Indomptable, Luca et Pierre Lapin 2. Ce sera également le mois du lancement du neuvième Fast & Furious et de la comédie musicale très attendue In the Heights. Mais encore, juin accueillera enfin le deuxième long métrage de Sophie Dupuis, Souterrain, dont le lancement a été repoussé à deux reprises. Voilà plusieurs bonnes raisons pour revivre l’expérience en salle! Bref, voici les dix films à surveiller ce mois-ci.

Souterrain : Après le survitaminé Chien de garde, voici le second film de Sophie Dupuis, qui, de son coin de pays (Val-d’Or), nous raconte un drame minier dans lequel joue l’étonnant Joakim Robillard et le toujours brillant Théodore Pellerin. La sortie québécoise à ne pas manquer ce mois-ci.

Fast & Furious 9 (Rapide et dangereux 9) : Bon, que dire de plus sinon qu’on va entendre des moteurs se faire rincer et sentir le caoutchouc cramé durant un bon deux heures, et ce, au grand plaisir de plusieurs irréductibles. Le cinéma, ça sert aussi à ça.

In the Heights (D’où l’on vient) : En plein coeur de l’été, à New York, au sein de la communauté dominicaine. Une romance entre les jeunes Nina et Benny prend forme, le tout enjolivé de chansons et de numéros de danse. Les attentes sont élevées pour ce film d’ados qui promet d’être très rassembleur.

Pinocchio : Matteo Garrone (Dogman) adapte à son tour le classique de Carlo Collodi et en profite pour faire un clin d’oeil à la version de Roberto Benigni en donnant à l’acteur le rôle de Geppetto. Le résultat, bien qu’inégal, suscitera une réelle curiosité et s’avère visuellement magnifique.

Le Mariage de Rosa : Cette comédie romantique en provenance de l’Espagne profite d’une fort belle réputation. Le long métrage se penche sur Rosa, 45 ans, qui, voulant s’émanciper, verra chaque membre de sa famille la conseiller a contrario sur ce qui est le mieux pour elle.

Adieu les cons : La toute dernière comédie d’Albert Dupontel est sortie grande gagnante de la dernière cérémonie des Césars. Virginie Efira y joue Suze, une femme qui, se sachant condamnée par la maladie, tente par tous les moyens de retrouver son fils qu’elle avait donné en adoption à sa naissance.

Luca : La nouvelle production de Disney promet d’être ensoleillée puisque son récit se déroulera sur la côte italienne. Dans ce petit coin de paradis, le jeune Luca se fera un nouvel ami qui, malgré son apparence humaine, s’avère être en réalité un monstre venu d’un monde sous-marin.

Ondine : Cette nouvelle réalisation du cinéaste Christian Petzold s’inspire d’un conte du XIXe siècle pour mieux mettre en scène une romance touchant aussi au fantastique et tablant sur la beauté de l’architecture berlinoise. Un drame teuton en partie aquatique et à la facture très singulière.

The Hitman’s Wife’s Bodyguard (La Femme de mon meilleur ennemi) : Ryan Reynolds et Samuel L. Jackson refont équipe dans cette nouvelle comédie d’action où les anti-héros devront mettre un terme à un complot international. Salma Hayek, Antonio Banderas et Morgan Freeman se joignent au duo pour le meilleur ou pour le pire.

The Conjuring 3: The Devil Made me Do It (La Conjuration 3 : sous l’emprise du diable) : Les enquêteurs de phénomènes paranormaux, Ed et Lorraine Warren, reprennent du service pour notre plus grand bonheur. Ça va crier d’effroi dans la salle!

Les 10 films de mai 2021

Faisons fi des incertitudes actuelles concernant les dates de sorties en salle des titres américains (Cruella et Spiral : The Book of Saw notamment) et portons notre attention sur quelques fort beaux choix de films québécois (avec en ajout Les Vieux Chums et Le Miroir) et internationaux qui seront lancés en mai. Voici dix longs métrages à voir en salle alors que le printemps se pointe au grand écran!

1- Nomadland : Ce film de Chloé Zhao, réalisatrice du très beau The Rider, est l’un des grands favoris de la prochaine cérémonie des Oscars. Frances McDormand y joue le rôle d’une femme qui erre à travers les États-Unis à bord d’une camionnette en guise de domicile sur 4 roues, rencontrant au passage des dizaines de désoeuvrés de l’Amérique profonde. Un long métrage contemplatif et humaniste à ne pas manquer!

2- Les Trois Accords Live dans le plaisir : Un peu à la manière, toute récente, des Cowboys fringants, le groupe québécois de rock-punk-pop absurde accouche lui aussi d’un film musical qui devrait ravir leurs fans de tous âges.

3- Le Dernier Nataq : Ce documentaire de Lily Marcotte s’intéresse à l’oeuvre de Richard Desjardins (chansons et films) et au lien unique qui l’unit à son territoire abitibien et surtout à la ville de Rouyn-Noranda.

4- Hors normes : Reda Kateb et Vincent Cassel incarnent deux hommes dévoués travaillant auprès de jeunes autistes en plein coeur de Paris. Inspiré d’une histoire vraie, cette comédie dramatique touchante est réalisée par le duo derrière Intouchables, Éric Toledano et Olivier Nakache.

5- Délicieux : Grégory Gadebois et Isabelle Carré jouent dans ce drame historique relatant les débuts de ce qu’on appelle aujourd’hui la restauration gastronomique. Gadebois interprète avec force un chef cuisinier passionné et innovateur qui prépare une douce vengeance face à un vil aristocrate snobinard.

6- Les Choses qu’on dit, les choses qu’on fait : Emmanuel Mouret explore à nouveau les relations amoureuses avec sa nouvelle création mêlant habilement discours de séduction et remises en question amoureuses à la façon d’un marivaudage distingué. Niels Schneider, Camélia Jordana et Vincent Macaigne s’y croisent.

7-En tête de ligne : Le film dresse un fort beau portrait d’André Chagnon, l’homme derrière Vidéotron. Avec ses nombreux témoignages et ses images d’archives éloquentes, le documentaire nous ramène dans les années 60 et 70, lors de l’éclosion du phénomène de la câblodistribution.

8- Mortal Kombat : On laisse notre cerveau au vestiaire et on se croise les doigts pour que cette relecture du populaire jeu vidéo, mêlant science-fiction et arts martiaux, soit aussi divertissante (et aussi franchement kitsch) que l’original lancé en 1995.

9- Nulle Trace : Simon Lavoie est un cinéaste radical fort doué et au parcours singulier. Ici, il réalise un film post-apocalyptique tourné en noir et blanc sur les rails du chemin de fer charlevoisien. Une femme tente de survivre solitairement dans un monde cruel jusqu’à sa rencontre avec une jeune mère en fuite.

10- Un coin tranquille 2 (A Quiet Place Part 2) : Voici la suite tant attendue d’un des plus gros succès du cinéma d’horreur des dernières années. Les cris de peur, c’est dans la salle qu’ils se feront entendre puisque le drame se base sur le silence des protagonistes comme mode de survie face aux créatures voraces qui envahiront l’écran.

Hippolyte Girardot, celui qu’on n’attendait plus

Le film de Jean-Paul Salomé, La Daronne, vient de prendre l’affiche au Québec. Dans cette comédie policière, Isabelle Huppert joue le rôle de Patience Portefeux, une traductrice parlant arabe et travaillant pour l’escouade des stupéfiants de la police. Patience profitera de son talent d’interprète pour faire un coup d’argent lié à une énorme livraison de drogue. À ses côtés, on retrouve Hippolyte Girardot qui joue Philippe, son amoureux, aussi haut gradé de la brigade. Pour les deux acteurs, il s’agit de retrouvailles, eux qui avaient formé un couple torturé dans Après l’amour de Diane Kurys, sorti en 1991 au Clap. Rencontre avec un acteur talentueux, qui a connu un début de carrière fulgurant, que l’on a un peu perdu de vue, et qu’il fait bon retrouver.

Le Clap : Hippolyte, parlez-moi de votre personnage dans cette transposition d’un récent roman à succès de l’écrivaine Hannelore Cayre.

Hippolyte Girardot dans La Daronne.

Hippolyte Girardot : Quand on m’a approché pour jouer le personnage de Philippe, le commissaire de la brigade des stups, je n’avais pas lu le livre, et je préférais ne pas le faire à ce moment. Ça me permettait de partir de zéro, ou du moins, seulement du scénario. Mon personnage, c’est un clown blanc par rapport à Patience jouée par Isabelle. Il est un peu naïf, mais pas trop et il l’aime beaucoup. Cela dit, l’adaptation est très fidèle. L’auteure a d’ailleurs participé au scénario.

Le Clap : Vous connaissiez le réalisateur, Jean-Paul Salomé?

HG : Un peu. Jean-Paul, il est très communicatif. Quand il m’a contacté, je voyais que je correspondais à l’image qu’il se faisait de Philippe. Le rôle du commissaire, c’est d’être l’amoureux de Patience et qu’on sente qu’il est intimidé par elle, comme on tente d’approcher un chat qui souvent possède un caractère imprévisible. C’était chouette à jouer!

Le Clap : Le terme daronne n’est pas très connu, du moins au Québec. On pourrait l’appeler la caïd. En anglais, le titre du film devient Mama Weed. Bref, ça implique un aspect comique, tout comme l’apport exotique de la communauté marocaine et chinoise dans cette histoire rocambolesque.

Hippolyte Girardot

Hippolyte Girardot

HG : Oui, et comme cinéphile, je me suis posé la question sur la façon dont on allait montrer ces communautés à l’écran. En France, elles se sont regroupées pour mieux partager leurs cultures, leurs religions, leurs langues et c’est très normal. Dans le film, la filière marocaine, c’est véridique, c’est la plus grande filière de trafic de cannabis. Pour la communauté chinoise, ce qu’il faut savoir, c’est que le 13e arrondissement est devenu leur quartier. Les appartements étaient vides, les fonctionnaires ne voulaient pas y habiter. Ils ont redonné vie à ce coin de Paris. Cette communauté est d’ailleurs originaire d’un seul village chinois, c’est très particulier. Ils vivent dans un système communautaire presque autonome, et ça aussi c’est une réalité très parisienne. Le film ne stigmatise personne selon moi. Le cinéma, même une comédie, doit parler du réel et ne pas nous offrir une vision idyllique de la vie.

Huppert et Girardot dans Après l’amour.

Le Clap : Ce film vous permet de retrouver au grand écran Isabelle Huppert à qui vous avez donné la réplique voilà près de 30 ans dans Après l’amour. C’est une pointure Isabelle Huppert.

HG : Oh oui! Après le film de Diane Kurys, on s’est recroisés au hasard, mais sans jamais avoir la chance de rejouer ensemble. La retrouver comme camarade de jeu, c’est un grand plaisir. Son parcours d’actrice est tellement formidable. On pense au plaisir narcissique de se faire filmer, mais celui de retrouver des camarades de jeu, c’est une vraie joie et Isabelle n’a pas changé en 30 ans. Elle est concentrée sur ses scènes, elle maîtrise son jeu parfaitement. On est porté par son talent. Elle pense à la scène dans son ensemble et pas seulement à sa personne devant la caméra. Ses conseils sont aussi fort bienvenus sur un plateau.

Le Clap : La gloire est arrivée pour vous avec Un monde sans pitié en 1989. Les rôles se sont succédé ensuite à vitesse grand V. Vous étiez partout au cinéma. Et puis, vous êtes disparu du radar vers la fin des années 90 et on se demande un peu pourquoi.

HG : C’est vrai, j’ai disparu complètement. Durant cette période, mes choix de carrière étaient douteux, j’ai aussi dit non à des films que j’aurais dû faire. Si on parle de carrière, je crois que je voyais ça comme un jeu sans réelle stratégie. J’ai été paresseux, j’ai galéré pas mal aussi. Après, ça a été dur de remonter la pente. Mais ça m’a fait du bien ce recul. J’ai fait oublier le personnage de trentenaire débonnaire que j’incarnais souvent au cinéma. Je me suis renouvelé, du moins je le crois.

Le Clap : On vous a aussi revu dans des séries internationales comme Patrick Melrose et Occupied. Votre image dégage aujourd’hui une sorte d’autorité politique, policière ou autre, un peu comme Michel Bouquet en plus jeune.

HG : Ah merci. Vous savez, quand les Norvégiens m’invitent en tournage pour Occupied, difficile de dire non. Et quand je me retrouve dans Patrick Melrose avec Irène Jacob et Benedict Cumberbatch, c’est un véritable cadeau pour un acteur.

Le Clap : En terminant, votre fille a suivi vos traces. C’est une actrice bien en vue en France actuellement. A-t-elle profité de vos conseils comme comédienne?

Ana Girardot

HG : Ana est une enfant de la balle. Elle a donc vu ses parents dans la galère, dans la gloire, sur des plateaux. Elle a saisi rapidement la fragilité de ce métier. Elle ne se fait pas d’illusion et son image, si elle passe bien à la caméra, elle sait qu’elle ne la contrôle pas totalement. Mais pour le reste, elle est éclairée et très lucide. Sa meilleure éducation, ça a été d’être témoin, très jeune, du métier que sa mère et moi pratiquions. (N.D.L.R. la mère d’Ana est l’actrice Isabel Otero)

En bonus, voici en résumé ce qu’Isabelle Huppert et le réalisateur Jean-Paul Salomé ont à dire de La Daronne.

Isabelle Huppert : C’est un film qui a beaucoup d’humour, mais c’est surtout un beau portrait de femme qui touche aussi au drame sociologique, à ce qui se passe dans un quartier de Paris. Elle travaille pour la police, mais on verra vite qu’avant tout, c’est une femme libre. Dans tout film comique, il y a du tragique et vice versa. Dans ma carrière, j’aime alterner les rôles dramatiques et plus comiques, bref me retrouver dans des genres très différents d’un projet à l’autre.

Jean-Paul Salomé : L’intérêt du film, c’est qu’on ne peut dire comment cette histoire va se terminer tellement Patience est imprévisible. Le roman est formidable, car il montre le Paris d’aujourd’hui à travers une pluralité d’origines, dont la communauté chinoise. Ça nourrissait le polar. Quand on m’a proposé de faire le film, j’ai pensé tout de suite à Isabelle pour le rôle de Patience. Mais même avec la présence d’Isabelle au générique, c’est difficile de monter financièrement un film. Cette comédie sort un peu du cadre habituel de la comédie française très légère et basée sur une recette éprouvée.

La Daronne prend l’affiche en salle au Clap dès le 5 mars. Cette entrevue a été réalisée sur invitation, dans le cadre de la 22e édition des Rendez-vous du cinéma d’UniFrance 2020, à Paris.

Mars 2021 en dix titres

Oublions les soirées des derniers mois à visionner des films dans notre salon, et retournons en salle avec dix films à voir en mars, le mois de la résurrection des cinémas québécois et, on l’espère, de la fin du couvre-feu. Les prochaines semaines verront débarquer au grand écran un bon nombre de longs métrages dont la dernière comédie d’Albert Dupontel, Adieu les cons, le drame éthéré La Nuit venue se déroulant dans un Paris nocturne, la nouvelle réalisation de Philippe Falardeau, My Salinger Year, la coproduction irlando-québécoise, Mort d’un séducteur, avec Antoine Olivier Pilon et Suzanne Clément, La Nuit des rois, un conte carcéral de la Côte d’Ivoire aussi coproduit avec le Québec, Raya et le dernier dragon de Disney et le possiblement le drame de science-fiction Chaos Walking, avec Tom Holland. Mais bref, voici les dix longs métrages à voir en priorité durant le mois qui annonce le printemps de la renaissance pour le cinéma en salle.

1- Promising Young Woman (Une jeune fille pleine de promesses) : Carey Mulligan est épatante dans le rôle d’une femme qui désire se venger des prédateurs sexuels avec une tactique assez téméraire. Hantée par l’expérience atroce subie par une amie d’université, son personnage devient le porte-étendard d’un film engagé, féroce et provocateur.

2- Druk (Alcootest) : Mads Mikkelsen, égal à lui-même, se distingue dans ce drame danois original signé Thomas Vinterberg (La Chasse), dans lequel des copains enseignants retrouvent en classe une énergie disparue grâce à une consommation éthylique matinale.

3- Godzilla vs. Kong : Gros monstres, gros effets spéciaux, grosses attentes aussi pour cette rencontre au sommet entre deux bêtes mythiques du grand écran. Que dire de plus sinon que le pop-corn se doit d’être vendu légalement sur place lors de la sortie.

4- La Daronne : Isabelle Huppert, toujours aussi talentueuse, joue Patience Portefeux, une traductrice qui travaille pour la police et qui décide de faire un coup d’argent en mettant la main sur une grosse quantité de stupéfiants tout en se faisant passer pour une mystérieuse caïd. Une comédie printanière appropriée, qui marque les retrouvailles au grand écran de l’actrice et d’Hippolyte Girardot, tous deux formidables dans Après l’amour.

5- Falling (Chute libre) : Viggo Mortensen réalise et joue dans ce long métrage portant sur la relation tumultueuse entre un père et ses deux enfants. Des souvenirs douloureux refont surface au moment où le paternel aigri voit sa santé péricliter et que son fils et sa fille désirent le rapatrier près d’eux en Californie, bien loin du ranch où il a toujours vécu.

6- Errance sans retour : La situation catastrophique de centaines de milliers de Rohingyas, entassés dans un camp au Bangladesh car exilés de leurs terres situées au Myanmar, est ici dépeinte avec sensibilité par les documentaristes de Québec, Mélanie Carrier et Olivier Higgins, et par l’oeil averti du photographe Renaud Philippe.

7- Calamity, une enfance de Martha Jane Cannary : Du même réalisateur que Tout en haut du monde, ce beau et divertissant dessin animé redore le blason d’une femme téméraire du mythique Far West, personnage popularisé grâce aux BD de Lucky Luke.

8- Félix et le trésor de Morgäa : Made in Quebec City, ce nouveau film d’animation de 10e Ave Productions devrait séduire les tout-petits avec son récit d’aventure se déroulant sur une île mystérieuse alors que le jeune Félix, avec l’aide d’un vieux loup de mer, tente de retrouver son père disparu.

9- Slalom : Cet excellent et troublant premier long métrage de Charlène Favier se penche sur la relation toxique entre un entraîneur et l’une de ses jeunes skieuses lors de la saison des compétitions de ski alpin. Jérémie Renier et Noée Abita sont renversants dans les rôles principaux et le film a le mérite de dénoncer un phénomène sur lequel encore bien des gens ferment les yeux.

10- Antoinette dans les Cévennes : Laure Calamy donne la réplique à un âne dans cette comédie réjouissante de Caroline Vignal. La comédienne incarne Antoinette, une femme amoureuse qui veut retrouver son amant parti en voyage familial dans les montagnes des Cévennes. Évidemment, rien ne se passera comme prévu.

Paris, la nuit!

Avec La Nuit venue, le réalisateur Frédéric Farrucci nous offre un premier long métrage qui nous plonge dans la vie nocturne de Paris, dans un Paname clandestin, à la découverte de la pègre chinoise et d’une romance impossible. L’histoire tourne autour de deux personnages, Jin (joué par le nouveau venu Guang Huo), un chauffeur de VTC (sorte de Uber de luxe) qui travaille de nuit afin de rembourser sa dette à la mafia sino-parisienne. Sur son chemin il croise Naomi, une habituée des bars de nuit et du Paris interlope. Tous deux passionnés de musique, ils s’uniront pour le meilleur ou pour le pire. Rencontre avec Frédéric Farrucci qui nous explique son désir de parler des immigrants chinois et de mettre tout ça en scène à travers le quotidien des noctambules de Paris.

Le Clap : Frédéric, la communauté chinoise parisienne n’est sûrement pas facile à apprivoiser, d’autant plus qu’elle apparaît comme beaucoup plus méconnue que tout ce qui entoure l’immigration africaine en France, non?

Frédéric Farrucci : Tout à fait. Et c’est ce qui m’intéressait au départ. Heureusement, j’ai été bien entouré dans l’écriture et la fabrication du film. J’ai travaillé avec des traducteurs et des immigrants qui me ramenaient à leur réalité, car j’avais un souci d’être juste, rigoureux, voire intraitable, afin de montrer de façon réaliste et honnête leur communauté à l’écran. Les Chinois qui immigrent de façon clandestine en France sont des victimes potentielles de la mafia chinoise. C’est difficile de décrire parfaitement ce phénomène mais il existe, et mon film met un peu tout ça en lumière.

Le Clap : De camper l’action dans le monde des VTC (voiture de transport avec chauffeur), un phénomène très français que ces taxis de luxe, est-ce que ça ajoute au réalisme de votre récit?

FF : Là, j’avoue que de ce côté, c’est la partie fiction de mon histoire. Normalement, la communauté chinoise se regroupe beaucoup plus dans les milieux du textile et de la restauration. Mais j’ai eu envie d’explorer l’univers des VTC la nuit. Il y a de l’exploitation d’immigrants et une aura de mystère qui colore ce milieu. Et filmer Paris la nuit, c’est un fantasme. Quand on circule à Paris ou dans toute autre grande ville, on y découvre une faune méconnue, un rythme qui est autre. Le travail des chauffeurs de VTC permettait d’explorer cela. Mais ça pose aussi de grandes difficultés de tournage, surtout que nous n’avions pas le budget pour bloquer des rues. Il fallait faire un excellent repérage dès le départ.

Le Clap : Votre long métrage, avec ses images nocturnes, son urbanité, ses lumières, rappelle Taxi Driver. Est-ce une réelle inspiration?

FF : C’est mon inspiration, cette lumière dans Taxi Driver qu’on distingue à cause de la noirceur. Mais Paris est différente de New York ou encore de grandes villes asiatiques, d’où l’importance dans La Nuit venue d’avoir fait les bons repérages. J’avais envie de mettre à l’écran le Paris qui montre les invisibles, ceux que j’ai appris à voir au fil des années.

Le Clap : Vos deux acteurs démontrent une belle complicité au grand écran, ils se complètent, s’étudient, tout ça avec beaucoup de délicatesse. Vos choix ont porté fruit.

FF : Oh oui, merci! Guang Huo, on l’a découvert lors d’un casting sauvage. C’est son premier film et il est très photogénique. Il a dû apprendre à jouer sur un plateau de tournage, à être naturel devant une caméra, et heureusement Camélia Jordana a été une partenaire exceptionnelle pour lui, et ce, dès les répétitions. C’est plus que du professionnalisme, il y a eu un véritable élan de générosité de sa part comme partenaire de jeu. La chimie entre eux, à l’écran, elle est palpable, et je dois beaucoup à Camélia pour ça.

Le Clap : Le personnage de Jin peut rappeler ceux interprétés par Alain Delon dans les films de Melville dans les années 60. Des hommes de peu de mots.

FF : Absolument, je suis d’ailleurs fasciné par Le Samouraï de Jean-Pierre Melville, c’est la référence qui me trottait dans la tête. Ce film, avec très peu de dialogues et mettant en scène un personnage taciturne, me fascine totalement. Je voulais reproduire cela avec le personnage de Jin et grand merci, la caméra aime Guang littéralement. Si on peut se passer de dialogues dans un long métrage, si on peut éviter d’en dire trop et laisser parler les images et les expressions faciales, et que ça fonctionne, pour moi, on en sort gagnant.

La Nuit venue prendra l’affiche en salle au Clap dès la réouverture. Cette entrevue a été réalisée dans le cadre de la 23e édition des Rendez-vous du cinéma d’UniFrance.

Trio féminin sous le soleil de la Corse

Belle-fille, c’est l’histoire de Louise qui, découvrant que son mari la trompe, décide de penser enfin à elle et de partir à la découverte de la Corse. Mais une aventure d’un soir prendra une tournure funeste. L’amant perd la vie et, rapidement, Louise voit la famille du défunt s’immiscer dans ses vacances, au point de la faire devenir la belle-fille rêvée aux yeux de sa nouvelle belle-mère.

Comédie sans prétention, chauffée par le soleil et les paysages uniques de la Corse, Belle-fille est une réalisation de Méliane Marcaggi qui fournit tout l’espace nécessaire à Alexandra Lamy et Miou-Miou pour se donner la réplique. Brève rencontre avec trois femmes qui ont de la répartie et qui respirent la joie de vivre.

Méliane Marcaggi, réalisatrice.

Le Clap : Méliane, quand on fait une comédie où la Corse, sa culture et ses habitants sont au coeur du récit, on peut facilement tomber dans la caricature. C’était le piège à éviter, selon vous qui êtes de plus Corse d’origine?

Méliane Marcaggi : Oui, j’ai vraiment voulu éviter la caricature tout en exploitant les caractéristiques de mon coin de pays, les paysages, les personnalités fortes. En fait, dans chaque région, on peut trouver des choses très drôles et pittoresques. Mais l’idée première, c’était de situer l’action sur une île, un lieu qui isole. Il faut ensuite trouver le ton juste et réussir à faire rire. Il fallait que la Corse existe en images, qu’on la sente dans l’histoire pour sa dualité mer/montagne et l’âpreté de sa géographie.

Le Clap : Alexandra et Miou-Miou, comment vous êtes-vous retrouvées dans cette aventure?

Miou-Miou : On était en solde, les autres avaient refusé (rire)! Mais c’est  une histoire qui doit faire rire et nous sommes très à l’aise dans la comédie. Méliane a fait de très bons choix pour sa distribution.

Alexandra Lamy : Moi, j’étais très intimidé à l’idée de donner la réplique à Miou-Miou. Ma mère est une de ses grandes fans et, en plus, elle est une Herry alors elle pense être dans la même famille (rire)! (N.D.L.R. Sylvette Herry est le nom de naissance de Miou-Miou).

Le Clap : Le fait de tourner sur une île, ça a sûrement favorisé un lien de camaraderie pour l’équipe entière?

Alexandra Lamy : Absolument! Et en plus, ça nous permettait de rester dans nos personnages. On ne quittait jamais vraiment l’histoire, on en reparlait au repas et ça nous préparait pour le tournage du lendemain. En plus, être en Corse, c’était plus que formidable.

Miou-Miou : Ça me rappelle que l’heure de l’apéro était pour moi le meilleur moment du tournage. On se douche, on redescend voir l’équipe et là, la première question, c’est : « Tu prends quoi ? » (rire).

Le Clap : Tourner en Corse, loin de Paris et des grands centres, côté main-d’Œuvre et facilités pour les lieux de tournage, est-ce une chose facile?

Méliane Marcaggi : Il y avait trois tournages simultanément quand nous y étions, alors tout le monde du milieu travaillait sur l’île. Tous ceux qui avaient de l’expérience sur un plateau étaient au travail. Hormis Belle-fille, deux séries télé se tournaient en même temps, une avec Laetitia Casta et une autre avec Mathilde Seigner. C’était très plaisant de se croiser.

Le Clap : Oui, j’imagine que le soir venu, il y avait de l’achalandage pour l’apéro. Votre film en est un d’engrenages, de scènes malaisantes qui se succèdent. C’est ce qui assure le succès d’une telle comédie, non?

Miou-Miou : Tout à fait, c’est couche sur couche, mensonge sur mensonge, quiproquo sur quiproquo.

Alexandra Lamy : Au scénario, ça fonctionnait très bien, alors ça donnait envie de tourner le tout. Et lors du tournage, la mécanique a suivi.

Le Clap : Patrick Mille, trop peu connu à mon avis, joue votre amoureux Alexandra, un infidèle de première classe. Il a vraiment une bouille qui transpire l’infidélité et le mensonge cet acteur.  Pour une comédie, il a une tête parfaite pour ce rôle ingrat.

Alexandra Lamy : Oh oui, il est formidable. Il joue le fourbe à la perfection. Je suis bien d’accord (rire)!

Le Clap : Thomas Dutronc joue quant à lui votre nouveau prétendant qui, cependant, ne vivra pas très longtemps. Il habite en Corse comme ses parents, Jacques Dutronc et Françoise Hardy. Il devait se sentir chez lui?

Méliane Marcaggi : Oui et en plus il a également composé la musique du film. Il connaît le coin comme le fond de sa poche et, évidemment, le projet lui plaisait encore plus, car il n’avait pas à voyager très loin pour faire son boulot. Même si son rôle n’est pas majeur, son apport, pour la musique, a été essentiel.

Belle-fille prendra l’affiche en salle au Clap dès le 2 octobre. Cette entrevue a été réalisée sur invitation, dans le cadre de la 22e édition des Rendez-vous du cinéma d’UniFrance 2020, à Paris.

L’effet papillon

La sortie de Nadia, Butterfly, en salle dès le vendredi 18 septembre, était fort attendue des cinéphiles. Avec raison car d’une part, le film a été certifié « Festival de Cannes 2020 » même si l’événement public fut annulé. Ensuite, il a eu l’honneur d’ouvrir l’édition 2020 du Festival de cinéma de la Ville de Québec. Finalement, Pascal Plante, depuis la sortie de son premier long métrage, Les Faux Tatouages, est un cinéaste définitivement talentueux dont on a envie de suivre les traces. De passage à Québec pour souligner le lancement de son film, le réalisateur, accompagné de son actrice principale Katerine Savard, a bien voulu nous donner des détails sur le tournage de ce récit où le sport, au final, est surtout le prétexte pour mettre en scène un personnage qui vit un spleen post-compétition.

Nadia, Butterfly relate la toute dernière compétition olympique d’une nageuse canadienne lors des Jeux de Tokyo en 2020 et la soirée festive qui suivra l’obtention d’une médaille pour cette athlète qui sent qu’une nouvelle vie l’attend. Dans le rôle principal, on retrouve Katerine Savard, nageuse olympique canadienne, originaire de Pont-Rouge, qui entend bien retourner, dans la « vraie vie » aux prochains Jeux d’été de Tokyo en 2021, événement qui a été repoussé d’un an à cause de la pandémie. Katerine partage l’écran avec Ariane Mainville, une autre nageuse émérite qui faisait elle aussi ses premiers pas au grand écran.

Le Clap : Pascal, le sujet de votre second long métrage est très éloigné des Faux Tatouages, est-ce que le désir de parler de natation et d’une athlète est relié à votre propre cheminement d’ex-nageur?

Pascal Plante, réalisateur

Pascal Plante : J’ai fait partie du Rouge et Or de l’Université Laval en natation. Donc, effectivement, c’est un milieu que je connais bien. Mais quand j’ai quitté la compétition, ça s’est bien passé au contraire du personnage de Nadia, car je savais déjà que j’allais me diriger vers le milieu des arts. Donc, même si ce n’est pas autobiographique comme histoire, le temps que j’ai passé dans des piscines, j’avais envie de le réinvestir sur grand écran, de le faire ressentir sur les plans sonore et visuel et, au final, je suis fier du résultat même s’il n’est pas parfait, car c’est un film un peu curieux, j’en suis conscient.

Le Clap : Parlant de curiosité, ce serait une erreur de le qualifier de drame sportif alors que l’atmosphère qui porte le film rappelle beaucoup celle de Lost in Translation, notamment pour les scènes d’errance à Tokyo, non?

PP: Oui, l’errance est là longtemps. Les 25 premières minutes relèvent du film sportif, mais ensuite on est ailleurs. D’ailleurs, dans mes films préférés qui parlent de sport, comme Raging Bull, ce n’est pas le sport qui est au cœur du récit. En même temps, je n’ai pas revisité Lost in Translation, mais le spleen est bien présent. Ça, c’est sûr. Et techniquement, on s’est gâté pour utiliser plein de trucs qui allaient donner du style aux images. Quelque chose peut rappeler des univers comme ceux de My Florida Project, des œuvres d’Andrea Arnold ou même de Fellini. Un réalisme qui peut ou tente de toucher au magique. Bref, je suis loin des films des frères Dardenne ou de Kechiche avec Nadia.

Le Clap : Un récit qui se déroule à Tokyo, pour un long métrage québécois, ça vient automatiquement gruger une grosse partie du budget, non?

PP : On a été à Tokyo pour tourner le quart du film, dont les scènes extérieures évidemment. Mais tout le reste, on était à Montréal et il fallait recréer Tokyo pour les scènes intérieures et sérieusement, c’est aussi très complexe à faire. Les logos, les mascottes, les costumes d’Équipe Canada, ça aussi c’était énorme comme boulot afin d’arriver à donner une impression de réalisme. Il y a eu un gros travail de direction artistique. Les médailles ont été créées avec une imprimante 3D, je n’en revenais pas moi-même de cette possibilité, à quel point ça peut nous aider quand notre budget est relativement modeste.

Le Clap : Le film est certifié Cannes 2020, il vient de faire l’ouverture du FCVQ et sort en salle au Québec, quelle est la suite des choses?

PP : Il sortira en France au printemps prochain, mais les distributeurs internationaux sont frileux à cause de la pandémie. Au moins, Nadia fait plein de festivals dont Busan en Corée du Sud. Donc il y a une belle vie qui se dessine pour le film. Mais d’avoir le label cannois, ça vient avec son lot d’attentes. Ça, ça me stresse. Les gens le voient comme le film à voir et je me dis qu’il ne faut pas avoir de trop grandes attentes. Il faut juste se laisser embarquer par Nadia, Butterfly.

Pascal Plante sera au Cinéma Le Clap le dimanche 20 septembre, à 16 h20, pour rencontrer le public qui assistera à la projection de son film.

En terminant, un petit mot de l’actrice principale au sujet de son expérience de tournage.

Katerine Savard, actrice et athlète olympique.

Katerine Savard : Pascal nous a vraiment bien dirigées et encadrées, Ariane et moi. On ne connaissait rien au cinéma. Oui, il fallait, au moins dans mon cas, me rassurer lors des prises. Durant le tournage, je suivais les directives, j’avais un certain stress de ne pas être à la hauteur. Cela dit, mon personnage était loin de moi. Exemple, je n’ai jamais vécu de fête comme on le voit dans le film, rien d’aussi intense, sans nier que ça peut arriver. On le vit aussi selon nos personnalités, on vit des Jeux olympiques de façon très différentes. Ariane et moi, on s’est réellement rapproché lors du tournage et je suis heureuse qu’on dise que ça transparaît à l’écran. Quand j’ai vu le film la première fois, je me demandais si j’allais être naturelle à l’écran. Je passais mon temps à m’analyser. J’ai hâte de le revoir sans avoir cette réaction. Ensuite, j’avoue que j’aimerais répéter l’expérience et éventuellement obtenir un autre rôle au cinéma.

10 films pour septembre 2020

Septembre verra débarquer sur nos écrans une pléthore de films de tous horizons. Si les Américains se font encore un peu discrets, les films québécois, internationaux et les documentaires seront quant à eux nombreux à atterrir dans les salles de cinéma. Voici donc les titres phares de la rentrée d’automne en commençant par le mois de septembre.

De Gaulle : Lambert Wilson interprète le célèbre homme politique au moment où l’Occupation fait son nid et que, laissant sa famille derrière lui, il se réfugie en Angleterre pour mieux préparer la libération de la France. Un drame historique et biographique qui respecte à la perfection tous les codes du genre.

Sœurs : rêves & variations (Sisters: Dreams & Variations) : Portrait de deux artistes de Montréal, Try et Jasa, deux sœurs d’origine islandaise. L’une est musicienne, l’autre crée des projections multimédias et des installations. Leur univers rappelle celui de CocoRosie. Un documentaire doucereux sur un tandem aussi coloré qu’étrange, lié par des racines nordiques.

Greenland (Groenland) : Voici le film catastrophe par excellence pour laisser notre cerveau au vestiaire et pour regarder Gerard Butler et Morena Baccarin tenter de sauver leur peau en se dirigeant vers le Groenland alors qu’une comète menace de s’abattre sur la Terre. Un scénario plus catastrophique que la pandémie actuelle.

Slaxx : Cette comédie d’horreur est une production québécoise tournée en anglais. Sur fond de militantisme, le film met en scène une paire de jeans cruelle qui n’hésite pas à trucider des vendeurs de vêtements qui, eux, n’en ont rien à cirer du concept d’écoresponsabilité. La revanche sera douce dans le cœur du morceau de denim.

Quitter l’Afghanistan (Bratstvo) : Ce film russe réalisé avec beaucoup de panache par Pavel Lounguine (Taxi Blues) fait le point sur la dernière mission d’un commando d’élite alors que les Soviétiques sont sur le point de mettre fin à leur invasion de l’Afghanistan. Un film de guerre certes, mais qui fait beaucoup réfléchir.

Nadia Butterfly : Pascal Plante a vu son deuxième long métrage être estampillé Cannes 2020 par le célèbre festival. Le cinéaste braque ici sa caméra sur une nageuse québécoise engagée dans une vive compétition lors des Jeux olympiques de Tokyo en 2020 (événement repoussé en 2021). La rumeur est plus que favorable.

The Personnel History of David Copperfield (David Copperfield) : Dev Patel et Tilda Swinton sont en vedettes dans cette comédie dramatique qui transpose à l’écran le célèbre roman de Charles Dickens. Voici un mélange d’humour absurde campé dans des décors et des costumes d’époque qui devraient faire bon ménage.

Kingsman : première mission (The King’s Man) : Ralph Fiennes, Harris Dickson, Matthew Goode et Gemma Atterton sont en vedette dans cet antépisode relatant la création de l’agence de renseignement secrète qui nous a si bien diverti dans les deux premiers films à succès. (la sortie du film vient tout juste d’être repoussée en février 2021).

Jukebox – un rêve américain fait au Québec : Ce documentaire met en lumière tout le travail du producteur Denis Pantis, l’homme derrière la mise en marché de milliers de 45 tours et de la mise sur pied du star-système québécois dans les années 60 autour de nombreux groupes yéyés et de chanteurs pop comme Les Sultans, Michèle Richard et Renée Martel.

La Déesse des mouches à feu : Cette adaptation du roman de Geneviève Pettersen est signée Anaïs Barbeau-Lavalette. Le film s’intéresse à Catherine, une ado de seize ans qui, au milieu des années 90, connaît ses premières expériences sexuelles tout en devenant une consommatrice régulière de PCP.